Rachel et Ross n’étaient pas censés se séparer dans Friends

"But, we were on a break!"

Il est des questions métaphysiques que les fans de Friends se poseront pour l’éternité : parmi elles, Ross et Rachel étaient-ils vraiment "en pause" quand le paléontologue s’octroie une nuit de frivolités avec Chloe dans "The One Where Ross and Rachel Take a Break" (saison 3, épisode 15) ? C’est le débat qui agitera pendant longtemps le couple iconique (et du coup un peu chiant rétrospectivement, il faut l’avouer) de la sitcom américaine et donnera lieu à cette réplique intemporelle : "We were on a break! ", balancé par Ross un nombre incalculable de fois après le "Chloegate".

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Interviewé par Metro UK, Kevin S. Bright, producteur exécutif et réalisateur sur Friends, est revenu sur ce choix narratif de séparer les deux tourtereaux effectué par les showrunners Marta Kauffman et David Crane. Ce qui a donné lieu à 7 saisons de plus de prises de tête, et de jeu du chat et de la souris entre les deux personnages, jusqu’à cette scène finale à l’aéroport. Ce qu’on apprend de cette interview, c’est qu’à la base, les deux scénaristes n’avaient pas prévu d’être aussi cruels avec le public.

"Je dirais que ce n’était pas prévu initialement, c’est arrivé un peu plus tard, confie Kevin S. Bright. Cela nous a permis de nous amuser et de donner aux gens une raison de les soutenir. On savait bien que les gens voulaient qu’ils soient ensemble mais quand on les a réunis et que le premier baiser est arrivé, on a réalisé que le ballon se dégonflait. Il n’y avait plus de tension sexuelle.

Ce qu’ont fait Martha et David était brillant et courageux, au moment où les spectateurs voient leur vœu exaucé, il s’envole. C’est tellement plus fort après quand ils finissent enfin ensemble."

On pourra arguer du fait que séparer Ross (David Schwimmer) et Rachel (Jennifer Aniston) pendant toutes ces années était un ressort narratif un peu artificiel. Friends est loin d’avoir été la seule série à avoir joué sur le "will they, won’t they" avec son couple phare. C’est toujours un casse-tête narratif pour les scénaristes de trouver le juste équilibre, entre ne pas trop frustrer les fans avec des intrigues tirées par les cheveux pour séparer les deux amoureux, mais ne pas non plus les laisser heureux trop longtemps, sous peine d’endormir tout le monde, surtout dans un genre, la sitcom, qui a besoin de rythme, de situations nouvelles et de rebondissements.

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Au final, Friends reste un cas d’école du "will they, won’t they" réussi.

Par Marion Olité, publié le 01/10/2018

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