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Toutes les références à la mythologie de Stephen King dans Castle Rock : épisode 1

Cet été, pendant la diffusion de Castle Rock, Biiinge part à la cueillette aux easter eggs liés à l’œuvre de l’auteur américain dans chaque épisode de la série fantastique, qu’ils fassent référence à ses romans ou à ses adaptations sur le grand et petit écran. Attention, risque de spoilers.

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Fruit de la collaboration entre J.J. Abrams et Stephen King, Castle Rock est une série d’anthologie fantastique qui se déroule dans la ville du même nom. Cette dernière est un lieu récurrent dans les romans de l’auteur américain, et est notamment apparue dans Dead Zone, Sac d’os, La Part des ténèbres ou encore Le Molosse surgi du soleil. Ainsi, la série se définit comme un véritable patchwork de la mythologie créée par le romancier mais propose une histoire originale écrite par les scénaristes de Manhattan, Sam Shaw et Dustin Thomason.

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La petite ville du Maine est remplie de mystères, d’individus aux capacités extraordinaires voire de fantômes et autres créatures surnaturelles. Mais surtout, Castle Rock est garnie de très nombreuses références à l’œuvre de son créateur qui peuvent échapper même au plus attentif des fans. Loin d'aller se dorer la pilule à la plage pendant l’été, Biiinge préfère la grisaille et la froideur du Maine afin de vous aider à dénicher tous les clins d’œil au Kingverse, en commençant par le premier épisode, "Severance".

Des chiffres et des lettres

Les easter eggs cachés dans Castle Rock prennent de multiples formes. On pouvait même en découvrir sur le papier : les acteurs Bill Skarsgård, Chosen Jacobs et Sissy Spacek ont déjà incarné un personnage de Stephen King par le passé, à savoir Pennywise et Mike Halon dans Ça pour les deux premiers et Carrie dans Carrie au bal du diable pour la seconde. Quant à Frances Conroy, Melanie Lynskey et Ann Cusack, elles sont apparues respectivement dans les séries The Mist, Rose Red et Mr. Mercedes.

L’épisode "Severance" s’ouvre sur une scène située en 1991. Le chiffre 19 et son inverse tiennent un rôle prépondérant dans l’imaginaire de Stephen King. Le numéro apparaît régulièrement dans la saga de La Tour sombre. Pour l’auteur, c’est un chiffre sacré qui connote une destinée cosmique, un peu à la manière des fameux numéros de Lost (4 8 15 16 23 42) ou de la suite de Rambaldi dans Alias. Bref, J.J. Abrams et Stephen King se sont plutôt bien trouvés.

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Dans cette séquence, on découvre le personnage d’Alan Pangborn, le shérif historique de Castle Rock dans le Kingverse. Il apparaît régulièrement dans les romans (La Part des ténèbres, Le Molosse surgi du soleil, Bazaar, mentionné dans Sac d’os et Jessie) et a également été incarné par Ed Harris au cinéma dans Le Bazaar de l’épouvante sorti en 1993. Dans Castle Rock, ce sont Jeffrey Pierce puis Scott Glenn (Marvel’s Daredevil) qui se glissent dans les bottes du shérif âgé et à la retraite.

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Au cours de cette inquiétante introduction, Alan Pangborn est à la recherche d’Henry, alors âgé de onze ans. Dans le froid de la forêt de Castle Rock, le shérif pense ne retrouver que le cadavre du petit garçon après avoir erré pendant plusieurs jours par des températures inférieures à zéro. Finalement, il tombe, soulagé, sur la tête d’un cerf enseveli sous la neige. Les animaux morts sont légion dans les romans de King et souvent synonymes de fléau : une infection (The Stand), une invasion alien (Les Tommyknockers) voire des zombies (Simetierre).

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Peu après, on retrouve un ancien naufragé de Lost, Terry "Locke" O'Quinn, dans une des premières scènes marquantes de Castle Rock. À bord de son véhicule, son personnage, Dale Lacy, écoute "Se Vuol Ballare", un air d’opéra tiré des Noces de Figaro. Les amateurs de Mozart et de Stephen King l’auront également entendu dans le film Les Évadés, alors qu’Andy Dufresne (Tim Robbins) le fait écouter à ses compagnons de cellule. Plus tard, Dale évoque "l’étrangleur" et "le chien", deux antagonistes qui ont sévi à Castle Rock dans Dead Zone et Cujo.

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Enfin, la version jeune d’Henry Deaver, interprétée par Chosen Jacobs, tient une petite pièce sculptée dans du marbre blanc. Or, Andy Dufresne s’adonne régulièrement à cette activité de sculpteur lorsqu’il s’ennuie dans la petite ville du Maine dans Rita Hayworth et la Rédemption de Shawshank. Si la référence ne confirme pas la présence du personnage dans la série, elle fait au moins le lien avec la nouvelle de King.

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La prison de Shawshank

Le centre de détention de Castle Rock est un lieu emblématique de la ville. Il est apparu très souvent dans les romans (Différentes Saisons, Le Cinquième Quart, Dolores Claiborne, Blaze…), les séries (22.11.63, Haven) et même un livre de Joe Hill, le fils de Stephen King (Nosfera2). Mais dans le show d’Hulu, il prend une importance première et devient un véritable nid à easter eggs.

La prison de Shawshank est iconisée par la caméra à travers un plan où elle surgit dans la brume, un titre évocateur chez le romancier américain. En son sein, on découvre plusieurs photographies des anciens directeurs du centre de détention, dont un certain Samuel Norton. La photo pour l’illustrer n’est autre que le portrait de Bob Gunton, l’interprète du directeur dans Les Évadés.

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Le portrait de Samuel Norton se trouve à gauche de la tête de la directrice Porter. (© Hulu)

Dans la même séquence, un des gardiens explique à la nouvelle directrice que ses quatre prédécesseurs se sont suicidés. L’un deux s’est tiré une balle dans le bureau, dont l’impact est encore visible sur le mur. C’est une référence évidente à Rita Hayworth et la Rédemption de Shawshank, où Samuel Norton se donne la mort par balle à la fin de la nouvelle.

En s’enfonçant plus loin dans les profondeurs de l’établissement pénitentiaire, on fait la rencontre du Gamin, le mystérieux personnage incarné par Bill Skarsgård. Au détour d’une scène, ce dernier remarque une souris s’extirper d’un mur avant de finir morte dans un piège. Le rongeur est un clin d’œil à Mr. Jingles, la souris de La Ligne verte pour laquelle les gardes et les prisonniers se prennent d'affection. Dans le film, elle meurt également avant d’être ramenée à la vie par John Coffey, ce qui pourrait impliquer l’existence des mêmes pouvoirs chez le Gamin.

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En France, la saison 1 de Castle Rock reste inédite.

Par Adrien Delage, publié le 01/08/2018

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