© The CW / Netflix

Riverdale revient plus absurde que jamais (et c’est pour ça qu’on l’aime)

"Je regarde Riverdale pour son réalisme" doit faire partie des phrases que personne n’a jamais prononcées. Jamais. Attention, spoilers.

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Fini la trêve estivale interminable, il est temps pour les ados de Riverdale de nous revenir en pleine forme. Et à ce niveau-là, après avoir maté l’épisode inaugural de la saison 3, on peut affirmer qu’ils ne nous déçoivent pas, tout au contraire. Pendant que notre reine à tous – oui, on parle bien de Cheryl Blossom – et Toni se sont payé un road trip à dos de bécanes toutes les vacances, Archie, lui, a passé son été en plein procès. Mais si, rappelez-vous la fin de la saison précédente, où Hiram "Daddy" Lodge avait réussi à lui faire porter le chapeau pour un meurtre qu’il n’a pas commis.

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C’est une évidence, aucune personne saine d’esprit ne regarde Riverdale pour sa crédibilité. Mais pour son come-back, la série signée Roberto Aguierre-Sacasa bat des records de malaise… et on est là pour ça. De Kevin, qui fait un pacte pour tremper son biscuit avec Moose avant Halloween, à Archie, qui s’auto-sabote lors de son procès de façon faussement héroïque, toute la bande s’est donnée au maximum pour qu’on lâche des WTF à répétition. Et encore, rien n’aurait pu nous préparer pour l’intrigue de cet épisode pour les Serpents qui tournait autour… d’un chien.

Mais pas n’importe quel clebs, attention ! Les vilains Ghoulies ont kidnappé Hot Dog, l’ami canin – que dis-je, l’emblème, la mascotte ! – de leur gang. Forcément, Jughead, Betty et les autres planifient une mission sauvetage afin de le récupérer des mains de leurs ennemis jurés. "On ne laisse aucun Serpent derrière nous", lâche Cole Sprouse de son air le plus sérieux, organisant l’opération #SaveHotDog comme s’il bossait pour une cellule antiterroriste. Advient alors le fameux sauvetage, où Cheryl démontre à nouveau ses talents d’archère façon Oliver Queen.

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Cette storyline, qui aura heureusement été bouclée en un seul épisode, est représentative de Riverdale dans son ensemble. Des événements absurdes, souvent over the top à souhait, portés à l’écran par des comédien·ne·s qui croient dur comme fer à ce scénario toujours plus improbable. Le tout, évidemment, sublimé par des lignes de dialogues tellement gênantes que ça en devient risible. Et si on frôle l’AVC à de multiples reprises tant la série en fait des tonnes, c’est précisément pour ça qu’on aime et qu’on suit assidûment les tribulations d’Archie et ses potes.

L’histoire des bébés flottants

Avouons-le, on aime aussi Riverdale pour son imprévisibilité. Après une affaire de meurtre classique – remember Jason Blossom ? – et les tortures d’un tueur cagoulé, la série semble miser sur une étrange secte qui fait flotter des bébés dans les bois. OK, dit comme ça, ça semble absurde – et ça l’est. Mais ce que nous propose Riverdale en début de saison 3 s’avère des plus prometteurs : après l’incarcération de son mari, Alice Cooper s’est vraisemblablement fait laver le cerveau par la secte de Polly – comment expliquer ce changement radical de garde-robe autrement ? – et on l’aperçoit à l’issue de cet épisode près d’un feu, en train d’accomplir une sorte de rituel sacrificiel.

En parallèle, Jughead, comme tout bon détective en herbe qui se respecte, remarque que quelque chose cloche chez Dilton, personnage ultrasecondaire jusqu’ici vendu comme un scout survivaliste pas très net. Et, pendant que Betty surprend sa mère et sa sœur en plein infanticide, son bien-aimé retrouve Dilton et un autre lycéen dans la forêt, quasi nus et laissés pour morts, le dos couvert de scarifications énigmatiques. Jusqu’ici, tout porte à croire que Riverdale s’ouvre au surnaturel. Et ça se tiendrait, puisque cela permettrait un éventuel crossover avec la série Sabrina de Netflix, les deux œuvres appartenant au même univers.

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Le hic, c’est que dans plusieurs interviews vidéo, Roberto Aguirre-Sacasa, créateur de la série, a insisté sur le fait que Riverdale ne tomberait pas dans le fantastique. En tout cas, il n’en fallait pas plus pour éveiller les esprits des fanas de Riverdale, qui carburent déjà aux théories toutes plus poussives les unes que les autres. D’abord, les bébés flottants. Pour beaucoup, Betty aurait tout halluciné, ayant abusé de sa prescription d’Adderall, un comprimé mélangeant plusieurs amphétamines. La psychose étant connue comme l’un des effets secondaires de ce médicament, cette hypothèse semble cohérente, mais ce n’est pas la seule à tenir la route.

En effet, lorsque Archie, Betty et leurs âmes sœurs respectives vont faire trempette dans un point d’eau reculé, on repère un panneau où il est écrit "No swimming after Labor Day" : et si cette interdiction était due au fait que l’eau était contaminée ? Et, de fait, si cette eau n’est pas potable, il est possible qu’elle ait créé des hallucinations. Scientifiquement, on ne sait pas trop si ça te tient, mais pas sûr que les scénaristes de Riverdale aient consulté ne serait-ce qu’un manuel de biologie pour s’assurer de la crédibilité de cette histoire. Quoi qu’il en soit, il y a encore trop peu d’indices pour qu’on puisse élaborer des théories solides.

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Il y a, en tout cas, un élément récurrent dans Riverdale qui nous turlupine : la présence de Ben. Mais si, c’est le blond qu’on retrouve avec Dilton durant l’épisode, mais qu’on a croisé moult fois par le passé. Il était lié à Chic Cooper, mais aussi à Miss Grundy, étant l’un de ses élèves, et bossait au même cinéma en plein air que Jughead. Présent depuis la saison 1 et désormais affilié à cette secte sordide, son personnage devrait gagner en importance. Mais de quelle manière, that is the question. Une chose est sûre : après nous avoir happés avec brio grâce à cet épisode de retour, on sera là pour découvrir le fin mot de l’histoire. Oui, quitte à s’enfiler 22 épisodes inégaux. Aimer Riverdale, c’est l’aimer avec ses défauts, aussi nombreux soient-ils.

La saison 3 de Riverdale est diffusée en US+24 sur Netflix dans notre Hexagone.

Par Florian Ques, publié le 12/10/2018

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