Irresponsable revient dans une saison 2 des plus savoureuses

Notre adulescent préféré, Julien, est de retour dans la saison 2 d’Irresponsable.

©Tetra Media Fiction/La Pépinière

Ces dernières années, le petit monde des séries françaises ne nous a pas apporté beaucoup de fraîcheur, il faut bien l’admettre. Heureusement, Irresponsable est venue nous sauver en 2016 d’une pile de polars avec enfants disparus. Issue d’un projet de fin d’études de Frédéric Rosset pour la filière séries de la Fémis, la dramédie avait su séduire public et critiques. Elle mettait en scène le quotidien du lunaire Julien, trentenaire flemmard et fumeur de oinj impénitent qui se découvrait un fils ado, Jacques, après avoir réaménagé chez sa maman, dans la banlieue parisienne de Chaville.

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On retrouve donc notre Tanguy des temps modernes, incarné par le toujours génial Sébastien Chassagne, dans cette nouvelle saison. Il y a du mieux : il a un job, pion à mi-temps dans le collège de son fils et de son ex, Marie, qui y travaille en tant que prof. Un cas de force majeure, complètement imprévu, va l’obliger à se prendre encore plus en main. Et pour cause : Julien doit trouver un nouveau toit et quitter Sylvie, son anxieuse maman. On ne vous en dit pas plus.

Quasiment à tous points de vue, cette deuxième saison s’avère meilleure que la première. Frédéric et Camille Rosset ont gommé un maximum les situations vaudevillesques qui pouvaient paraître too much pour se concentrer sur l’aspect dramédie d’Irresponsable. Les deux scénaristes ont parfaitement appliqué le manuel de la parfaite saison 2, en dézoomant légèrement du personnage de Julien d’une part, et en le confrontant à de nouvelles situations qui vont l’obliger à grandir de l’autre.

On a donc un Julien mille fois moins agaçant qu’en saison 1, moins égocentrique et beaucoup plus attachant au fur et à mesure qu’il prend soin de ses proches. On peut y déceler la conséquence positive de sa relation avec son fils, Jacques, qui continue à être développée avec tendresse et finesse. On pense notamment à cette scène touchante où l’ado évoque avec son père sa sexualité et son problème du moment – le fait qu’il ne se sent pas prêt à faire l’amour avec sa copine qui en a plus envie que lui (au passage, petit tacle bienvenu aux clichés du garçon en rut et de la jeune fille forcément "pure" et "innocente"). Si Julien continue à faire des bêtises (un ressort comique infini), c’est sur ce genre de tranches de vie qu’il montre toute l’étendue de sa personnalité et la façon dont il a positivement évolué. Et l’alchimie entre Sébastien Chassagne et Théo Fernandez, aussi bien dans les moments dramatiques que sur leur timing comique impeccable dans son décalage, est vraiment bluffante.

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© Tetra Media Fiction/La Pépinière

Parallèlement, cette saison 2 fait la part belle à des personnages secondaires plus en retrait précédemment. Un très bel épisode, "Analyse-moi, idiot", est notamment consacré à Sylvie (excellente Nathalie Cerda), la maman de Julien. Embarquée dans une relation toxique, elle comprend au fur et à mesure qu’elle n’est pas heureuse et qu’elle ne pense que rarement à son véritable épanouissement. Et si sa relation avec son fils n’est pas non plus toujours des plus saines, cette saison 2 va plus loin que le cliché de la "maman poule", et nous montre aussi qu’au final, Julien et Sylvie sont peut-être trop codépendants, mais ils savent aussi communiquer et ne souhaitent que leur bonheur respectif derrière leur maladresse. Peut-on dire ça de beaucoup de relations enfants-parents ?

D’autres personnages féminins, comme Marie, contaminée par la crise existentielle de Julien, ou Sam (Amel Charif), la millennial un peu cliché (on l’entend prononcer des mots comme "manspreading" ou "homme mâle blanc hétéro" sans plus d’approfondissement) mais attachante, sont également développés à leur juste mesure.

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Irresponsable a ce petit truc en plus que les autres (séries françaises) n’ont pas : son équipe et notamment ses scénaristes, jeune et sériephiles, ne voient pas ce monde comme le parent pauvre du cinéma, ou comme une sorte de terrain d’expérimentation pour cinéastes en mal d’indépendance. Ils aiment profondément ce format, et ça se sent, notamment dans une écriture fine et des dialogues aux petits oignons, qui sonnent vrais, au contraire de la plupart de la prod' hexagonale malheureusement. Après avoir dévoré les 10 épisodes qui composent cette saison 2, on a donc qu’une envie, découvrir la suite des aventures de Julien & co dans une saison 3, qui, de l’aveu de son créateur Frédéric Rosset, pourrait être la dernière si elle est confirmée.

La saison 2 d’Irresponsable arrive ce jeudi 22 février, à partir de 20 h 40 sur OCS Max.

Par Marion Olité, publié le 22/02/2018

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