Série culte : Parker Lewis ou le règne des losers cool

Bien avant les mecs de Freaks and Geeks et dans un registre plus outrancier, une bande de losers magnifiques aux chemises 90's pré-hispters parcourait les couloirs du lycée de Santo Domingo. C'était Parker Lewis ne perd jamais.

Créée par Clyde Phillips et Lon Diamond, Parker Lewis ne perd jamais (un titre fidèle pour une fois à la version US, Parker Lewis can't lose), est un peu le sale gosse de Beverly Hills, 90210. Même sujet, les teens, même chaîne, la Fox, même année de création, 1990. Le traitement, en revanche, est radicalement différent. Si 90210 utilise les ficelles du soap, Parker Lewis donne dans la satire.

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Satire pop des années lycée

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Librement inspirée du film La Folle Journée de Ferris Bueller de John Hughes, la série est centrée sur les aventures lycéennes du jeune Parker Lewis (Corin Nemec), héros d'une bande de mecs random comme on croise depuis que le monde est monde. On y retrouve toutes les figures archétypales attendues : le meilleur ami cool et rebelle (Mikey, joué par Billy Jayne), le nerd (Jerry interprété par Troy W. Slaten), la brute épaisse Kubiac (Abraham Benrubi), la petite sœur insupportable Shelly, la principale autoritaire Musso (Melanie Chartoff)...

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Sauf que dans Parker Lewis, tous les curseurs sont poussés au maximum. Les scénaristes prennent un malin plaisir à surligner lourdement les clichés présents dans les séries sur l'adolescence, usant des codes de la bande dessinée. Les plans sont foufous (déformations des corps, zooms, ralentis ou au contraire accélération frénétique) pour accentuer le trait majeur de la personnalité de chacun. La principale tyrannique débarque entourée d'un halo de fumée et casse une vitre de son bureau dans chaque épisode. Parker Lewis est reconnaissable à ses chemises bariolées, son second degré et sa coupe de cheveux bien travaillée.

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Les bruitages se multiplient comme dans les cartoons, même pour souligner un hochement de tête. Aucune tentative de paraître réaliste ici. Le rockeur de la bande, Mickey, se balade toujours avec sa guitare branchée, même s'il se trouve perché sur un arbre à 20 mètres du sol. La terre (la caméra) tremble quand Kubiac, qui aime enfermer ses congénères dans leur casier, débarque dans un couloir. Parker rompt régulièrement le quatrième mur qui le sépare du public (il a tout appris à Frank Underwood).

Et puis Parker Lewis est probablement la série la plus pop de son époque. Elle mélange joyeusement les références culturelles : Tom & Jerry, le cri de Munch, Edward Hopper, Terminator, Quand Harry rencontre Sally...

Sur la forme, Parker Lewis est une sitcom complètement déjantée, qui a marqué son époque par sa singularité à un moment glorieux pour les "teen shows", les nineties (Beverly Hills, Sauvés par le gong, Hartley, cœurs à vif...). Sur le fond, elle aborde des thèmes universels et toujours d'actualité chez les jeunes : les premiers amours, les fêtes, les relations avec les parents, le harcèlement scolaire...

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La scène culte

Il n'y a pas une scène culte, mais le show de distingue par plusieurs répliques devenues des marques de fabrique. Avant de se lancer dans une action top secrète, les trois garçons (Parker, Mickey et Jerry) effectuent une indispensable "synchronisation des montres".

Le très relax Parker Lewis a l'habitude de répondre "aucun problème" à ses interlocuteurs. De son côté, Kubiac, qui adore manger, a sa petite réplique distinctive : "Manger maintenant." Notons aussi celle de la sœur de Parker, Shelly : "Mon frère est un homme mort."

La série, composée de trois saisons (l'intégrale DVD de la première sort ce 24 juin), a aussi connu son lot de guests. Ainsi, dès le pilote, la très jeune Milla Jovovich incarne la femme parfaite. La saison 2 verra une grosse partie du cast de Beverly Hills débarquer : Tori Spelling, Shannen Doherty, Jason Priestley.

Les héritiers

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Pour l'aspect cartoonesque, on peut penser que la délirante et surréaliste Scrubs doit quelque chose à Parker Lewis, même si elle doit surtout beaucoup à Zach Braff.

La série familiale Malcolm, culte s'il en est, reprendra aussi certains codes (l'adresse face caméra, les gags surréalistes, les bruitages exagérés) utilisés dans le show de Clyde Philips. Depuis, ce dernier n'a d'ailleurs pas chômé : il fut le showrunner de Dexter et Nurse Jackie, et vient de lancer une nouvelle série avec David Schwimmer, Feed the beast.

Par certains aspects – la satire lycéenne, l'explosion de couleurs, l'utilisation de personnages archétypaux comme la prof de gym peau de vache, le beau gosse, etc. –, la série Glee s'inscrit également dans la lignée de Parker Lewis ne perd jamais.

Par Marion Olité, publié le 24/06/2016

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