Shadowhunters : un pilote trop glamour pour son bien

Ce mercredi soir, Freeform, anciennement ABC Family, inaugurait son changement de nom et de ligne éditoriale par l'adaptation télé de The Mortal Instruments baptisée Shadowhunters.

ABC Family change de peau

DOMINIC SHERWOOD

ABC Family nous a fait sa crise d'adolescence. La chaîne, à qui l'on doit Pretty Little Liars ou encore The Fosters, a voulu s'émanciper d'une ligne éditoriale trop plan-plan pour se focaliser sur les d'jeuns. Pourtant, jusqu'ici, elle bénéficiait d'une programmation plutôt cohérente, parmi lesquelles de vraies bonnes surprises comme la très chouette Switched at birth (diffusée chez nous sur 6Ter).

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Avec Shadowhunters, adaptation de la saga littéraire "Young Adult" The Mortal Instruments, et du film qui s'en est inspiré, ABC Family, pardon, Freeform affiche ses nouvelles ambitions... des ambitions que l'on peut résumer par "des gens beaux qui se battent contre d'autres gens beaux, de préférence âgés de moins de 20 ans".

Son héroïne, Clarrissa, ou Clary pour les intimes, découvre, le jour de ses 18 ans, qu'elle est une Shadowhunter, une sorte de soldat ésotérique chargé de protéger l'espèce humaine contre toutes sortes de créatures.

Beautiful people

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Ce pilote, brouillon au possible, est davantage un défilé printemps-été de la collection "Tenues moulantes en cuir 2016" que le prémisse d'une série télé. Pas la moindre trace d'un embryon de charisme parmi le cast, de Katherine McNamara (Clary) à Dominic Sherwood (Jace, le blond mystérieux qui va éveiller ses sens à la magie), en passant par des seconds rôles tous aussi fadasses les uns que les autres.

Pas grand chose à sauver ici, circulez, il n'y a rien à voir. Ces "beautiful people" ne sont, il faut bien l'avouer, pas beaucoup aidé par un scénario qui sort les rames, et un montage qui achève de l'enterrer. Mieux vaut connaître l'univers au préalable, au risque d'être totalement largué et inondé d'informations distillées dans un désordre absolu.

Shadowhunters préfère définitivement la plastique au magique. L'histoire perd bien trop de temps dans des scènes affreusement niaises, et pas assez sur la colonne vertébrale de tout bon récit : poser les bases d'une intrigue solide, aux enjeux clairs, et dessiner les contours de personnages complexes.

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Les protagonistes sont ici caractérisés à la truelle, sexualisés tels de belles poupées dans des accoutrements pas franchement raccords avec leur mission (essayez de vous battre et de virevolter avec un corset, une jupe en cuir moulante et des cuissardes à talons !) et qu'on destine, paradoxalement, à des romances très chastes.

Les jeunes méritent mieux

Le public auquel est destiné la série pourrait d'ailleurs s'en offusquer. Il faut en finir avec l'idée que les jeunes téléspectateurs souhaitent voir des personnages à la beauté surnaturelle débiter des dialogues clichés. Il est temps de leur proposer autre chose, des séries qui leur ressemblent, leur parlent, les touchent, sans pour autant tirer un trait sur l'aspect surnaturel.

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Le genre fantastique n'a plus à souffrir de cette paresse d'écriture. Les chaînes qui veulent s'adresser aux jeunes doivent cesser de les prendre pour des idiots dirigés par leurs changements hormonaux. La chaîne CW, elle, l'a bien compris avec The 100, et ABC Family savait déjà les remuer de l'intérieur avec Switched at birth.

En attendant, Shadowhunters, disponible en France sur Netflix à raison d'un épisode par semaine, part sur de très mauvaises bases.

Note : 2/5

Par Delphine Rivet, publié le 14/01/2016

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