Si vous aimez Louie, vous aimerez I’m Dying Up Here

En manque des numéros de stand-up de Louis C.K. ? La nouvelle série de Showtime, I’m Dying Up Here, devrait satisfaire vos envies de répliques cinglantes. Préparez-vous à monter sur scène et à vous emparer du micro.

Inspirée du livre éponyme – dans lequel on trouve les success stories de David Letterman et Jay Leno, entre autres – du journaliste du Los Angeles Time, William Knoedelseder, I’m Dying Up Here nous plonge dans l’univers de la scène stand-up des années 1970. La Cité des anges était, à l’époque, un vivier de nombreux comiques qui ont vu leurs carrières décoller après plusieurs passages derrière le micro. Présentée en avant-première au festival Séries Mania cette année, la série tire son épingle du jeu en offrant un regard plus dramatique sur cette scène humoristique.

Publicité

Dans ce nouveau show, produit par Jim Carrey, on suit le parcours de plusieurs comédiens atypiques, qui tentent par tous les moyens de se faire une place dans ce milieu impitoyable. Alors que faire rire le public n’est pas chose aisée, les comiques en herbe doivent aussi gérer leurs différents problèmes personnels. Annoncée comme une dramédie, I’m Dying Up Here prend à cœur de s’intéresser en profondeur à la psychologie des personnages et de dépeindre le contexte social des seventies.

Si les coulisses du monde du stand-up ont déjà été traitées par le génial Louis C.K., dans sa propre série Louie – en stand-by depuis deux ans , la nouvelle venue de Showtime revient aux origines de ce milieu dur et à l’opposé de l’image que l’on s’en fait. Ce show choral s’intéresse à plusieurs identités de comédiens, prêts à "mourir" sur scène dans le but de faire rire l’audience. En quête de célébrité et d’argent, la bande de comiques en devenir est chaperonnée par l’implacable Goldie (Melissa Leo), la gérante du comedy club à son nom, qui s’occupe tant bien que mal de ses poulains.

L’humour comme exutoire, un business difficile

imdyinguphere

© Showtime

Publicité

L’ambiance de cet été est donc "sex, drugs and rock’n’roll" grâce à I’m Dying Up Here. Mais le groupe de comiques, déjà bien établi, voit son équilibre chamboulé quand l’un d’entre eux, Clay, décède. Au sommet de sa gloire après un passage dans une célèbre émission, il se fait renverser par un bus, alors que deux de ses amis débarquent de Boston pour vivre leur rêve de stand-up. La bande, menée par la courageuse Cassie (Ari Graynor), va donc devoir se remettre de la mort de l’un des siens pour avancer et espérer faire carrière, avec l’aide de Goldie, impitoyable requin dans ce milieu dominé par les hommes.

Dès les premiers épisodes, bercés par une bande-son qui swingue, on s’attache facilement aux différents personnages qui déjouent les clichés qui les caractérisent grâce à un humour cynique. Cette hétérogénéité des personnages donne un équilibre et une forte dynamique à la série. Tous s’aventurent dans des situations plus rocambolesques les unes que les autres pour survivre dans ce milieu et obtenir leurs quinze minutes de célébrité sur scène. Entre les déceptions familiales, les déboires amoureux et les combines farfelues, l’équipe de wannabe prend sa quête de reconnaissance à bras-le-corps afin d’espérer vivre de sa passion.

I’m Dying Up Here bénéficie d’une écriture brillante et nous livre des dialogues bien léchés, où la repartie règne en maître. Les personnages se renvoient la balle en n’omettant aucun sujet. Avec eux, il n’y a pas de tabou et on rit de tout, intelligemment, ce qui permet de soulever les questions de la représentation des minorités de genre, sexuelles et identitaires, de l’époque. Les personnages se hâtent sur scène, comme s’ils montaient sur le ring, et utilisent le stand-up comme un exutoire. Pour faire rire le public, rien de mieux que d’explorer au plus profond de soi et de livrer les moments les plus intimes de sa vie. Cela permet aux comiques en herbe de tenir le coup dans ce monde ultracompétitif, où il y a finalement très peu d’élus.

Publicité

imdyinguphere2

© Showtime

C’est grâce à ses personnages, aussi touchants les uns que les autres, que la série tient la route et sort du lot des nombreuses sitcoms existantes sur le sujet. Osant le long format – une heure par épisode, tout de même ! –, I’m Dying Up Here prend le temps d’explorer la personnalité de ses personnages et de nous montrer leurs moments de faiblesse, d’incertitude, de préparation et de joie. Ce sont aussi ces instants qui permettent de dévoiler les coulisses d’une carrière, souvent en dents de scie, dans ce milieu.

Même si, à certains moments, les ressorts dramatiques sont un poil exagérés, on pardonne vite cet effet larmoyant grâce au talent des acteurs. Et c’est par le biais d’une réalisation maîtrisée, faite d’images cadrées de manière serrée et de beaux plans-séquences, que I’m Dying Up Hère réussit à nous entraîner dans le tourbillon des challenges de la bande d’humoristes, alors que la caméra tournoie autour d’eux.

Publicité

Fort heureusement, la série a réussi à trouver un rythme efficace, swinguant brillamment entre les scènes comiques et les moments dramatiques, le tout bercé par une bande-son démentielle. Avec un style décalé, à mi-chemin entre Vinyl et The Nice Guys, la série de Showtime apporte un regard nouveau sur ce milieu underground de la vie d’artiste bohème des années 1970. On suit avec plaisir cette bande de comiques en devenir, qui doit éviter les "tomates" du public lorsqu’elle se livre à un exercice cathartique de haut vol.

La première saison de I’m Dying Up Here est en cours de diffusion sur Showtime et sur Canal+ Séries.

Par Mégane Choquet, publié le 04/07/2017

Copié

Pour vous :