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Siren : une série sur les femmes-poissons qui boit la tasse

Quitte à choisir, on préférerait peut-être se taper l’intégrale de H2O plutôt que de se replonger dans les aventures bas de gamme de Siren. Attention, spoilers.

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Elles ont une longue chevelure qui flotte au gré des courants marins, des formes avantageuses et, forcément, une interminable queue de poisson là où une paire de jambes devrait se trouver. Yes, vous l’aurez deviné, on parle ici de sirènes, ces créatures mythologiques qui charment les navigateurs des océans avec leur voix envoûtante. Le hic, c’est que la pop culture s’est éloignée du côté menaçant de ces monstres aquatiques. Merci à Disney et sa Petite Sirène édulcorée au possible. Tout juste lancée aux States, la série Siren compte remettre les pendules à l’heure.

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Dans la bourgade côtière de Bristol Cove, la sirène est devenue une institution. Les pièges à touristes en font leur business, un festival autour de ces femmes-poissons (soi-disant) fictives est organisé… Bref, toute une affaire. Et là, on apprend que… ces créatures existent réellement ! La preuve avec Ryn, une sirène qui troque sa queue écailleuse pour une silhouette humaine afin de se fondre dans la masse. Son but ? Retrouver sa meilleure amie, elle aussi sirène, kidnappée par une organisation pas bienveillante pour un sou.

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Alors évidemment, notre héroïne ne va pas se débrouiller seule. Au cours d’un double épisode d’introduction, elle réussit à s’entourer d’allié·e·s qui vont l’épauler dans sa mission : Ben, le prince charmant zéro défaut tout droit sorti d’un téléfilm M6, Maddie, sa petite amie passionnée par la biologie marine, et enfin Helen, gérante d’une boutique de souvenirs qui semble en savoir déjà beaucoup sur les sirènes et leur existence.

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De l’autre côté de l’Atlantique, Siren est diffusée sur Freeform, anciennement ABC Family, qui n’est autre que le network à qui l’on doit Pretty Little Liars, Famous in Love et Shadowhunters. Vous saisissez probablement où on veut en venir : hormis quelques rares pépites (The Bold Type en tête de liste), la chaîne câblée n’a pas pour réputation de produire des séries de bonne facture. Tout cela se ressent dans Siren, dont l’ambition supposée (aucune série n’a encore essayé de dépeindre les sirènes comme des créatures dangereuses non sexualisées) se voit plombée par un rendu sérieusement bas de gamme.

Visuellement, Siren n’est pas transcendante. Évocatrice des slashers qu’on retrouve habituellement en direct-to-DVD, la réalisation des deux premiers volets est intéressante mais laisse néanmoins à désirer. Celle-ci n’est pas rattrapée par le niveau des comédiens, qui pataugent dans un scénario ô combien prévisible et des rôles écrits de façon grossière et stéréotypée. Seule la méconnue Eline Powell parvient à se distinguer sous les traits de l’énigmatique Ryn grâce à un jeu d’actrice qui exige un minimum de subtilité.

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Au-delà de tout ça, certains aspects intéressants pointent le bout de leur nez, à l’instar d’une scène de transformation d’humaine à femme-poisson qui vient démythifier sans détour l’image de la sirène séductrice et plantureuse. En d’autres termes, mieux vaut ne pas être en plein repas alors que les nageoires dorsales de Ryn transpercent son épiderme de façon sanguinolente. Après réflexion, c’est peut-être l’un des rares passages de ces premiers épisodes qui n’est pas totalement à jeter.

À bien des égards, Siren présage un teen show classique où se mêlent casting attirant et trame surnaturelle, dans la même veine que The Vampire Diaries ou la trop vite annulée The Secret Circle. Sur la forme, ce n’est pas la joie. Et sur le fond… ce n’est pas vraiment ça non plus. En dépit de sa thématique originale (au-delà de la très juvénile H2O, les sirènes sont peu exploitées sur le petit écran), la nouvelle série de Freeform prend l’eau. Testez si vous êtes curieux, détestez ensuite.

Siren est diffusée sur Freeform aux États-Unis depuis le 29 mars, et reste inédite en France.

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Par Florian Ques, publié le 30/03/2018

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