Slasher : une pâle imitation de Scream

La chaîne Chiller, dédiée au genre horrifique, se lance dans la programmation originale avec Slasher, une série aussi peu inspirée que son nom.

Un soir d'Halloween, un homme et sa femme enceinte sont massacrés, à coups de machette, par un homme masqué. Le tueur extirpe alors le bébé du ventre de sa mère et attend sagement la police. Quelques années plus tard, l'enfant a bien grandi, et Sarah Bennett décide de tirer un trait sur le passé... en emménageant dans la maison où ses parents ont été tués.

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Une vraie boucherie

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Dès les prémices de Slasher, créée par Aaron Martin et dont la première saison bouclée comporte huit épisodes, on entre en terrain connu. Trop connu. Le premier épisode rempli une à une les cases du grand bingo de ce genre horrifique.

Une héroïne dont les parents ont été massacrés ? Check. Cette même héroïne revient sur le théâtre de la tuerie ? Check. Son mari devient rapidement le premier suspect ? Check. La population locale a les yeux rivés sur elle ? Check. Depuis son retour, les gens commence à tomber comme des mouches ? Check.

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Dans un genre déjà très codifié, dont le public connaît le moindre gimmick et qui a bien du mal à se réinventer depuis la franchise ciné Scream, Slasher ne propose rien de nouveau. Pire, la série se vautre dans les clichés, sans jamais essayer de surpasser, ou du moins d'égaler ce qui a été fait auparavant.

Ci-gît l'effet de surprise

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Slasher n'y va pas avec le dos de la cuillère pour ce qui est des scènes gores mais échoue à nous faire frissonner. Elle en oublie ainsi les fondamentaux du genre, dont elle s'approprie sans honte le nom.

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Les "jump scare" tombent à plat, le scénario ultra prévisible ne laissant aucune place à la surprise, et l'héroïne irrite plutôt qu'elle ne suscite la moindre sympathie. Cette Sydney Prescott du pauvre, incarnée par une Katie McGrath (Merlin) qui a bien du mal à desserrer les mâchoires, enchaîne les décisions idiotes.

Retourner dans la ville où elle est née pour affronter son passé, oui. Mais emménager dans la maison où ses parents ont été réduits en charpie... soit la crise immobilière à Waterbury est à un stade critique, soit la jeune femme (et son mari qui la suit sans broncher) manque cruellement de jugeote.

Et que dire, lorsque celle-ci, qui a croisé l'homme masqué dans la rue déserte quelques heures auparavant et a eu la peur de sa vie, décide un peu plus tard de réitérer l'expérience, au même endroit, pour une petite balade nocturne ? Quand on sait que ce sont précisément sur ces choix que repose toute l'intrigue de la série, on a une idée d'une niveau d'exigence narrative de Slasher.

Note : 1,5 /5

Par Delphine Rivet, publié le 10/03/2016

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