Snowfall ou l'explosion du business de la coke dans le Los Angeles des eighties

Le business de la drogue a trouvé sa nouvelle série, Snowfall, sombre drame jouant sur l’ambiance colorée des années 1980. À savourer pour l’été.

Los Angeles, 1983. La chaleur de l’été donne des sueurs froides aux habitants baignés dans la drogue, qui gangrène de plus en plus les milieux défavorisés. Snowfall raconte l’histoire vraie de la montée du business de la cocaïne au sud de la Cité des anges. Cette véritable déferlante de poudre blanche qui s’abat sur la ville va bouleverser la vie de plusieurs protagonistes, des banlieues populaires comme des quartiers riches. Du petit dealer au flic engagé, les destins croisés des personnages nous plongent dans une descente aux enfers effrayante et malgré tout attirante.

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La nouvelle série de la chaîne FX est une des belles surprises de l’été, qui devrait en conquérir plus d’un. Avec John Singleton, le réalisateur de Boyz’n the Hood, aux commandes, Snowfall réussit à nous transporter dans ce milieu sombre et séduisant d’un Los Angeles rongé par la coke. Après le trailer intrigant, dévoilé par FX, le premier épisode, diffusé ce mercredi 5 juillet, répond à nos attentes nous rendant impatients de découvrir ce que peut nous réserver la suite de la série.

Quand la neige mortelle s’infiltre dans une Cité des anges en perdition

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© FX

Snowfall fait le choix intéressant de multiplier les points de vue, à travers différentes personnalités, que la poudre blanche va broyer au fur et à mesure qu’elles tentent de s’élever socialement en s’impliquant dans le business. D’un côté, on a Franklin Saint (Damson Idris), un jeune Afro-Américain ambitieux et dealer de weed, côtoyant le milieu des blancs friqués, qui va prendre le risque de collaborer avec Avi Drexler, un baron de la coke déjanté, afin de vendre la drogue blanche dans son quartier.

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D’un autre côté, Teddy McDonald (Carter Hudson), un agent de la CIA exilé, va revenir dans le game après la mort d’un collègue ripou. Voulant obtenir à tout prix l’approbation de son patron, il va se lancer dans la traque de Lucia Villanueva, fille d’un éminent baron de la drogue, avec l’aide d’indics nicaraguayens. Enfin, on suit aussi l’histoire de Gustavo Zapata (Sergio Peris-Mencheta), un catcheur mexicain, tentant de vivre son rêve américain et de mener une existence tranquille, dont ses origines vont fatalement le confronter au cartel.

Si le premier épisode peut nous égarer à certains moments avec des transitions un peu douteuses, le fait de suivre le parcours de plusieurs personnages permet à la série de casser les codes habituels des séries dramatiques traitant de la drogue, nous offrant de surcroît des plans de Los Angeles à couper le souffle. Grâce à une réalisation maîtrisée, rappelant Martin Scorsese et Spike Lee, comme lorsque Teddy sort de la piscine pour observer l’horizon. Passant d’un plan serré à un plan plus large et impressionnant, à mesure que la caméra recule, Snowfall joue beaucoup sur le contraste entre la noirceur et les couleurs néon, accentuant la volonté d’ascension sociale des personnages, avançant dans l’ombre de la drogue et cherchant la lumière au bout du tunnel.

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© FX

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Naviguant entre le récit socio-historique et le thriller dramatique de voyous, la série sous stupéfiants arrive sur le petit écran après une flopée d’autres séries traitant du même sujet, mais celle-ci réussit à se distinguer de ses consœurs. Forte d’un background réel puissant et d’une superbe réalisation, Snowfall, à mi-chemin entre The Wire et Moonlight, dépeint une triste réalité et délivre un important constat sur la tempête de neige toxique qui a déferlé sur Los Angeles dans les années 1980, rongeant les milieux défavorisés de la ville.

Bercée par une bande-son groovy des eigthies, du groupe Maneater à Newcleus en passant par One Way, la série est portée par l’ambiance bling-bling et crack du Los Angeles de l’époque, qui oscille entre Narcos et GTA Vice City à la sauce Cité des anges. C’est ce mélange des genres, rythmé par des tensions dramatiques et des scènes plus humoristiques, qui donne toute sa saveur à Snowfall.

Après ce premier épisode prometteur, on espère que la série explorera plus en profondeur le contexte sociopolitique de l’époque, tout en gardant son style atypique, apportant un vent de fraîcheur, comme Blood Drive, dans la flopée de séries estivales. La patte de John Singleton, cinéaste engagé dans la représentation de la culture afro-américaine, rend la "chute de neige" sérielle captivante et poignante, portée par des antihéros, interprétés par un excellent casting. L’été sera chaud.

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La première saison de Snowfall est en cours de diffusion sur FX. Aucune diffusion n’est prévue en France pour le moment.

Par Mégane Choquet, publié le 07/07/2017

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