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Des sorcières, des vampires : A Discovery of Witches est un plaisir coupable plutôt stylé

Adaptée de la trilogie All Souls de Deborah Harkness, A Discovery of Witches n’est pas aussi cheap qu’on le prévoyait et a de jolis arguments pour nous séduire.

Ce n’est pas l’origin story d’une sorcière qui découvre ses pouvoirs – un trope déclinable à l’envi pour les vampires, super-héros et autres créatures magiques que la littérature fantastique a usé jusqu’à l’os. Non, A Discovery of Witches, c’est l’histoire d’une sorcière, le Dr. Diana Bishop (Teresa Palmer), qui sait ce qu’elle est et d’où elle vient, mais préfère mettre en sourdine cet héritage un peu trop pesant. Elle est avant tout professeure d’histoire, docteure même, à la prestigieuse université d’Oxford, en Angleterre, et elle a d’autres chats à fouetter.

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Pourtant, alors qu’elle étudie un mystérieux livre disparu de la circulation depuis des siècles, intitulé Ashmole 782, son destin va la rattraper. Elle va faire la connaissance d’un vampire au physique de Benedict Cumberbatch, Matthew Clairmont (interprété par Matthew Goode), professeur en biochimie, qui aimerait bien mettre la main sur le fameux grimoire.

Jusqu’ici, rien de très foufou si ce n’est que le pitch contourne un peu les codes du genre sans pour autant les trahir. Pourtant, A Discovery of Witches séduit assez rapidement. L’alchimie, qu’on voyait venir à des kilomètres, entre l’héroïne et son stalker de vampire aide à s’intéresser à cette histoire à la Roméo et Juliette. Les amours impossibles entre deux créatures dont les clans se font la guerre depuis des lustres, ça a beau être une histoire vieille comme le monde, ça fonctionne.

Le magnétisme de Matthew Goode n’y est pas non plus étranger. L’acteur britannique attirait déjà les regards dans The Good Wife. Les sériephiles, et en particulier les whovians et sherlockians, seront également ravi·e·s d’apprendre la présence au cast principal d’Alex Kingston (aka River "Hello sweetie" Song dans Doctor Who) et de Louise Brealey (alias Molly Hooper dans Sherlock).

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Mais plus encore que l’histoire et ses personnages, c’est la mise en scène de A Discovery of Witches qui ensorcelle au premier coup d’œil. La ville d’Oxford, au nord-ouest de Londres, semble figée dans le temps. Un choix que la série embrasse parfaitement. Si ce n’était les quelques éléments technologiques qui font irruption çà et là, on se croirait au début du XXe siècle. La brume matinale qui enveloppe les rues, les canaux de la Tamise, les vieilles pierres de l’université… tout concourt à installer une ambiance à la fois pittoresque et mystérieuse.

Les plans aériens de la ville, en particulier, sont d’une beauté plutôt inattendue pour cette production aux ambitions modestes. La bibliothèque Bodléienne d’Oxford, datant du XVIIe siècle, est l’écrin parfait pour la guerre qui menace d’éclater entre les sorcières et les vampires. Un lieu mythique et mystique qui sert de décor à la quête de savoir de Diana, tout autant que celle de Matthew qui souhaite, en mettant la main sur le grimoire, découvrir les origines des vampires.

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Après le premier épisode, A Discovery of Witches est pleine de promesses. Si elle n’échappe pas à certains clichés et ne réinvente clairement pas la roue, sa plus grande réussite, à l’issue du premier épisode diffusé sur Sky One, c’est de poser une ambiance plutôt envoûtante et de mettre en scène des personnages suffisamment intrigants pour donner envie de continuer.

Par Delphine Rivet, publié le 21/09/2018

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