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Step Up: High Water, le plaisir coupable estival à mi-chemin entre Un Dos Tres et Sexy Dance

C’est cheap, c’est déjà vu, ce n’est pas hyper bien joué… et pourtant, on s’est enfilé la première saison (avec tout de même un peu de regrets).

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Il est de ces séries dont on sait qu’elles vont être médiocres avant même d’avoir maté un seul épisode. Step Up: High Water, déclinaison de la franchise Sexy Dance (oui, les films avec des gars musculeux à la Channing Tatum qui se déhanchent comme si leur vie en dépendait), entre dans cette catégorie-là. Au vu du premier trailer, dispo un peu plus bas, on misait sur une série de danse avec une grosse dose de mélodrame, portée par un casting de comédien·ne·s peu expérimenté·e·s au physique avantageux. Spoiler : c’est exactement ce qu’on a récolté.

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Lâchée d’une traite sur YouTube Red – la plateforme de SVoD payante du géant de la vidéo, depuis renommée YouTube Premium –, la première salve de Step Up: High Water nous immerge dans le quotidien d’ados dont le dénominateur commun est qu’ils étudient tous à High Water, une école artistique privée et hypersélective d’Atlanta. À coups de battles hip-hop effrénées, ces jeunes se donnent à fond pour capter l’attention de Sage Odom, superstar et fondateur de l’établissement.

Historiquement, peu de séries ont tenté de faire tourner leur intrigue autour de la danse, encore moins sur une école entièrement dédiée à ça. On pense à Fame, emblème vintage des 80’s, ou à des fictions nébuleuses comme I Dream, coprod britannico-espagnole proposée sur KD2A, ou encore Dance Academy, tout droit venue d’Australie. Oublierait-on de mentionner la seule et unique Un Dos Tres ? Ô grand jamais. Une chose est certaine : les séries centrées sur des écoles artistiques n’ont jamais joui d’un immense prestige, et Step Up: High Water ne fait pas exception à la règle.

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Dans les faits, la version petit écran de Sexy Dance n’est ni plus ni moins qu’un Un Dos Tres anglophone. Des ados passionnés par l’art mais facilement déstabilisés par leurs hormones. Des scènes de danse endiablées sur fond de musique pop entraînante. Des enjeux tellement abusifs qu’on confondrait presque son visionnage avec celui d’un épisode lambda des Feux de l’amour. Tout, sauf rares exceptions, est téléphoné dans Step Up: High Water. En clair, oui, c’est mauvais.

Les multiples personnages, bien qu’attachants en partie, sont des stéréotypes usés jusqu’à la moelle. La peste au grand cœur, le bad boy friqué, l’héroïne girl next door qui devient vite irritante au fil des épisodes (un peu à la Annie Wilson de 90210, pour rester dans le registre du bas de gamme). En prime, leurs relations interpersonnelles semblent trop manichéennes (des rivalités naissent sans raison valable) pour être crédibles. Il est inutile d’aborder la réal' de cette première saison, dénuée de toute créativité, y compris au niveau des séquences dansées qui mériteraient d’être plus bluffantes. En soi, on n’en demande pas beaucoup.

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Bon, c’est vrai que si on en reste là, on croirait que Step Up: High Water est à éviter d’urgence. Ses défauts sont nombreux, c’est une évidence. Et pourtant, en dépit de ces imperfections, la série de YouTube Premium n’est pas si indigeste que ça, et peut au moins se targuer de ne pas être problématique (hormis le fait, bien entendu, que ses personnages féminins passent rarement le test de Bechdel). Il n’y a aucune idée néfaste véhiculée par le show, tout comme il n’y a aucun véritable message social : Step Up: High Water est l’exemple parfait du divertissement où on n’a pas besoin de faire carburer ses neurones.

Une chose est tout de même certaine, Step Up: High Water est bien une œuvre de 2018. La preuve ? Sa distribution inclusive, essentiellement composée de personnes de couleur. Un des personnages principaux, ouvertement gay, hérite de storylines qui ne sont pas toujours relatives à son orientation sexuelle. On peut également saluer la série pour avoir enrôlé Eric Graise, un comédien amputé des deux jambes dont le développement scénaristique ne se limite pas à son handicap.

Step Up: High Water n’est pas une bonne série. Elle n’a pas vraiment de propos, manque de profondeur à bien des égards et ne se montre pas assez originale pour sortir du lot. Mais, en pleine période estivale où le paysage sériel est plus aride que d’ordinaire, la première cuvée du show se visionne comme on sirote un rosé frais en fin de journée. Et parfois, on ne demande pas mieux.

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Les quatre premiers épisodes de Step Up: High Water sont dispo gratuitement sur YouTube depuis le 31 janvier en France.

Par Florian Ques, publié le 13/08/2018

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