Stranger Things : un délicieux retour vers les eighties de Spielberg

C'est la surprise de l'été, qui nous ramène dans une enfance sublimée par Spielberg dans les années 80. Bienvenue dans Stranger Things, le Goonies des années 2010. 

Les showrunners Matt and Ross Duffer ne s'en cachent pas. Au moment de pitcher Stranger Things à Netflix, ils avaient en tête une poignée de films comme E.T., Les Goonies ou Stand by me, qui ont bercé leur enfance. Le scénario parle de lui-même : en 1983, une bande de jeunes garçons se déplaçant exclusivement à vélo fait face à la mystérieuse disparition de l'un d'entre eux à Hawkins, petite ville de l'Indiana où il ne se passe jamais rien.

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Le groupe va tenter de comprendre ce qui est arrivé à Will, tout comme sa mère très déterminée, aidée par le shérif de la ville. Au même moment, une fillette aux pouvoirs télékinésiques extraordinaires fait son apparition. Et non loin de là, des expériences top secrètes du gouvernement ont lieu...

Sweet eighties

Vous êtes bien installés dans votre canapé ? Lancez donc le mythique titre "The Goonies 'R' Good Enough" de Cindy Lauper histoire de vous mettre dans l'ambiance. C'est parti. Il est temps de replonger dans un monde à la fois confortable et effrayant, celui de l'enfance, de l'imagination débordante, des monstres dans le placard et des tartines de Nutella qui vous attendaient en rentrant de l'école.

Stranger Things

©Netflix

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Les frères Duffer ont visiblement envie de nous faire peur comme dans un Stephen King, de nous divertir façon Les Goonies, de nous émerveiller et émouvoir comme dans  E.T. . C'est avec un plaisir de fétichiste que les deux scénaristes ont mis en place cette reconstitution des années 80 selon Spielberg.

Vélos, maisons de cambrousse, cabane sombre au fond du jardin, panneau "No trespassing, US property government" ("Défense d'entrer, propriété du gouvernement américain"), adultes effrayants en tenue de cosmonaute... Des décors aux personnages (le shérif, la bande de gamins nerds, la bande d'ados plus vieux et plus vicieux, les parents dépassés...) en passant par l'arc narratif principal, Stranger Things transpire les films d'aventure 80's par tous les pores de sa peau. Ses personnages en citent d'ailleurs un bon paquet, de Poltergeist à Cocktail avec un Tom Cruise alors tout fringant, en passant par Halloween.

L'enfance s'échappe

Cette petite blonde coiffée de deux couettes façon Drew Barrymore dans E.T., le bagou du jeune Dustin au visage poupon (un mix des personnages de Data et Choco dans Les Gooonies), le come-back de Winona Ryder (icône 80's et 90's) excellente (même si un poil fatigante) en mère jusqu'au-boutiste, Eleven qui personnifie le E.T de la bande... La liste des références est tellement longue qu'il faudrait un travail des plus minutieux pour la dresser de façon exhaustive.

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Stranger Things

©Netflix

Face à cet amoncellement, la série aurait pu tomber dans le piège du manque de personnalité. Mais, et c'est là toute sa réussite, ces multiples références sont digérées pour en sortir une oeuvre attachante, une Madeleine de Proust certes, mais avec un twist 2016 et dotée d'un vrai supplément d'âme.

La superbe partition électro-minimaliste de Kyle Dixon et Michael Stein accompagne idéalement les aventures surnaturelles de la bande de gamins intrépides. Les effets spéciaux sont utilisés à bon escient pour décupler les moments de frayeur. Les scénaristes vouent aussi un culte au cinéma de John Carpenter et aux histoires terrifiantes de Stephen King, et ça se voit.

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Et comme dans toute série réussie, l'attachement aux personnages fonctionne à plein. On tire notre chapeau au directeur de casting, qui a débusqué une poignée de jeunes gens assez incroyables, à commencer par la jeune Eleven, incarnée avec intensité par Millie Bobby Brown, véritable révélation du show (vue dans Intruders). Elle est entourée de trois jeunes garçons, chacun parfait dans leur registre, incarnés par Gaten Matarazzo, Caleb McLaughlin et Finn Wolfhard.

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©Netflix

La sincérité des scénaristes, leur volonté de nous émerveiller, de nous faire rire et frissonner, se ressent à chaque nouveau plan de cette série particulièrement soignée côté réalisation et photographie. Ce sous-genre du film d'aventure où les enfants sont des héros avait déjà connu un revival au moment de la sortie du Super 8 de J.J. Abrams en 2011. Les frères Duffer ont ici l'avantage de pouvoir développer à fond leur univers, leurs personnages, et leurs thématiques intemporelles : l'amitié, la fin de l'innocence de l'enfance, les premiers émois amoureux, la famille...

Si les années 80 vous laissent de marbre, passez votre chemin. Si au contraire, les blockbusters d'aventure de cette époque vous parlent davantage que tous ces super-héros sans âme qui se succèdent dans les salles obscures depuis 10 ans, vous tenez votre came de l'été.

Stranger Things, saison 1 en intégralité le 15 juillet sur Netflix.

Par Marion Olité, publié le 15/07/2016

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