Des Goonies à E.T. l’extra-terrestre, les références rétro de la saison 2 de Stranger Things

À l’image de sa première saison ultraréférencée, ce deuxième tour de piste comporte son lot (chargé) de clins d’œil plus ou moins subtils. Attention, spoilers.

© Netflix

C’est pour ça qu’on l’adore ou qu’on la déteste : Stranger Things réussit à concentrer une foultitude de références bien senties. Qu’elles viennent tout droit de la glorieuse décennie des 80’s ou soient issues du cinéma contemporain, ces nombreuses influences méritent qu’on s’attarde dessus. Mais attention : Stranger Things étant une œuvre aux influences inépuisables, il va sans dire que le récapitulatif qui va suivre est non exhaustif. Alors, soyez cool, guys.

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Les clins d’œil remarqués

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Attaquons tout de go avec les références les plus évidentes de cette saison 2. Forcément, le second épisode, se déroulant le soir sacré d’Halloween, en est plein à craquer. On le savait depuis plusieurs mois, le quatuor central de Stranger Things se donne à fond avec ses déguisements de chasseurs de fantômes, étreignant volontiers son amour pour l’iconique S.O.S. Fantômes, tout juste projeté dans les salles obscures à l’époque. Si leurs accoutrements se captent comme le nez au milieu de la figure, d’autres allusions à la pop culture sont nettement plus dissimulées, et c’est là qu’on reconnaîtra les vrais.

Invités à une soirée typique entre lycéens pour le 31 octobre, Nancy et son boyfriend Steve n’ont d’autre choix que de se déguiser. S’ils ont simplement l’air d’être habillés un peu chic, leurs tenues font pourtant référence à Risky Business, long-métrage de 1983 où Tom Cruise incarne un lycéen lambda qui s’amourache d’une prostituée campée par Rebecca De Mornay (et lance un réseau de prostitution, OKLM). Et ce n’est pas tout.

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Durant la même fête arrosée (n’est-ce pas, Nancy ?), Jonathan débarque et tombe nez à nez avec une fille de son école arborant un maquillage noir et blanc outrancier et une crinière de jais totalement ébouriffée. Le frère de Will manque le coche en supposant que le costume de son interlocutrice renvoie au groupe mémorable Kiss. Or il n’en est rien. La fêtarde en question rend en réalité hommage à Siouxsie Sioux, chanteuse du groupe punk britannique Siouxsie and the Banshees. Une référence probablement bien hipster pour les ados de l’époque.

Sinon, de l’autre côté d’Hawkins, Eleven en a ras le bol de rester cloîtrée dans la cabane du shérif et tente de négocier avec lui pour qu’il la laisse sortir vagabonder dans les rues de la ville. Pour ça, elle s’est couverte d’un drap blanc avec deux trous à la place des yeux. Une idée astucieuse, qui n’est pas sans rappeler une scène d’E.T. l’extra-terrestre. En parallèle, bien trop évident, il paraît un peu inutile de devoir expliquer le pseudo que la petite nouvelle Max utilise à l’arcade de jeux du coin.

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Enfin, et pas des moindres, Les Goonies. Depuis son lancement à l’été 2016, la comparaison entre Stranger Things et le film culte de Richard Donner est constamment faite. Cette saison, la série estampillée Netflix assume à 100 % son côté nostalgique en ajoutant au casting Sean Astin dans le rôle de Bob. Dans le long-métrage d’aventure, il prêtait ses traits à Mickey, le leader de la bande.

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Tandis qu’ils sont réunis chez les Byers à l’épisode 5, Will, Mike et Joyce ont enrôlé Bob pour qu’il les aide à retrouver la trace du shérif Hopper, pris au piège dans le Monde à l’envers. En regardant le plan imaginé par Will, Bob demande s’ils vont trouver un trésor de pirate une fois rendu sur le X de la carte. Une réplique passe-partout, qui fait pourtant bel et bien référence à l’intrigue des Goonies, centrée sur une bande de préados en quête de l’or caché dans un vaisseau pirate. Le clin d’œil va encore plus loin alors qu’à l’issue de la saison, Steve Harrington accompagne la bande de Stranger Things dans les tunnels sous Hawkins, portant un bandana similaire à celui de Brandon dans les Goonies, lui aussi faisant office de baby-sitter.

Les influences visuelles

Alors là, accrochez-vous, parce qu’on risque de passer à côté de plusieurs influences ciné. Pour autant, on en a déniché quelques-unes qui nous ont paru intéressantes. Au rayon des références rétro, on pense d’emblée à la franchise cultissime Alien. Outre Sean Astin, cette seconde flopée de Stranger Things inclut un nouveau personnage, le Dr. Owens, qui est interprété par un autre comédien iconique de sa décennie, à savoir Paul Reiser. Dans la saga Alien, d’ailleurs, son personnage tente de rassurer celui de Sigourney Weaver en mettant en avant sa bienveillance et en voulant gagner sa confiance, et ce dès sa première apparition à l’écran. Dans Stranger Things, son personnage adopte la même attitude dès son arrivée.

Plus loin dans la série, à l’épisode 6 plus précisément, le Dr. Owens surveille l’avancée de son équipe dans les tunnels bien flippants du Monde à l’envers. Le montage est alors presque une copie conforme de celui qu’on trouve dans Aliens, le retour alors que le personnage de Paul Reiser observe lui aussi ce que font ses collègues à travers un moniteur. Comme pour enfoncer le clou, l’un des employés du laboratoire du Dr. Owens lâche un petit "stay frosty, guys", qui est une citation directe du film de James Cameron.

Bis repetita, Stranger Things rend une nouvelle fois hommage à Stand by Me de Rob Reiner. À l’épisode 6, Steve et Dustin (le duo étonnamment génial de cette saison) déambulent sur des rails de train en essayant d’appâter les bébés Démogorgon. Une scène qui renvoie non seulement à un plan de la première salve d’épisodes du show de Netflix, mais aussi au film des 80’s où les jeunes héros sont aussi amenés à discuter de la vie en marchant sur une voie ferroviaire.

Plusieurs mises en scène font écho à d’autres œuvres emblématiques du cinéma hollywoodien. Dans le tout premier épisode, Will subit une nouvelle hallucination et ouvre la porte de sa baraque pour découvrir un monde extérieur comme ravagé. La référence de ce passage est claire : le plan est similaire en tout point à celui dans Rencontres du troisième type de Steven Spielberg sorti en 1977.

De la même manière, certains ont vu un parallèle entre Stranger Things et Jurassic Park, alors que Steve et les gamins se retrouvent comme cernés par les Démochiens. Bon, pour le coup, on l’avoue, le lien est peut-être un peu capillotracté. Pourtant, Jurassic Park est bien une des nombreuses influences du hit de Netflix. Alors qu’ils se retrouvent coincés dans l’immense labo scientifique en milieu de saison, Hopper, Joyce et compagnie doivent agir. Le shérif demande alors "où sont les disjoncteurs ?", qui est mot pour mot la question que pose le personnage de Muldoon dans le tout premier volet de la saga de dinosaures.

D’autres références, volontaires ou non, largement plus contemporaines, peuvent être décelées. On trouve par exemple un peu de La Cabane dans les bois, film horrifique de Joss Whedon, où tout un bataillon de créatures surnaturelles s’échappe d’un laboratoire pourtant sécurisé. Certains des protagonistes observent leur évasion à travers plusieurs moniteurs.

C’est exactement la même chose qu’il se passe dans Stranger Things alors que les jeunes Démogorgons sortent de la terre pour buter les scientifiques et, idéalement, toute la population d’Hawkins. Dans le même registre d’épouvante, le fait que la créature ayant pris possession de Will ne puisse s’épanouir que dans la froideur rappelle The Thing de John Carpenter, où une entité extraterrestre s’en prend à un groupe de chercheurs dans une station de l’Antarctique.

Par ailleurs, les scènes où Eleven tente de rentrer dans la psyché de sa mère biologique, et se retrouve dans une sorte d’entre-deux-mondes où tout n’est que pénombre, rappellent les visuels oniriques d’Under the Skin. La même prépondérance de noir, les mêmes reflets des personnages sur le sol… tout porte à croire que le film de Jonathan Glazer avec Scarlett Johansson a influencé les frères Duffer pour la création de cette dimension.

On peut aussi voir un petit peu de Harry Potter dans le rapport étroit qui lie le jeune Will au Monde à l’envers, subissant les brûlures des sbires du Dr. Owens tandis qu’ils tentent de cramer les tunnels. Le parallèle avec Voldemort et les Horcruxes est vite fait, mais cela peut évidemment être dû au hasard après tout. En parlant de Will, sa possession fait maintes fois penser à L’Exorciste, et plus précisément à l’interprétation de Linda Blair sous les traits de Regan MacNeil.

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Au cours du septième épisode, alias le plus controversé de cette saison 2, on retrouve Eleven qui s’entraîne à déplacer par la pensée un énorme wagon de train, épaulée par sa sœur de galère, Kali. Ce passage fait irrémédiablement penser à X-Men : Le Commencement, alors qu’un jeune Charles Xavier donne des conseils à Magnéto afin qu’il parvienne à soulever un énorme satellite à l’horizon. Kali rend d’ailleurs invisible ses amis à un moment de l’épisode, capacité dont est aussi doté Charles Xavier dans l’univers Marvel.

N’oublions pas l’ennemi n° 1 de cette saison, à savoir la créature arachnéenne qui a pris possession de Will pendant une majeure partie des chapitres. Si l’on pourrait penser à l’univers cauchemardesque de H.P. Lovecraft, on reconnaît surtout Maman, l’œuvre marquante de la plasticienne française Louise Bourgeois. Avouez, la ressemblance est frappante ! Pour l’anecdote, la sculpture glaçante de cette artiste bien de chez nous a aussi inspiré le film Enemy de Denis Villeneuve.

Les détails so 80’s qui font la différence

Ça va de soi, Stranger Things ne réussirait pas à aussi bien encapsuler l’essence des années 1980 sans ses décors et ses détails les plus anodins. Pour rendre toujours plus crédible son univers, la série des frères Duffer a misé sur plusieurs objets de la pop culture, représentatifs de cette période qu’on chérit tant. Tout d’abord, la télévision. Coupée du monde dans sa cabane perdue dans les bois, Eleven fait ce qu’on ferait tous à sa place : elle garde les yeux rivés sur son téléviseur.

On reconnaît alors une bande-annonce pour le premier volet de Terminator, sur le point de débouler dans les salles obscures en 1984. Tandis qu’elle zappe de chaîne en chaîne, Eleven tombe sur une bimbo bien apprêtée qui n’est autre que Susan Lucci, héroïne du soap opera All My Children, vraisemblablement marquant pour l’époque et dont la diffusion s’est achevée… en 2013. Ah ouais, quand même.

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Plus loin, plus précisément durant le septième épisode de la saison 2, le vilain monsieur dont Eleven et Kali veulent se venger est d’abord tranquillement installé chez lui en train de mater la télé. On remarque qu’il est devant la série Punky Brewster, sitcom centrée sur une gamine orpheline adoptée par un vieillard ronchon peu commode. Autant dire que le parallèle avec la relation Hopper/Eleven est vite fait.

Sur le plan musical, la BO de la série est irréprochable (et déjà en boucle dans nos écouteurs). Mais les personnages de Stranger Things ont aussi de bons goûts en matière de musique. On pense alors aux Clash, dont les tubes 80’s passent en boucle chez les Byers. De son côté, Nancy semble avoir un faible pour la discographie de Blondie, comme en témoigne un poster de la chanteuse du groupe de rock affiché dans sa chambre. En outre, une nana présente lors de la fête d’Halloween est déguisée en Madonna, alors à son apogée, tandis qu’un mec errant dans la rue a jeté son dévolu sur Jason Voorhees, le méchant des films Vendredi 13. Pas vraiment du domaine musical, mais ça mérite d’être noté.

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Du côté de la famille Sinclair, le papa de Lucas survole paisiblement le journal en prenant son petit-déjeuner à l’épisode 5. Dans les gros titres, on remarque "Baby Fae’s Baboon Heart", soit une affaire surprenante remontant au mois d’octobre 1984. En effet, Stephanie Fae Beauclair est alors le premier nourrisson à subir une transplantation cardiaque : son cœur défaillant est remplacé par celui d’un babouin. Bien que l’opération ait été un succès, le bébé est mort quelques semaines après l’intervention médicale.

Il faut également parler des jouets de la bande de Stranger Things. Dans sa chambre, Lucas possède une version miniature du Challenger, soit une fusée de la Nasa dont le premier décollage a eu lieu en 1983. Ailleurs, chez Dustin précisément, on reconnaît une figurine du héros d’E.T. l’extra-terrestre posée sur une étagère en arrière-plan. Enfin, il faut revenir sur les jeux vidéo auxquels jouent nos personnages favoris, comme Dragon’s Lair et Dig Dug, très en vogue au début des 80’s.

La saison 2 de Stranger Things est actuellement disponible sur Netflix en intégralité.

Par Florian Ques, publié le 31/10/2017

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