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Les loups-garous de Teen Wolf sortent une dernière fois les griffes dans un final explosif

Après six saisons de combats en slow motion et de tensions sexuelles inavouées, Teen Wolf nous quitte.

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On a beau être prévenus bien à l’avance, faire ses adieux à une série dans laquelle on s’est investi pendant de longues années peut s’avérer déchirant. Pas dans le cas de Teen Wolf. Inaugurée au début de l’été 2011, la série aura propulsé MTV, alors une petite chaîne se cantonnant à diffuser clips musicaux et dating shows douteux, dans le monde impitoyable des séries. Contre toute attente, en dépit d’audiences sur le déclin, elle a su esquiver l’annulation pour perdurer de multiples saisons. Le risque quand une œuvre du petit écran tient aussi longtemps, c’est de s’essouffler sur le plan scénaristique. Et ça n’a pas manqué.

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Tandis que la saison 6A nous servait un Stiles disparu et un loup-garou nazi mal intentionné (oh, le pléonasme !), le rythme n’était pas forcément au rendez-vous. Lancée fin juillet, cette seconde partie de saison (et fin programmée pour la série) se devait de redresser le niveau. Pas de doute, la volonté était là. Grand final oblige, Teen Wolf n’avait d’autre choix que de sortir l’artillerie lourde et construire un antagoniste et des enjeux capables de surpasser tout ce qu’on avait pu voir précédemment. Pari tenu ? Pas tout à fait.

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Pour leur clap de fin, Scott et sa meute ont dû faire face à un nombre incalculable d’ennemis, plus ou moins guidés par la même créature : l’Anuk-Ite. Capable de faire éprouver à quiconque une peur viscérale voire paralysante, ce nouveau rival aura mis à feu et à sang la petite bourgade de Beacon Hills. En soi, les capacités de ce monstre à l’esthétique répugnante laissaient présager de bonnes choses. Alors, oui, sauf que ces bonnes choses ont eu lieu dans la dernière heure de la série, alors que la bande centrale du show devait détruire l’Anuk-Ite avant qu’il ne soit trop tard. Du suspense, des bastons, de l’émotion… en définitive, le season finale était bourré d’action.

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La menace de l’Anuk-Ite fut surtout l’occasion pour Teen Wolf de faire revenir bon nombre de personnages, oubliés comme regrettés. Certains de ces come-back sont clairement parvenus à combler les fans invétérés du show, comme celui de Jackson, le sportif caractériel désormais ouvertement gay (ou bi ?). D’autres retours sortent de nulle part et semblent à la fois superflus et dénués de sens. On pense forcément à Jennifer Blake, la professeure de lycée avec qui Derek avait eu une idylle, revenue sous forme d’hallucination et suggérant que les deux personnages étaient de véritables âmes sœurs. Comment dire que… nope.

À travers cet exemple, on met le doigt sur une manie systématique de Teen Wolf. Plus que jamais durant cette saison 6B, la série surnaturelle a mis en application son étrange faculté à incorporer des personnages tertiaires dont, en toute honnêteté, on se contrefiche. Pire encore, les scénaristes font débarquer des individus issus de l’entourage de Scott et les écrivent comme s’ils nous avaient déjà été présentés. Teen Wolf perd alors son temps. Un temps précieux qu’elle pourrait par exemple consacrer au développement de ses protagonistes présents depuis le début.

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On pense d’emblée à Lydia. D’abord intéressante, piétinant le stéréotype de la mean girl dès la saison 1, elle a progressivement été reléguée au second plan. En saison 6, elle semble exister uniquement grâce à ses pouvoirs de banshee. Un raté de la part du showrunner Jeff Davis, qui a fait de Lydia un personnage perpétuellement sous-estimé malgré des débuts prometteurs. C’est d’autant plus dommage quand on prend conscience qu’Holland Roden est l’une des meilleures jeunes actrices de la série (aux côtés de Dylan O’Brien, cela va sans dire).

En parlant de Dylan O’Brien, c’est sans grand étonnement que son absence s’est fait ressentir au fil de cette ultime salve d’épisodes. Stiles restera un des piliers fondateurs de Teen Wolf, sans qui la série n’aurait pas la même saveur. Sans lui, la saison 6B manquait de dynamisme, notamment au niveau des dialogues, et a d’ailleurs perdu de son habituelle légèreté. À la place du tandem iconique Scott/Stiles, cette cuvée a fait la part belle à la relation entre Liam et Theo. Ces deux-là nous ont réservé de bonnes scènes, illustrant avec brio le néologisme de "frenemies" (avec une bonne couche de tension homoérotique, on ne va pas se mentir).

Somme toute, Teen Wolf aura servi une ultime saison à l’image de ses dernières cuvées : parfois distrayante, souvent frustrante. Comme à l’accoutumée, l’intrigue traîne en longueur et les scènes qu’on aimerait voir (plus de Stiles ! Plus de Derek ! Plus de Lydia !) n’arrivent jamais. Le tout dernier épisode représente un hommage globalement satisfaisant à l’histoire du show, ponctué de fonds verts bas de gamme et de références bien senties. Une conclusion imparfaite pour une série qui l’est tout autant. Peut-on tout de même parler du dernier plan du season finale ? Ils ont vraiment tous laissé leurs bagnoles mal garées avec les phares encore allumés juste pour se faire un départ en slow motion ?

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Par Florian Ques, publié le 25/09/2017

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