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The Bold Type, un Sex and the City édulcoré à l’ère des réseaux sociaux

Bienvenue dans les coulisses de Scarlet, un fac-similé de Cosmopolitan où tenues stylées riment avec journalistes névrosées.

À la fin des 90’s, Carrie Bradshaw et ses copines trentenaires lookées venaient bouleverser la sphère sérielle. En pas moins de six saisons, Sex and the City portait à l’écran des femmes soudées et indépendantes, au moins professionnellement et surtout sexuellement. Plus d’une dizaine d’années après les adieux de la dramédie culte, son héritage est intact et donne lieu à des déclinaisons plus contemporaines. La dernière en date : The Bold Type. Moins de monologues en voix off devant son PC, mais toujours autant de mélodrames existentiels et de tenues haute couture.

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Exit les girls de Sex and the City, c’est au tour des copines de The Bold Type d’arpenter les artères surpeuplées de la Big Apple. Elles sont trois et bossent pour Scarlet, un pilier fictif de la presse féminine dans la même veine que Cosmopolitan (dont la série est d’ailleurs inspirée, fun fact). Il y a Jane, venant tout juste d’être promue rédactrice après quatre ans en tant qu’assistante. Puis Kat, la responsable des réseaux sociaux, très pro et passionnée. Et enfin Sutton, une standardiste nettement plus occupée à envoyer des snaps caliente à son amant slash supérieur hiérarchique qu’à décrocher le téléphone.

Toutes trois se sont rencontrées lors de leurs débuts chez Scarlet et semblent être devenues inséparables depuis. En l’espace de quelques minutes de visionnage, leur amitié sonne juste, spécialement parce qu’elle n’est pas parfaite. Une minute, les filles sont prêtes à sabrer le champagne pour fêter la promotion de Jane dans le somptueux dressing de leur boîte (oui, oui) ; celle d’après, elles se crêpent gentiment le chignon pour des petits tracas sans intérêt. Elles restent néanmoins proches et se soutiennent quoi qu’il arrive : n’oublions pas que la série passe sur Freeform, diffuseur US de Pretty Little Liars ou encore Famous in Love.

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Globalement, les protagonistes de The Bold Type sont indéniablement édulcorées et prévisibles, laissant la triste opportunité au téléspectateur d’anticiper les réactions de chaque personnage. Un membre du trio central échappe à ce développement décevant : Kat. Incarnée par la sous-estimée Aisha Dee (Sweet/Vicious), elle est la seule à ne pas se laisser affecter outre mesure par ses déboires amoureux et s'affirme comme une working woman indépendante et sûre d’elle. L’interprétation de l’actrice ne fait que la rendre plus attachante, particulièrement en comparaison avec ses deux amies (dont l’une est campée par Katie Stevens, par moments aussi irritante que son rôle précédent dans Faking It).

Quant au domaine professionnel qu’elle dépeint, The Bold Type n’est pas à la pointe du réalisme. Alors oui, on s’imagine que les bureaux d’un magazine à la Cosmopolitan sont en open space avec des unes de magazine ornant les couloirs du bâtiment. En revanche, on s’attend au moins à voir les employées de Scarlet travailler.

Le personnage de Jane a pour tâche d’écrire un papier de fond sur "comment stalker son ex lorsqu’il n’est pas sur les réseaux sociaux". En l’espace d’une journée, notre héroïne est tiraillée entre son devoir professionnel et sa relation pas tout à fait enterrée avec ledit ex. Résultat des courses, Jane ne pond aucun article de la journée. Une énième fois, le milieu journalistique est présenté comme dérisoire, peuplé de personnes fainéantes qui ne méritent pas leur salaire.

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Pour peu qu’on arrive à passer outre cette intrigue ridicule au possible, la série reste plaisante. Si le milieu dans lequel elles bossent semble trop beau pour être vrai, les interactions entre les filles paraissent sincères et leur amitié authentique. Un quatrième personnage féminin occupe une place prépondérante dans ce pilote : Jacqueline, rédactrice en chef de Scarlet. Alternant entre boss intimidante et mentor compréhensive, elle a tout d’une Miranda Priestly dans Le diable s’habille en Prada. En version discount et beaucoup moins impressionnante, ça va de soi (n’est pas Meryl Streep qui veut).

Aussi antiféministe que soit d’employer ce terme, The Bold Type est une œuvre résolument girly. Tout est encore bien trop rose et gentillet dans le microcosme surréaliste de la série. Bien qu’elles réussissent (rarement) le Bechdel Test, les héroïnes du show ne sont pas encore suffisamment étoffées ou originales pour se démarquer. Il n’empêche que cet épisode inaugural pose les bases d’un divertissement estival honnête. Il émane de The Bold Type un petit quelque chose de frais qui donne envie de rempiler pour la suite. Ironiquement, tout ce qu’il lui manque, c’est d’être un peu plus bold (osé, en anglais).

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Top départ annoncé le 11 juillet prochain sur Freeform outre-Atlantique.

Par Florian Ques, publié le 23/06/2017

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