Robert Viglasky / Netflix

La reine Elizabeth fait face à un monde qui change dans la saison 2 de The Crown

Petits et grands drames continuent de se jouer à la cour d’Elizabeth dans une saison 2 qui tisse ses intrigues entre vie privée et vie publique.

©Robert Viglasky/Netflix

C’est à un jeu d’équilibriste que s’adonnent une nouvelle fois les deux scénaristes de The Crown, Peter Morgan et Stephen Daldry. Dans cette saison 2, les auteurs relatent, interprètent, mais se gardent bien de prendre position. On navigue toujours entre le documentaire, la reconstitution et la fiction, mais The Crown ne démystifie pas plus sa famille royale qu’elle ne la révère. On nous laisse regarder par le trou de la serrure ce que l’Histoire a préféré laisser de côté : l’intimité de ses protagonistes.

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Tourments intimes d’une figure publique

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Il y a l’Elizabeth de façade et la Lilibeth de la chambre à coucher. Pour ces dix nouveaux épisodes, la production est toujours aussi époustouflante. Les décors, les costumes, les reconstitutions d’une époque qui nous emmène aux quatre coins du monde… Netflix n’a pas lésiné sur les moyens et a dépensé, selon des estimations, pas moins de 10 millions de dollars par épisode. Un record ! Les amoureux de drames familiaux et romanesques lui disent merci.

Sur une période qui s’étend de 1956 à 1964, le règne d’Elizabeth (merveilleuse Claire Foy) va connaître quelques remous. Politiques d’abord, avec les successeurs de Winston Churchill, mais aussi personnels. Le couple qu’elle forme avec Philip (un Matt Smith tout en nuances) passe difficilement le cap des dix ans. Ce dernier passera cinq mois loin du palais à faire le tour des pays du Commonwealth et les rumeurs d’infidélité commencent à occuper la pensée de la reine. Elle découvre aussi qu’il appartient au Thursday Club, un repaire de gentlemen aux effluves pour le moins scandaleux. Boys will be boys

The Crown prend alors le temps d’explorer l’enfance tourmentée du passé de Philip Mountbatten. De sa sœur qui avait épousé un officier SS avant de décéder dans un crash d’avion à sa mère souffrant de démence, en passant par ses jeunes années passées dans un pensionnat particulièrement rigide, le duc d’Edimbourg en a gardé des souffrances qui semblent encore bien vivaces. A fortiori lorsqu’il n’arrive pas à trouver sa place auprès de sa reine.

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Les temps modernes

© Alex Bailey/Netflix

Mais Elizabeth a un empire à diriger et une mission de représentation à tenir en toutes circonstances. Et, tandis que son mariage se fissure, c’est la première fois qu’elle nous apparaît aussi conservatrice. Précisément parce qu’autour d’elle, le monde évolue. Plus elle devient à l’aise dans son rôle de reine, plus elle embrasse son symbole : celle qui incarne encore aujourd’hui une monarchie poussiéreuse, mais qui tient bon dans l’adversité.

Les temps modernes qui défient la couronne, c’est aussi ça l’objet de cette saison 2. Que ce soit sur le plan politique (le libéral Lord Altrincham qui attaque le conservatisme dépassé de la famille royale), diplomatique (le couple Kennedy, résolument le symbole de son époque, leur pique la vedette) ou intime (la princesse Margaret qui veut désespérément être libre). Une attention toute particulière est d’ailleurs portée à cette dernière. La solitude de Margaret, toujours interprétée avec brio par Vanessa Kirby, n’en ressort que plus déchirante.

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Si la saison 1 de The Crown vous a plu, la deuxième continuera de vous ravir, en grande partie grâce à son casting fantastique que l’on regrettera en saison 3. Cette dernière fera en effet un saut dans le temps, et Olivia Colman (Broadchurch) incarnera une Elizabeth plus mature. Toujours traitées avec la même exigence, où chaque dollar investi se voit à l’écran, les turpitudes de la famille royale continuent de faire le grand écart entre le banal et l’extraordinaire.

La saison 2 de The Crown est disponible dès à présent sur Netflix.

Par Delphine Rivet, publié le 08/12/2017

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