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Les mutants de Marvel se rebellent dans les débuts prometteurs de The Gifted

On va la faire courte : zappez Marvel’s Inhumans, jetez-vous sur The Gifted.

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Qu’on se le dise, les productions Marvel ont encore de beaux jours devant elles. Tandis que toute la franchise vraisemblablement inépuisable des Avengers continue d’attirer les foules dans les salles obscures, la plateforme Netflix accorde aveuglément sa confiance à Daredevil et ses copains justiciers de Marvel’s The Defenders. De son côté, l’univers psychédélique de Legion nous a laissés pantois alors que les agents du S.H.I.E.L.D. font leur bout de chemin sur ABC. On fera volontiers l’impasse sur la fraîchement lancée (mais pourtant pas très fraîche) Marvel’s Inhumans. Largués avec ce line up surchargé ? Accrochez-vous, The Gifted vient se rajouter.

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Dans un quotidien similaire à celui des longs-métrages X-Men, où les mutants sont activement traqués puis appréhendés par les autorités, Reed Strucker est un avocat chargé de négocier avec eux, et surtout de les mettre sous les verrous. Sa perception change irrémédiablement lorsque ses enfants, les ados Lauren et Andy, se révèlent être eux-mêmes dotés de capacités surhumaines. Il est dès lors forcé de les embarquer ainsi que sa femme pour partir en cavale avant qu’il ne soit trop tard. Pour s’en sortir, Reed n’a d’autre choix que d’entrer en contact avec les membres de Mutant Underground, un groupe organisé de mutants se protégeant du monde extérieur en vivant sous-terre.

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Si le pitch de The Gifted ne brille clairement pas par son originalité, son déploiement sur le petit écran est pourtant plus convaincant. À première vue, ce pilote fait d’emblée penser aux débuts de feu Heroes, laquelle partait d’un même pitch de base. Plus précisément, le fil rouge de la série fait écho à la storyline de Claire Bennet, la cheerleader à l’épiderme impénétrable, dont le père pourchassait lui aussi les individus aux pouvoirs hors normes. Bien entendu, cela est à prendre comme un compliment tant les premières saisons de Heroes étaient une honnête réussite (avant de donner lieu à un revival assurément oubliable, of course).

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Au contraire des autres déclinaisons de la Maison des Idées sur le petit écran, The Gifted ne se calque pas à proprement parler sur un comics spécifique. À la place, le show se présente comme un concentré d’influences diverses ainsi qu’un sacré cadeau pour les fans qui rêvaient d’une série X-Men. Sans être transcendants, les effets spéciaux de ce tout premier épisode sont efficaces, notamment ceux utilisés pour donner vie aux pouvoirs de la jeune Lauren, capable de générer des sortes de champs de force en manipulant les éléments. Alors que Matt Nix (Burn Notice) signe le scénario, les inconditionnels du MCU reconnaîtront la patte de Bryan Singer, réalisateur de bon nombre des volets X-Men au cinéma.

Et ce n’est pas tout. À l’opposé de Legion qui se faisait plus timide quant à son affiliation au monde des X-Men, The Gifted épouse volontiers son héritage. L’organisation des X-Men est explicitement citée, mais en plus de ça, une mutante des films fait partie de la distribution principale. Campée par Fan Bingbing sur le grand écran, Blink est désormais incarnée par Jamie Chung (Once Upon a Time) et possède les mêmes dons que dans les longs-métrages. D’autres mutants directement puisés dans les pages des comics Marvel sont également au rendez-vous, comme Eclipse et ses lasers de photons. On n’oubliera pas de mentionner le personnage de Polaris qui, bien que peu présent, crève l’écran grâce à une performance irréprochable de la jeune Emma Dumont (Aquarius).

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Dès sa scène d’exposition, ce pilote de The Gifted impose une cadence effrénée, ne lésinant pas sur les courses-poursuites haletantes. Le revers de la médaille, c’est que les protagonistes de la série paraissent inévitablement superficiels, l’action étant privilégiée aux dépens du développement psychologique des héros. Ce maigre défaut pourra être corrigé, on l’espère, au fil des dix épisodes qui composent cette première saison. Le show a en tout cas les comédiens qu’il faut pour approfondir son univers et rendre ses personnages plus attachants, à l’instar de Stephen Moyer (True Blood) et la bien-aimée des sériephiles, Amy Acker (Person of Interest).

Au bout du compte, The Gifted réussit avec cet épisode introductif là où Marvel’s Inhumans a échoué. Une intrigue certes prévisible mais captivante, un rythme soutenu, un rendu visuel surprenant… Si l’on n’est pas encore totalement raide dingue de la dernière série de la Fox, il y a de quoi lui donner sa chance. Le pilote tente de s’adonner à un commentaire social qui, s’il est davantage exploité par la suite, devrait conférer à The Gifted l’épaisseur qui lui manque. Un départ des starting-blocks prenant, fun, potentiellement addictif.

The Gifted est diffusée outre-Atlantique depuis le 2 octobre sur la Fox, et reste inédite en France.

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Par Florian Ques, publié le 04/10/2017

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