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Freddie Highmore sublime The Good Doctor dans un pilote plein de bons sentiments

Sans surprise, le brillant Freddie Highmore surélève The Good Doctor dans un pilote prévisible (mais qui fonctionne malgré tout).

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Exit la taxidermie et les meurtres de sang-froid, Freddie Highmore fait ses adieux à Bates Motel et rebondit aussitôt avec une série flambant neuve… qui n’a, au bout du compte, pas grand-chose de neuf. Après avoir passé les cinq dernières années à incarner un psychopathe en devenir, le jeune comédien opte pour un virage à 180° et devient chirurgien de génie pour The Good Doctor. Très plébiscitée de l’autre côté de l’Atlantique et prochainement diffusée sur ABC, la série médicale est avant tout le remake d’une fiction éponyme tout droit venue de Corée du Sud.

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Dans cette version états-unienne, The Good Doctor fait les présentations avec Shaun Murphy, un jeune chirurgien autiste qui est atteint de savantisme. Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec ce terme (rassurez-vous, je ne l’étais pas avant ce pilote), ce syndrome du savant est un dénominatif officieux qui n’est pas scientifiquement reconnu. Il qualifie les personnes atteintes de troubles du développement qui, par on ne sait quel miracle, se montrent brillantes dans un domaine particulier. Dans le cas présent, Shaun (campé par Freddie Highmore, of course) fait preuve d’une expertise innée dans la pratique chirurgicale.

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Quittant ce qui semble être une campagne paisible, Shaun s’envole jusqu’à la métropole californienne de San José pour faire ses débuts au sein du service chirurgie de l’hôpital. Mais bien entendu, tout ne se passe pas comme prévu : le comité des dirigeants du complexe hospitalier est mitigé et certains actionnaires se montrent réfractaires à l’arrivée de notre héros, jugeant qu’un chirurgien autiste pourrait amener bon nombre de procès s’il commettait la moindre erreur. Shaun peut néanmoins compter sur le soutien indéfectible d’Aaron Glassman, son mentor depuis l’adolescence et accessoirement le directeur de l’hôpital.

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Comme toute série médicale qui se respecte, The Good Doctor fait dans le sensationnel dès les premières minutes de son pilote. Un accident a lieu à l’aéroport, pile sous les yeux de Shaun qui va s’empresser d’intervenir pour sauver la victime, un gamin d’une dizaine d’années. Au fil de son périple jusqu’à l’hôpital, une petite poignée de personnages périphériques nous est présentée : Claire, la docteure au grand cœur, Jared, le médecin bien gaulé et prétentieux, ou encore Marcus, le chef du service chirurgie qui est fermement catégorique et ne veut pas de Shaun ici. En somme, un joli gratin d’archétypes en puissance.

Fort heureusement pour nous, ces stéréotypes ambulants sont rendus appréciables grâce à une distribution convaincante et jusqu’ici harmonieuse. Les sériephiles avérés reconnaîtront certaines bouilles familières, telles que Richard Schiff (The West Wing), Beau Garrett (Girlfriends' Guide to Divorce) et Antonia Thomas (Lovesick), parfaite dans ce rôle. Cet épisode inaugural ne manque pas d’inclure plusieurs ressorts du genre médical auxquels il est difficile d’échapper, entre coucheries sur le lieu de travail et médecins haut placés à l’ego surdimensionné.

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Visuellement, The Good Doctor ne fait pas preuve d’innovation. Daniel Dae Kim (récemment libéré d’Hawaii 5-0) partage le poste de showrunner avec David Shore, longuement impliqué sur une autre fiction médicale devenue culte, Dr. House. La patte de ce dernier se ressent notamment à travers certains plans intéressants : afin de mieux cerner les cas médicaux en question et d’illustrer les facultés mnémoniques de Shaun, des imageries scientifiques façon manuel scolaire apparaissent à l’écran. Le show fait alors d’une pierre deux coups, explicitant le génie de son protagoniste et rendant le jargon du domaine plus abordable.

Bien qu’elle n’aspire pas a priori à renouveler le genre de la fiction hospitalière, The Good Doctor délivre un pilote accrocheur, surtout grâce aux prestations de ses acteurs, Freddie Highmore en tête. Plein de bons sentiments, cet épisode introducteur ne tombe pas pour autant dans la mièvrerie, ce qui est suffisamment louable pour être précisé.

Après la charmante Atypical, on tient ici une nouvelle série bien décidée à mettre l’autisme au cœur des discussions. Pour l’heure, The Good Doctor n’est pas assez originale pour se démarquer mais, sans être transcendante, reste un bon divertissement feel good. Et surtout, ça fait du bien de voir Highmore en train de faire autre chose qu’empailler des rongeurs.

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The Good Doctor démarre le 25 septembre prochain sur ABC aux États-Unis.

Par Florian Ques, publié le 19/09/2017

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