The Last Tycoon : paillettes et nazis en plein âge d’or d’Hollywood

Avec Matt Bomer en prime.

Ses producteurs tout-puissants, ses stars figées pour l’éternité, ses zones d’ombre… L’âge d’or hollywoodien ne cessera jamais de fasciner une industrie qui ne dit jamais non à un coup d’œil dans le rétroviseur de son histoire. Après Feud, la série de Ryan Murphy qui met en scène dans sa première saison le Hollywood en mutation des années 1960, voici donc venir The Last Tycoon.

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Adaptation d’un roman inachevé de F. Scott Fitzgerald, ce nouveau show se déroule dans les années 1930, alors que les États-Unis traversent la Grande Dépression et font face à la montée du nazisme. On suit le parcours de Monroe Stahr (Matt Bomer), jeune producteur ambitieux et talentueux, qui tente de mener à bien ses projets sans compromis, face à son mentor plus pragmatique, Pat Brady (Kelsey Grammer). Les deux hommes se retrouvent à devoir composer avec la censure imposée par Hitler s’ils veulent voir leurs films distribués en Allemagne, alors le deuxième marché le plus lucratif du monde pour Hollywood.

Ajoutez au milieu des love interests comme une serveuse ingénue, une jeune femme ambitieuse (Lily Collins) et le spectre d’une femme morte, et vous obtenez le bon cocktail entre amour, rivalités, trahisons et danger.

Don Draper à Hollywood

Matt Bomer dans The Last Tycoon. (©️ Amazon)

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Scénariste de Capitaine Phillips et Hunger Games, et ici créateur et réalisateur de trois épisodes de The Last Tycoon, Billy Ray tenait ici un sujet en or, mais riche, peut-être même trop. Difficile en effet de relier une volonté de reconstitution hollywoodienne fidèle, un versant politique ultrasérieux (l’emprise des nazis) et un aspect beaucoup plus soapesque quand on s’intéresse aux amours du golden boy Monroe. Il fallait sans doute faire des choix. Visuellement léché mais sans génie, le pilote de The Last Tycoon laisse donc cette impression de ne pas savoir sur quelle piste il veut véritablement se lancer.

Matt Bomer est plutôt convaincant en Don Draper hollywoodien. Sa beauté classique fascinante le prédestinait à jouer dans une œuvre retraçant l’âge d’or du cinéma US. Il est d’ailleurs impliqué dans un projet de biopic de Montgomery Clift. Problème : l’écriture de Billy Ray n’est pas aussi subtile que celle de Matt Weiner et Bomer fait ce qu’il peut, mais il n’est pas non plus Jon Hamm. Si on y voit bien de très jolies femmes en quête d’indépendance, des hommes blessés par la vie, des infidélités sulfureuses ou encore la vie de bureau des employés d’une maison de production à Hollywood, Ray ne fait pas assez confiance au spectateur pour le laisser interpréter ce qu’il est en train de regarder. Il faut donc surligner chaque scène de dialogues superflus et d’une musique sursignifiante. Dommage.

Malgré ses défauts évidents, le pilote de The Last Tycoon reste assez bien ficelé pour offrir un aperçu des craquelures derrière le glam d’Hollywood et nous donner envie de suivre ses personnages vendeurs de rêve, mais en réalité plongés dans une époque bien tumultueuse, qui pourrait résonner d’une manière ou d’une autre avec la nôtre au fil des épisodes. En espérant que la série corrige son agaçante propension à vouloir tout expliquer. Et puis, une série avec Kelsey Grammer, entre nous, ça ne se refuse pas.

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La première saison de The Last Tycoon, composée de 9 épisodes, est disponible sur Amazon Prime Video.

Par Marion Olité, publié le 02/08/2017

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