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The Mayor ou quand un rappeur idéaliste est élu maire d’une ville américaine

Qui a dit que politique et hip-hop ne faisaient pas bon ménage ?

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Décrocher une certaine notoriété sans une once de talent, en 2017, c’est entièrement possible. Les émissions de téléréalité "pose ton cerveau et profite", dans la veine des Anges et autres Princes de l’amour, nous l’ont maintes fois prouvé. En revanche, se faire un nom dans la politique, sans aucune expérience préalable, paraît un brin plus complexe.

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Et pourtant, les États-Unis ont su témoigner du contraire en plaçant un rouquin incompétent et caractériel à la tête du pays. La dernière nouveauté de ABC, sobrement intitulée The Mayor, met en lumière cette tendance incompréhensible qu’a la société occidentale à récompenser (en apparence) les moins méritants mais les plus bruyants.

Après avoir officié en tant que scénariste sur une poignée de comédies telles que Speechless et The Mindy Project, Jeremy Bronson devient le showrunner de The Mayor. Il nous fait voyager jusqu’à Fort Grey, petite ville fictive sur la côte californienne, où Courtney Rose, un emcee en galère, tente désespérément de percer. Afin de faire le buzz et promouvoir (pas si) subtilement sa musique, il décide de se proposer comme candidat aux prochaines élections municipales. Ce qui devait être un coup de pub vaseux se révèle finalement être une sacrée affaire d’État lorsque Courtney est élu maire de la ville.

Un optimisme sans faille

"Les électeurs ne tomberont pas dans le panneau, s’époumone dans le premier épisode Valentina Barella, la directrice de campagne de l’opposition. Pas en Amérique." En une phrase piquante, The Mayor se montre curieusement éveillée quant au contexte politique états-unien contemporain. En regardant le pilote, il est particulièrement difficile de ne pas faire le rapprochement entre l’histoire déjantée de Courtney Rose et l’élection désarçonnante de Donald Trump. Néanmoins, la comédie d’ABC n’essaie jamais de dénoncer, du moins pas ouvertement.

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Là où The Mayor aurait pu se montrer hypervénère face au climat actuel régnant aux US, elle penche plutôt pour un optimisme sans faille. À l’opposé de shows comme Broad City ou le revival de Will & Grace, qui préfèrent les attaques frontales, la tonalité rafraîchissante et non vindicative de The Mayor nous fait d’emblée apprécier ce pilote et ses protagonistes attendrissants.

Brandon Micheal Hall, apparu dans Search Party l’année précédente, brille sous les traits de cet artiste hip-hop devenu maire du jour au lendemain. Le casting secondaire est parfaitement bien choisi, avec notamment l’hilarante Yvette Nicole Brown (Community) ou encore Lea Michele, jouant ici une extension de Rachel Berry dans Glee.

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Une fois élu, Courtney Rose néglige les responsabilités liées à ses nouvelles fonctions, préférant grimper sur scène à son propre concert de rap plutôt que d’aller à la rencontre de ses électeurs lors d’une fête d’inauguration. Sa mère l’aide alors à réaliser que le changement social dont il a toujours rêvé peut être enclenché… par sa propre volonté. On parvient très vite à saisir la direction que va prendre The Mayor pour les prochains épisodes.

Le héros de la série sera nécessairement confronté à des dilemmes où il devra choisir entre sa passion et son nouveau job pas forcément désiré. Comme beaucoup d’entre nous, Courtney est un personnage fondamentalement bon à qui il arrive de faire des choix douteux. À première vue, cette humanité est le gros point fort du show.

Le pitch de The Mayor ressemble davantage à un clin d’œil cinglant à la désinvolture des citoyens américains et leur rapport au système démocratique. Dit comme ça, on n’a pas forcément envie de checker son pilote, et encore moins le reste de la saison. Cependant, avec sa simplicité et ses comédiens convaincants, The Mayor possède un bon potentiel. Ajoutez un humour efficace dans la lignée de Parks and Recreation, et on a peut-être déniché l’une des comédies les plus prometteuses du cru automnal 2017.

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The Mayor est diffusée depuis le 3 octobre outre-Atlantique sur ABC, et reste inédite en France.

Par Florian Ques, publié le 06/10/2017

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