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The Oath, un thriller policier bourrin et balourd sur des flics corrompus

Entre deux saisons de Power, le rappeur 50 Cent coproduit une nouvelle série avec la plateforme Crackle, qui enterre un peu plus nos espoirs de visionner un jour une bonne série d’action.

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Sûrement le rappeur le plus prolifique de ces dernières années dans le game des séries, Curtis "50 Cent" Jackson revient coproduire un nouveau show musclé baptisé The Oath. Disponible sur Crackle, la plateforme de Sony à l’origine du sympathique remake feuilletonnant de Snatch, il se situe entre le cop show et la série mafieuse et marque le retour de Sean "Ned Stark" Bean sur le petit écran après les confidentielles The Frankenstein Chronicles et Broken. Mais toutes ces bonnes nouvelles ne viennent pas sauver une production bourrée de clichés, extrêmement mal filmée et un peu débile.

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The Oath nous plonge dans le quotidien d’un gang américain, dont les membres majeurs sont des ripoux. Héros le jour, braqueurs de banque et criminels la nuit, les Ravens sont dirigés par Tom Hammond (Sean Bean) et ses fils, dont Steve (Ryan Kwanten, Jason dans True Blood). Alors qu’ils pensaient leur couverture infaillible, Tom se fait trahir par un agent du FBI mis dans la confidence et termine au trou. C’est l’aîné qui reprend les rênes du gang, jusqu’à ce que les Ravens soient démasqués au cours d’un casse.

En conséquence, Steve et ses frères d’armes doivent jouer triple jeu avec les fédéraux pour couper la tête du serpent mafieux et démanteler les autres gangs qui sévissent dans la ville. Mais Tom, qui ronge son frein en prison, fomente sa vengeance et compte bien récupérer la place de leader au sein de son groupe.

Mise en scène, repose en paix

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Loin d’être originale, The Oath débute sur une intrigue plutôt prometteuse, où la guerre des gangs fait rage façon Gomorra et Peaky Blinders. On prend également beaucoup de plaisir à revoir en action Ryan Kwanten et Sean Bean, même si le premier ne semble pas avoir les épaules pour porter la série. Autour d’eux s’agitent des personnages secondaires caricaturaux mais pas désagréables, que les interprètes campent avec plus ou moins d’envie (ou de talent ?). Malgré tout, un point essentiel du show transforme ce thriller policier passable en une série d’action médiocre : la mise en scène.

Par moments (et bien trop souvent), elle est tout bonnement catastrophique. Dans les scènes bourrines, la caméra bouge tellement qu’on ne capte plus rien à l’écran. Les plans s’enchaînent à la vitesse de la lumière, confirmant que la shaky cam est le cancer des productions orientées action. Apparemment, Jeff T. Thomas, le réalisateur du pilote, n’a jamais entendu parler de l’existence de la Steadicam et des plans fixes. Dommage, ça nous aurait évité une nausée perpétuelle pendant le visionnage.

Si on arrive à passer outre cette direction YOLO, on est vite perturbé par une avalanche de défauts qui dégringolent au fur et à mesure de l’épisode. Les dialogues sont niais et gratuitement vulgaires ("Est-ce que ton cul est jaloux de la merde qui sort de ta bouche ?", balance une Katrina Law en roue libre au milieu d’un interrogatoire), tandis que les personnages sont figés dans des archétypes, quand ce ne sont pas leurs visages qui le sont. Au final, on aurait largement préféré un enchaînement de scènes d’action un peu stupides mais jouissives. Mais comme indiqué précédemment, ces dernières sont l’élément le plus raté du show.

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Si c’est souvent dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe, le proverbe n’échappe pas au monde des séries. Si vous êtes en manque de "crime drama", mieux vaut vous tourner vers les classiques incontournables que sont The Shield et The Wire. Inutile de perdre votre temps avec cette mauvaise série, filmée avec les pieds, écrite par une IA formatée avec quelques boulons en moins et jouée par des acteurs dont même les émotions ont été remplacées par de la testostérone.

En France, la première saison de The Oath reste inédite.

Par Adrien Delage, publié le 15/03/2018

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