The Walking Dead : le bilan à mi-saison en 4 questions

S'il y a bien une chose qui ne change pas avec The Walking Dead, c'est son inconstance. Oscillant constamment entre des moments épiques et des épisodes d'un ennui mortel, ce début de saison 6 n'échappe pas à la règle. Spoilers.

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Pourquoi la série traîne-t-elle encore les pieds ?

Elle a démarré sur les chapeaux de roues avec la plus grosse horde de zombies de l'histoire de la série. Pas moins de 30 000 rôdeurs entassés dans une carrière ! Un joli tour de force, dès le premier épisode, que l'on doit à son maître des effets spéciaux, Greg Nicotero, également derrière la caméra pour l'occasion. D'entrée de jeu, The Walking Dead offre à ses fans ce qu'elle sait faire de mieux : des scènes épiques, une tension à couper au couteau et des enjeux dramatiques qui se mettent en place pour la suite.

Mais la série, comme à son habitude, souffre de problèmes de rythme. Même après six saisons, The Walking Dead n'assume toujours pas son statut de pur divertissement et compense avec des morceaux de viande maigre, ces pauses "métaphysico-barbantes" que les scénaristes pensent sûrement plus "intellectuelles".

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Ainsi, pour chaque épisode intense qui ne laisse aucun répit au téléspectateur, il en faut un autre qui prenne son temps, quitte à nous laisser crever d'ennui. Des bulles de réflexion au milieu du chaos ; l'idée est belle, l'exécution l'est nettement moins. Pris entre la carotte et le bâton, le téléspectateur attend sagement que la série lui offre une nouvelle scène jouissive pour lui pardonner une énième fois tous ses égarements.

The Walking Dead n'embrasse pas totalement le genre auquel elle appartient, et ça lui joue des tours. Elle n'est jamais aussi bonne que lorsqu'elle nous montre comment nos héros survivent, et n'est jamais aussi pénible que lorsque nos héros philosophent sur la survie.

C'est déjà fini avec les Wolves ?

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Depuis le début, The Walking Dead nous le martèle : l'enfer, c'est les autres. Les zombies ne sont pas la plus grande menace de ce monde post-apocalyptique. Ceux qui semaient les cadavres mutilés au cours de la saison 5 ont fini par se montrer. Les Wolves étaient censés être les grands prédateurs de cette poignée d'épisodes. Le deuxième était effectivement l'un des grands moments de cette saison, surtout grâce à Carol.

Comme l'ont été les cannibales du Terminus avant eux, les Wolves agissent comme des révélateurs pour le personnage de Carol. Les uns ont fait éclater pour la première fois son potentiel de guerrière, quand les seconds ont permis de la sortir de sa pseudo léthargie cardigan/cookies. Dans les deux cas, ils ont été rapidement expédiés, mais ont suffisamment marqué les esprits pour ébranler le fragile sentiment de sécurité et d'espoir du groupe.

Les Wolves ne devraient plus montrer leur front scarifié de sitôt. Les grands ennemis de la saison sont en réalité les Sauveurs. Et celui qui doit reprendre la place de "bad guy" laissée vacante par le Gouverneur, c'est le fameux personnage de Negan. Il y a plus à craindre de la part de ce grand méchant loup que des Wolves.

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Mi-gourou, mi-pirate, Negan règne sur ses ouailles et survit grâce à un système de pillage organisé. Une scène du prochain épisode, diffusé le 14 février, dévoile la première rencontre entre Daryl, Abraham et Tara et les Sauveurs. Negan n'est pas présent en chair et en os, mais son ombre plane.

Nous faire languir sur le sort de Glenn, pourquoi tant de cruauté ?

Parce qu'une série comme The Walking Dead, qui ne mettrait pas en danger ses personnages, passerait à côté de son sujet. Pour qu'un téléspectateur s'investisse, il faut qu'il s'attache à ses héros. Les scénaristes savent ce qui leur en coûterait de s'attaquer à Daryl (les fans ont promis des émeutes), et de toute façon, les petits malins gardent certainement cette cartouche pour plus tard.

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Pour cet acte de cruauté pas tout à fait gratuit, ils s'en sont donc pris à Glenn. Juste pour nous torturer ? Non, même s'il y a nécessairement une part de sadisme de leur part, qui va de paire avec la grosse dose de masochisme du côté des fans. La mort éventuelle de ce personnage aurait été doublement tragique pour Maggie, qui non seulement a perdu tous les membres de sa famille, mais vient en plus d'apprendre qu'elle est enceinte !

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La mort traumatisante d'un personnage reste au demeurant un procédé vieux comme les séries. On se souvient de Dallas, qui a élevé ce stratagème au rang d'art. A la fin de la saison 3 du célèbre soap, JR Ewing, l'anti-héros par excellence, se fait tirer dessus. Il faudra attendre des mois pour découvrir, dans le quatrième épisode de la saison 4, s'il a survécu ou non, assurant à la série un record d'audience historique (plus de 80 millions de téléspectateurs).

Avec ses 13,2 millions de fans au rendez-vous pour l'épisode 7, The Walking Dead a su ménager son effet. Un peu trop sans doute et pas de la plus habile des manières. La production nous a fait poireauter quatre semaines avant de nous révéler le sort de Glenn. Pas très fairplay.

Et après ?

L'épisode 8 s'achève sur un cliffhanger qui ne donne pas dans le spectaculaire, mais atteint tout de même un niveau de tension comme la série en raffole. Et cette scène culminante ne tient qu'à un "Mom". Le petit Sam, qui appelle sa mère de manière très instinctive, met en péril l'opération camouflage du petit groupe.

Une fois passée l'envie de lui en mettre une, on réalise que le bambin vient peut-être de coûter la vie à nos survivants. Lesquels ? Pour cela, il faudra attendre la reprise de la saison 6 de The Walking Dead le 14 février prochain sur AMC, et dès le lendemain en France sur OCS Choc.

Par Delphine Rivet, publié le 02/12/2015

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