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Pourquoi This Is Us n’est plus la série feel good que j’aimais

Pourtant élue série la plus feel good de l’année sérielle précédente, This Is Us montre en saison 2 qu’elle est aussi capable du pire. Attention, spoilers.

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Lorsqu’on évoque This Is Us, la plupart de ses téléspectateurs assidus ne peuvent s’empêcher d’évoquer le pouvoir tire-larmes de la série. Beaucoup, à chaque épisode, admettent verser une larme ou, au minimum, se retrouver les yeux embués, émus par les dernières tribulations du clan Pearson. Pour la première saison, c’était plus ou moins mon cas et je clamais à qui voulait l’entendre que This Is Us était l’exemple parfait du divertissement cathartique. La regarder, ça me faisait du bien !

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Maintenant, j’ai une confession à faire : en saison 2, la série familiale de NBC m’a laissé de marbre. D’une part, parce qu’elle ne fait que ressasser ce que Parenthood, sa précédesseure diffusée sur le même network plusieurs années auparavant, faisait déjà, en beaucoup mieux et en plus sincère. Avec sa deuxième salve d’épisodes, This Is Us se montre plus manipulatrice. Elle veut nous faire pleurer, elle en a conscience et ne prend même plus la peine de s’en cacher.

Cette saison, tous les ingrédients étaient là pour nous vider les glandes lacrymales, de gré ou de force. L’adoption chaotique de Randall et Beth, l’histoire tragique de Deja, la descente aux enfers de Kevin, la fausse couche de Kate… Et, bien sûr, les circonstances de la mort de Jack, enfin dévoilées. OK, je plaide coupable, j’ai sérieusement sangloté devant cet épisode, bluffé par la performance irréprochable de Mandy Moore en épouse endeuillée. Mais c’est tout. Le reste des storylines listées, aussi bouleversantes puissent-elles être, m’ont indifféré émotionnellement parlant.

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Plus les épisodes s’enchaînent, plus This Is Us semble adopter une politique de la surenchère. Il est impossible de passer ne serait-ce qu’une seule heure de visionnage sans qu’une chose terrible n’arrive à un membre de la famille. Il ne faut d’ailleurs pas oublier de mentionner que les Pearson sont tous, à un degré différent, hyperdramatiques. Ex-æquo, Kevin et Kate remportent sans aucune difficulté la palme du personnage le plus drama queen, incapables d’accepter une once de bonheur sans pouvoir s’empêcher de remettre le tout en question (si la série ose aborder le sujet de la dépression en saison 3 pour Kevin, alors je raviserai mon jugement).

Et puis, il y a Jack. Milo Ventimiglia fait toujours un job excellent dans ce rôle qui, à plusieurs reprises, paraît sur mesure. Je ne veux pas que This Is Us s’en sépare, jamais. Ce que j’aimerais, en revanche, c’est que les personnages, du présent comme du futur, arrivent à enfin aller de l’avant (et c’est ce que le season finale suggère, thank god). Le fantôme de Jack plane sur les membres restant du clan Pearson, y compris à des instants où cela ne semble pas nécessaire.

Toutes ces critiques, je les fais avec beaucoup de bienveillance, car j’aime This Is Us et tous ses protagonistes (peut-être un peu plus Beth que les autres, je l’avoue). Ce que je souhaiterais, c’est que la série redevienne le plaisir feel good qu’elle était à ses débuts plutôt qu’un drame déprimant qui fait du surplace. Je veux qu’elle permette à ses personnages d’évoluer, de se détacher un chouïa davantage de Jack. Ça me déplaît de le dire, mais je suis devenu imperméable au bulldozer sentimental qu’était This Is Us. Cela dit, je lui donnerai volontiers une seconde chance pour me surprendre.

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This Is Us est diffusée en US+24 sur Canal+ Séries en France.

Par Florian Ques, publié le 16/03/2018

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