Les 30 nouvelles séries qu’il ne fallait pas rater en 2017

De Big Little Lies à Dark en passant par The Handmaid’s Tale, le cru sériel de 2017 est un grand millésime.

L’exercice du bilan sériel de fin d’année est à la fois incontournable et de plus en plus complexe pour les critiques que nous sommes. Le nombre de séries lancées chaque année ne faiblit pas (on est sur un chiffre qui pourrait atteindre le record de 500 diffusées en 2017). On a donc tenté ici de retenir la crème de la crème, en décidant de ne plus se plier au top 10, trop restrictif et arbitraire. Sans plus tarder, découvrez les recommandations séries de la rédaction de Biiinge !

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Big Little Lies

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Parce que Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Shailene Woodley et Laura Dern sont impériales. Sublimées par la mise en scène ultra-léchée et intimiste signée Jean-Marc Vallée, elles transcendent leur combat contre le patriarcat et font preuve d’une sensibilité bouleversante. Et aussi parce que la track "Cold Little Heart" de Michael Kiwanuka vous bercera naïvement pour mieux vous transpercer le cœur à la fin.

American Gods

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Parce que tenter d’adapter le roman de Neil Gaiman en série c’est déjà, en soi, un sacré tour de force. Bryan Fuller et Michael Green ont relevé le défi avec brio, et le résultat dépasse toutes nos attentes. American Gods peut même se targuer de nous avoir offert deux des scènes de sexe les plus hallucinantes de l’histoire des séries. Avec sa fougue visuelle assez démente (bien que parfois un poil lourde), on s’engouffre volontiers dans le folklore et les mythes qui l’habitent.

The Handmaid’s Tale

Parce qu’en ces temps troublés, où les conséquences désastreuses de la domination masculine sont dans tous les esprits, l’adaptation du livre éponyme de Margaret Atwood sonne comme un avertissement. En plus de son récit tragiquement actuel, cette série est une réussite à tous les niveaux : une interprétation à fleur de peau (Elisabeth Moss en tête), une réalisation de toute beauté, des costumes savamment dessinés, et un parfum de résistance dont on a toutes besoin en ce moment !

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The Bold Type

Parce qu’il fallait un pendant lumineux à The Handmaid’s Tale, et qu’on attend depuis longtemps une vraie héritière à Sex and the City. En suivant la trajectoire de trois meilleures amies qui évoluent au sein d’un magazine féminin fictif, The Bold Type réussit le difficile pari d’allier féminisme et féminité, le tout avec une belle énergie. Une série feel good, empowering, qui s’attaque à des sujets de société diablement d’actualité, le tout avec audace, humour et tendresse. Et qui dit aux jeunes femmes que l’ambition n’est pas un gros mot. On en veut encore !

MINDHUNTER

Parce que David Fincher et serial killer sont deux mots qui vont très bien ensemble. Fasciné par les tueurs en séries, le cinéaste pilote la série ultime, qui revient sur la naissance du métier de profiler et les débuts de l’étude de ce type de tueur, dans les années 1970. Il y a des séries que l’on oublie vite après visionnage, et puis il y a celles qui vous hantent. MINDHUNTER, qui tente de sonder le mal absolu niché dans chaque être humain (certains passent à l’acte, la majorité non), fait partie de la seconde catégorie.

Legion

Parce qu’elle fait un pari fou : en pleine vague de séries super-héroïques, Legion envoie valser tous les codes du genre. Chaque épisode est une nouvelle expérimentation, autant sur le plan narratif que sensoriel. Passages chantés ou carrément muets, jeux de lumières, de formes, de cadrages et de couleurs, chaque plan existe pour nous faire voir la maladie mentale de notre héros, non comme un stigmate, mais comme la manifestation d’un pouvoir incroyable qui ne demande qu’à s’exprimer.

Taboo

Parce que le "Tom Hardy show" est l’apothéose du mumble acting et de la virilité. Après Peaky Blinders, Steven Knight réalise encore un travail de reconstitution époustouflant, bien aidé par la photographie en clair-obscur de Mark Patten. Mais surtout parce qu’au-delà de la violence et des muscles de Tom Hardy, Taboo est un trip mystique qui explore la noirceur de l’âme et les pulsions inavouées de l’homme.

Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire

Parce qu’on ne résiste pas aux simagrées et aux déguisements toujours fort inspirés du comte Olaf. Surtout quand celui qui l’incarne – Neil Patrick Harris succède à l’inimitable Jim Carrey dans le rôle – prend un plaisir contagieux à jouer les méchants et à se travestir. Il nous a fallu trois secondes pour entrer dans cette épopée tragicomique, visuellement magnifique et au casting trois étoiles, et on n’a qu’une envie depuis : y retourner !

Riverdale

Parce qu’elle s’éclate à dépeindre les plus grands archétypes de la série pour ados avec un kitsch inégalé et un ton méta qui l’aide à se distinguer. On ne manque pas de mentionner son esthétique néon et la garde-robe de ses personnages, qui confèrent à Riverdale un petit côté à la fois rétro et intemporel.

The Good Fight

Parce que Diane Lockhart. On pourrait presque en rester là tant son interprète, la merveilleuse Christine Baranski, a fait exister son personnage bien au-delà des limites de The Good Wife. Lui consacrer un spin-off, dans lequel elle est rejointe par Lucca Quinn (Cush Jumbo) et la petite nouvelle Maia Rindell (Rose Leslie), n’est finalement que justice. Pour ne rien gâcher, la magie du couple de showrunners Michelle et Robert King opère toujours.

13 Reasons Why

Parce qu’on a toutes été Hannah à 16 ans, d’une manière ou d’une autre. La terrible 13 Reasons Why a fait quelque chose qu’aucune autre série ado n’a fait avant elle. Cette adaptation du best-seller éponyme de Jay Asher évoque sans complaisance les ravages de la vie au lycée : le harcèlement psychologique, l’image de soi, les idées suicidaires, les amitiés destructrices, les agressions sexuelles en soirée, la notion de consentement… Le tout à travers le regard d’une jeune femme "qui avait tout pour elle" comme on dit. Bouleversant.

Genius

Parce qu’un cours d’histoire n’a jamais été aussi captivant et joliment mis en scène qu’avec Genius. Plus que de nous raconter le parcours d’Albert Einstein, cette première saison retrace la quête initiatique d’un génie, paradoxalement incompris par ses pairs. L’interprétation magistrale et touchante de Geoffrey Rush ne pouvait mieux faire honneur à cette figure scientifique et pop.

Dear White People

Parce qu’elle dénonce les comportements de racisme ordinaire qui viennent ternir nos rapports sociaux, et qu’elle le fait en optant pour un ton satirique assumé. Dear White People, c’est cette petite série qui n’a pas froid aux yeux et prend le taureau par les cornes. Que ça plaise, ou non. Nous, ça nous plaît.

I Love Dick

Après Transparent, la nouvelle pépite de Jill Soloway est l’adaptation lumineuse d’un essai féministe conceptuel. Cette dramédie raconte la libération intellectuelle et sexuelle d’une femme, Chris Kraus, par l’art et, paradoxe ultime, par l’obsession amoureuse (en même temps, l’objet de ses fantasmes est Kevin Bacon, comment ne pas la comprendre ?). On pourra reprocher à la série de ne parler qu’aux artistes bobos blancs, mais il y a quelque chose de dingue et libérateur qui vous prend aux tripes dans I Love Dick.

Twin Peaks: The Return

J’ai choisi de placer Twin Peaks parmi les nouvelles séries pour une bonne raison : cette saison 3 n’a rien à voir avec les deux premières. David Lynch s’affranchit autant du format sériel que ciné avec cette œuvre expérimentale qui contient à la fois des moments de grâce et… d’ennui profond. On peut lui reprocher de ne pas avoir écrit une série, mais franchement, qui peut se targuer d’avoir réalisé une œuvre absolument singulière et incopiable, en 2017, qui aborde rien de moins que la condition humaine ?

Snowfall

Parce qu’on veut plus de séries sur l’histoire de la culture afro-américaine showrunnée par un Afro-Américain (John Singleton). Le jeune acteur Damson Idris est sans conteste l’une des révélations de 2017, s’imposant naturellement au milieu des têtes connues de la série. Ce récit à trois têtes bien ficelé et poignant, qui revient sur l’arrivée du crack à Los Angeles dans les années 1980, est aussi cru que réaliste.

The Sinner

Parce qu’on ne se serait jamais doutés que Jessica Biel pouvait être aussi sensuelle et habitée par son rôle. The Sinner explore les vices du fanatisme et la perte d’identité face à un traumatisme violent. Derrière ses faux airs de thriller policier, la série brise les codes du genre et s’attaque de front à des sujets aussi graves que la culture du viol.

Mr. Mercedes

Parce que les bonnes et fidèles adaptations de Stephen King se font rares. Le jeu du chat et de la souris entre Brendan Gleeson et Harry Treadaway est l’un des affrontements les plus haletants de l’année, les deux acteurs étant en outre soutenus par des seconds rôles brillants. La séquence d’introduction du pilote, froide, glauque et plus que jamais actuelle, résonnera en vous comme un cauchemar récurrent aux heures les plus sombres de la nuit.

Atypical

Parce qu’elle est une des rares séries à avoir un personnage principal autiste et qu’elle le met en avant sans condescendance, et avec une tendresse qui fait du bien. Son principal défaut est peut-être son nombre d’épisodes trop minime puisqu’on en redemande aussitôt.

The Deuce

Parce qu’elle s’attaque aux origines du porno dans le New York des 70’s avec une humanité à laquelle on ne s’attendait pas. Sauf quand on prend conscience que c’est David Simon (The Wire) qui est aux commandes et que sa galerie de personnages hétéroclites est touchante de réalisme. Ah, et James Franco. Double dose de James Franco.

American Vandal

Parce qu’elle s’approprie le genre fascinant du docu-série et le détourne de la meilleure manière qui soit, avec un humour à peine perceptible tant il est subtil et un fil conducteur aussi absurde qu’ingénieux. Clairement l’une des séries les plus sous-estimées du cru 2017.

Star Trek: Discovery

Parce que Michael Burnham est le capitaine Kirk que le XXIe siècle méritait. Plus portée sur la guerre que ses aînées, Discovery n’en demeure pas moins une digne héritière de la franchise, progressiste, en donnant le rôle principal à une femme noire. Cette nouvelle déclinaison de l’œuvre de Gene Roddenberry n’est pas juste un cadeau pour les trekkies de la première heure mais aussi une porte d’entrée pour de nouveaux et nouvelles fans.

Big Mouth

Parce qu’elle offre une représentation encore jamais vue et carrément perchée de la sexualité adolescente, et que son animation un brin grossière est largement rattrapée par sa dimension humoristique décalée. Et aussi parce qu’on y croise un vagin qui parle. Et ça, ça n’arrive pas souvent.

SMILF

Parce que Frankie Shaw, actrice principale et créatrice de cette nouvelle dramédie, est irrésistible dans le rôle de Bridgette, une maman vingtenaire complètement schlague, qui tente de conjuguer ses aspirations pros et l’éducation du bébé le plus craquant jamais vu à la télé. Elle fait souvent de grosses conneries avec la spontanéité d’une enfant. Et puis SMILF, c’est aussi Connie Britton qui arrive à nous rendre sympathique Ally, une maman bobo égoïste et dépressive.

Marvel’s The Punisher

Parce que Marvel’s The Punisher a redoré le blason des productions Marvel signées Netflix. La vendetta violente, torturée et fataliste de Frank Castle est un thriller sanglant, porté par un Jon Bernthal magnétique de bout en bout. Plus qu’un énième show de justiciers, c’est la série de 2017, voire de la Peak TV, qui parle le mieux de l’Amérique conservatrice et du syndrome de stress post-traumatique.

Marvel’s Runaways

Parce qu’elle dépoussière à elle seule la série de super-héros en s’affranchissant du côté stéréotypé et prévisible de ses prédécesseurs. À la place, Marvel’s Runaways brille par son rythme maîtrisé et le développement justement dosé de ses personnages, ados comme adultes.

Godless

Parce que le genre du western est bien trop sous-exploité sur le petit écran. Et quand en plus il est réalisé avec tant d’esthétique et de respect des codes du genre, l’œuvre devient une immanquable de 2017. La prestation puissante et glaçante de Jeff Daniels en cow-boy impitoyable mérite à elle seule votre attention. On repassera pour l’aspect féministe prôné dans la campagne marketing de la série, mais rarement les plaines désertiques du grand Ouest américain ont semblé aussi vastes et poétiques.

She’s Gotta Have It

Parce que la solaire Nola Darling veut tout, une vie amoureuse palpitante et s’accomplir artistiquement et en tant que femme afro-américaine (qui fait donc face à une double discrimination), et ne s’excuse pas pour ça. 30 ans après son film éponyme, Spike Lee fait revivre son héroïne, et pas seulement à travers sa condition de polyamoureuse. Le propos, parfois un peu trop pédagogique, est rattrapé par un ton moderne, engagé et résolument positif.

The Marvelous Mrs. Maisel

Parce que les tribulations de cette femme au foyer en pleine émancipation (et tous les paradoxes qui l’habitent) nous ont vraiment fait marrer et sincèrement touchés. Midge a du répondant et une certaine facilité à déverser ses malheurs sur un public alcoolisé lors de diatribes hilarantes. Tout, dans cette série, déborde d’un charme suranné qui doit beaucoup à son casting, de la pétillante Rachel Brosnahan au bougon Tony Shalhoub, et aux dialogues façon mitraillette de sa showrunneuse, Amy Sherman-Palladino.

Dark

Parce qu’elle prouve dès son pilote que les Allemands sont capables de produire des séries high level venant concurrencer les géants américains. Et aussi parce que Dark possède une bande-son complètement dingue et qu’elle nous a lessivé le cerveau comme aucune autre série n’a pu le faire cette année.

Un article écrit par Marion Olité, Adrien Delage, Delphine Rivet et Florian Ques.

Par Marion Olité, publié le 13/12/2017

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