De Game of Thrones à The Bold Type, les tops et les flops sériels de l’été 2017

Le bilan, c’est par ici que ça se passe.

Chaque été, c’est la même rengaine. Nos petites séries coup de cœur rempilent tandis que d’autres, inédites, débarquent en espérant se voir très vite prolongées. Moins remplie que le reste de l’année, la saison estivale est connue pour receler des pépites à mater d’urgence. Le cru 2017 ne fait pas exception à la règle avec son lot de nouveautés garanties 100 % fraîcheur et, forcément, quelques ratés. L’heure des délibérations a sonné et, comme dirait Denis Brogniart, la sentence est irrévocable.

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Attendues au tournant

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Pour la première fois depuis ses débuts, Game of Thrones a décalé l’inauguration de sa très attendue septième saison. C’est donc à mi-juillet que le mastodonte de HBO faisait son retour armé jusqu’aux dents, dragons sur ses talons. Si la série de fantasy n’a pas à se plaindre sur le plan des audiences, cumulant record après record, on ne peut pas dire qu’elle soit irréprochable sur le plan scénaristique. Des intrigues précipitées et des ellipses spatio-temporelles nébuleuses ont fait de cette saison 7 une (très légère) déception. Mais comme les grands défenseurs de GoT se plaisent à le répéter, il fallait bien que l’histoire avance. Un mal pour un bien.

© Netflix

Pendant ce temps, Netflix misait gros sur Marvel’s The Defenders. Après nous avoir présenté ses quatre super-héros de la Big Apple dans leurs aventures individuelles, l’heure du travail d’équipe avait sonné. Malheureusement, l’union de la force surhumaine de Luke Cage et l’agilité de Daredevil n’auront pas réussi à faire de la série un divertissement efficace. À trop vouloir teaser le show depuis la naissance de la collaboration Netflix/Marvel, les attentes étaient sans doute trop élevées. Pas de chance, ces huit épisodes peu enthousiasmants n’auront pas suffi à convaincre.

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Enfin, moins dans la lignée des blockbusters précédents, l’iconique Twin Peaks renaissait de ses cendres vingt-cinq ans plus tard. Comme l’ensemble de la filmographie de David Lynch, cette résurrection a divisé. Là où certains sont tombés raides dingues de la patte lynchienne si reconnaissable, d’autres ont plutôt perçu ce retour comme une expérience décevante. Ce qui est sûr, c’est que ce Twin Peaks 2.0 n’a laissé personne indifférent.

Stephen King (et autres thrillers psychologiques)

On n’y échappe pas, chaque année, de nouvelles adaptations des œuvres du maître de l’horreur fleurissent. Après le bide créatif que fut Under the Dome, non pas une, mais deux séries tirées de l’univers glaçant de Stephen King ont tenté leur chance cet été. D’une part, The Mist, où une bourgade américaine est en proie à un brouillard mystérieux peuplé de forces surnaturelles. Alors que le film du même nom, sorti en 2007, proposait une véritable immersion dans la folie humaine, la version sérielle s’est plantée à bien des égards.

© Audience Network

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Fort heureusement, la sous-estimée Mr. Mercedes est vite apparue pour redorer le blason de l’incontournable Stephen King. Débarquée en catimini sur une petite chaîne câblée états-unienne, la série s’apparente à un jeu du chat et de la souris grandeur nature entre un détective de police retraité et un tueur en série calculateur. Plus travaillée, aussi bien narrativement qu’esthétiquement, Mr. Mercedes est largement préférable à The Mist si jamais une envie de Stephen King vous démange.

En parallèle, d’autres fictions du petit écran ont tenté d’appréhender le genre du thriller psychologique. Alors que Gypsy a loupé le coche en dépit d’une prestation impeccable de Naomi Watts, la plus confidentielle The Sinner a permis à Jessica Biel de revenir dans le game. Tantôt ésotérique, tantôt macabre, le show rappelle les meilleurs moments de The Night Of et n’a de cesse de nous prendre par surprise, à tel point qu’on attend de pied ferme son dénouement.

La créativité avant tout

Autre must-see de l’été : Rick and Morty. Après une (bien trop) longue absence de nos écrans, la série d’animation diffusée sur Adult Swim rempilait pour une troisième saison complètement déglinguée. La psychologie des personnages continue d’être subtilement creusée alors que les storylines épisodiques nous régalent grâce à des running gags toujours bien sentis. Encore une fois, le tandem Dan Harmon/Justin Roiland confirme sa créativité hors-norme.

© SyFy

Mais ce ne sont pas les seuls à produire des séries qui ne ressemblent à aucune autre. La saison estivale 2017 a vu débarquer en furie Blood Drive, innovante sur bien des aspects. Avec une tonalité faisant écho aux œuvres d’un certain Tarantino, le show était un concentré détonnant de plusieurs genres. Du gore, du second degré et plusieurs petits univers opposés au sein d’un même monde ont fait de Blood Drive un divertissement décérébré, parfait pour l’été. Dommage, l’aventure s’arrête ici pour Barbie et Grace.

Mention spéciale pour les frères Duplass qui ont su rebondir après l’annulation de Togetherness. Le duo adapte à sa sauce le format anthologique, nous embarquant dans la même mystérieuse chambre d’hôtel, fréquentée par des locataires différents à chaque épisode. Soignée et délicatement écrite, Room 104 a su se distinguer sans pourtant faire trop d’éclats.

Du baume au cœur

Parce qu’entre les thrillers psychologiques et l’hémoglobine à foison, un peu de légèreté est toujours appréciable : The Bold Type est l’un des gros coups de cœur unanimes du cru estival 2017. Rafraîchissante, la série de Freeform nous invite à suivre le quotidien tumultueux de trois copines bossant pour le même organe de presse féminine. Passant le Bechdel Test haut la main, The Bold Type ne recule pas devant des thématiques délicates et assurément féministes.

© Freeform

Dans un tout autre registre mais avec une bienveillance similaire, Atypical mérite d’être appréciée à sa juste valeur. Nous présentant la vie pas toujours simple d’un jeune lycéen autiste et de son entourage, la dramédie de Netflix a su faire preuve d’une rare sensibilité tout en sachant ravir les aficionados de teen dramas. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts pour qu’une saison 2 soit commandée fissa. Et une deuxième fournée pour The Bold Type, tant qu’on y est, ne serait pas de refus. Ô grands dieux des séries, entendez notre appel !

Par Florian Ques, publié le 08/09/2017

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