Le tournage d’Hero Corp, saison 5 : le secret le mieux gardé de la galaxie

Vous pensiez que les tournages de Game of Thrones étaient difficiles d’accès ? Pour sa cinquième saison, Hero Corp cultive le secret. Nous avons pu nous infiltrer sur le plateau, à nos risques et périls…

Bienvenue en Astierie

hc village

Rendez-vous est pris. Nous nous rendons ainsi, par la grâce d’Uber, dans un recoin des Hauts-de-Seine. Et déjà, les premières difficultés se présentent à nous : l’adresse du studio n’est pas la même que celle à indiquer dans le GPS. Essaierait-on de nous faire perdre tout repère avant même notre arrivée ? On approche… on approche… non, on a dû se tromper.

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En pleine zone résidentielle, on se retrouve dans une impasse. Littéralement. On s’est forcément planté. Comment cette jolie petite ruelle étroite, bordée de glycines, pourrait accueillir un studio de cinéma ? Soudain, sur un réverbère, un fléchage fluo attire notre attention. Il indique, de façon presque cryptique : HC. Hero Corp bien sûr ! Nous sommes sur la bonne voie.

Au bout de l’impasse, un grand portail en fer nous bouche la vue. Quelqu’un guettait notre arrivée : les portes s’ouvrent sur une petite cour confidentielle où se serrent quatre ou cinq véhicules, dont un camion dégueulant des câbles et gaines électriques. Nous y sommes, dans le saint des saints, la fabrique à geekasmes.

Immédiatement pris en charge par un membre de la production, on nous fait patienter derrière une porte close : ça tourne juste derrière. Pendant que l’on attend le feu vert pour entrer sur les décors, des figurants défilent en costumes militaires noirs, façon SWAT.

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On part à l’aventure dans les couloirs, bravant les instructions que l’on nous a données en arrivant : on est comme ça nous, des électrons libres, on craint dégun. Dans un coin, on frôle l’arrêt cardiaque en croisant un - malheureusement, nous ne pouvons pas vous dire quoi, ni décrire cette rencontre glaçante, parce que le spoiler, c’est le maaaaaal - un café à la main.

Silence, ça tourne... dans la pièce à côté

Ça y est, c’est à nous. On nous appelle pour enfin entrer dans un grand hangar. Des mètres de câbles au sol - tous ne sont peut-être pas des vrais d’ailleurs, on ne saura jamais, des caisses de matos, des toiles d’araignées - peut-être fausses aussi, on n'a pas osé y mettre la main pour vérifier, un combi Volkswagen devant un fond bleu, des cages avec des rats albinos - des vrais de vrais, qui roupillaient…

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Les acteurs vont et viennent dans des accoutrements pour le moins inattendus : Émilie Arthapignet, qui joue Éléna, en total look gothic punk, juchée sur ses plateform shoes, nous fait un grand sourire pendant qu'Antoine Gouy fait mumuse avec sa mitraillette en attendant son tour. Aucun signe de Simon Astier pour l’instant mais un murmure, venu d’une pièce adjacente, devient de plus en plus audible.

Ça s’agite, on nous invite à nous asseoir derrière le combo, ces écrans qui affichent le retour vidéo de la scène en train d’être filmée. Pas de son, et on plisse les yeux pour apercevoir quelque chose. C’est la seule façon pour nous d’assister à la séquence qui est tournée, les acteurs, eux, se trouvent dans un couloir attenant, à portée de voix, mais dont nous ne verrons rien. "C’EST COUPÉ !" braille-t-on à côté.

"Ça va pas être possible"

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Discrètement (pas vraiment), nous avons réussi à prendre une photo de ce fameux combo. Mince, la première est floue. On re-tente. C’est mieux, mais on en voit trop maintenant, le costume d’une des actrices et le décor de labo en dit trop. On parvient finalement à faire un cliché qui ne prêtera pas à polémique : un plan serré sur John, aka Simon Astier, le héros de l’histoire. Pas de spoil, on sait qu’ils sont en saison 5, lui et sa barbe.

Entre deux scènes, on décide de partir en éclaireurs. Et là, on peut y aller ? "Non, ça va pas être possible". Et sinon, cette pièce, on peut la prendre en photo ? "Arf, ça nous arrange pas parce qu’il y a le BIIIIP, et on voit le BIIIIIIP dans le coin là".

Sur ce tournage, il y a deux camps : les stressés (la prod), qui ne desserrent pas les dents en notre présence, de peur que l'on balance un MÉGA SPOIL sur les réseaux sociaux, et les concentrés (le cast), qui nous calculent à peine, ils n'ont pas que ça à faire. Ces derniers sont d’ailleurs toujours très avenants quand ils nous croisent (et qu'ils nous calculent), toujours un p’tit sourire, la petite vanne qui va bien.

On nous demande "c’est quand mon tour ?", en référence aux interviews à la chaîne que l’on nous a promis. Parce qu’on n’est pas là pour compter les pâquerettes, on a du boulot qui nous attend, des vidéos à faire et un quintal de questions à poser à tout ce petit monde.

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Crédit photo : Delphine Rivet pour BIIINGE

Le principal problème : on ne peut pas rentrer dans les détails de cette saison 5, et les acteurs ne peuvent rien nous raconter à ce sujet. Et puis, pour les filmer, on est priés de cadrer serré, des fois que le costume soit trop révélateur.

Pour Hubert Saint-Macary, Hoodwink dans la série, c’est simple, il a son costard habituel. L’homme est pince sans rire, on sent qu’on a affaire à un bonhomme. Et il est intimidant, ce bonhomme. On lui demande de clore l’interview par un "PINAGE !" de son cru, on ne sera pas déçus. Vous verrez d’ailleurs prochainement le résultat en vidéo sur la page Facebook de BIIINGE.

Gérard Darier, alias Stève, est juste le type le plus gentil de la Terre, le bon gars. Émilie Arthapignet, ou Éléna pour les intimes, répond avec intelligence à nos questions, même les plus connes. Sébastien Lalanne, c’est le genre de type que tu croises une fois et qui se souvient de toi, même deux ans après, et puis bon, c’est Doug quoi.

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Crédit photo : Delphine Rivet pour BIIINGE

Sinon, on a croisé Lionnel Astier, enfin pas tout à fait. On est tombés fortuitement sur son costume, ou plutôt celui de Mac Kormak, qu’on a pris en photo en scred. Antoine Gouy, un ajout récent au casting puisqu’il n’apparaît qu’en fin de saison 4, c’est un peu le mec qui se sert de n’importe quel prétexte pour te faire marrer, un improvisateur né, constamment dans un personnage.

"J'ai failli mourir plusieurs fois sur le tournage d'Hero Corp"

Enfin, Simon Astier, le maître des lieux, qui écrit, réalise et joue dans sa série. C’est l’homme orchestre, comme son frère Alexandre à l’époque de Kaamelott. Du coup, on sent le poids des responsabilités, du stress, de la fatigue, mais aussi, peut-être, du manque d’envie de parler encore à l’un de ses fouineurs de journalistes.

À sa décharge, il vient juste de reprendre le tournage d’Hero Corp après plusieurs mois d’interruption pour des raisons de santé. Il nous le dit sans broncher, et on esquisse un sourire avant de comprendre qu’il est très sérieux : "J’ai failli mourir plusieurs fois sur le tournage de cette série". Ambiance.

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Mais s’il y a bien une chose qui aide toujours Simon Astier à se relever, même quand il est à terre ou découragé après avoir perdu un diffuseur, ce sont les fans. La presse toujours bienveillante avec cet enfant de la balle, a suivi de près les nombreux rebondissements liés à la production d’Hero Corp.

De sa création en 2008 jusqu’à cette saison 5 en préparation, la vie de la série n’aura pas été un long fleuve tranquille. Ici, ce sont les fans, encore eux, qui ont contribué à la ressusciter pour une ultime fournée d’épisodes. En quelques heures, une campagne Ulule lancée pour financer une partie de ce tournage rassemblait plus de 200 000 euros. Une sacrée preuve d’amour !

Du coup, dès que tout sera filmé et monté (les équipes retournent en Charentes Maritimes à la rentrée) Hero Corp reviendra sur France 4 le temps de 9 épisodes de 26 minutes chacun. Pour ce dernier baroud d’honneur, la série change encore de format mais se voit enfin offrir la durée qu’elle mérite, celle accordée traditionnellement aux comédies.

Si la scène que l’on a vue, dans laquelle nos héros se serrent dans un combi VW secoués de toute part avant de gueuler tous en chœur, donne le ton de cette saison 5, on devrait plutôt bien se marrer. Pour le reste, il va falloir patienter et attendre le pitch officiel, pour savoir où cette suite va nous mener. Que faisaient-ils dans ce van, que fuyaient-ils, pour aller où ? On n’en sait rien. Enfin, on a quelques infos mais… on ne sait pas si on peut… c’est beaucoup trop dangereux…

Par Delphine Rivet, publié le 15/07/2016

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