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Vermin, un cop show animé complètement barré au pays des insectes

Par bien des aspects, la nouvelle série digitale de Blackpills évoque Rick and Morty et prouve que l’humour animé se porte bien.

Au-delà des spectacles de stand-up et des sitcoms en apparence increvables, le registre humoristique s’épanouit pleinement grâce aux séries d’animation. Cette dernière décennie, une kyrielle de comédies animées connaissent des jours radieux sur le petit écran, des plus iconiques (Les Simpson conserve la même notoriété au fil du temps) aux plus décalées (Rick and Morty et Archer en ligne de mire). Et d’où viennent ces fictions-là ? Des États-Unis, forcément. Alors quand l’Europe se met à la prod' de séries de cette trempe, on ne peut qu’être curieux.

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C’est ici le cas avec Vermin, série digitale fraîchement rajoutée au catalogue de Blackpills, plateforme de streaming mobile spécialisée dans les formats courts. Réalisé par Alexis Beaumont et Hafid F. Benamar et scénarisé par Balak (qui ont tout trois précédemment bossé sur Les Kassos), ce show timbré nous entraîne dans la vie de Mantos, une mante religieuse candide au possible… qui entame sa carrière de flic au sein d’une décharge publique. Il est alors aidé de Chemou comme partenaire de boulot, une mouche névrosée et sérieusement alcoolo.

D’une durée avoisinant les huit minutes, générique inclus, chaque épisode de Vermin repousse les limites établies par le précédent. Irrévérencieuse comme pas deux, Chemou est un personnage jouissif à suivre tant elle est "je-m’en-foutiste" et se carre complètement de toute forme de bienséance. De son côté, Mantos est l’incarnation même du stéréotype du puceau trop innocent et naïf pour son propre bien. C’est sur la dynamique entre ces deux opposés que la série de Blackpills fonde son humour, et la sauce prend dès le premier chapitre de leurs péripéties.

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En soi, Vermin fait du politiquement incorrect son credo. Les jurons s’enchaînent presque aussi vite que les piques que se balancent les personnages, des insectes parfois libidineux et souvent bien cradingues. Allergiques aux gros mots et sériephiles trop facilement offusqués, passez votre chemin donc. En revanche, si vous kiffez l’univers étendu WTF de Rick and Morty, il y a de grandes chances que Vermin soit votre came. Le duo central, Chemou et Mantos, fait d’ailleurs pas mal écho à celui composé de Morty et son grand-père constamment bourré.

Derrière cette façade délicieusement obscène, Vermin puise son inspiration dans notre société contemporaine défectueuse pour en souligner les travers, et ce via quelques punchlines bien senties. La série a beau être ouvertement vulgaire, elle n’en oublie pas d’avoir un propos. À bien des égards, la déchetterie dans laquelle évoluent les protagonistes de Vermin est une métaphore de notre système occidental. Et ça, ce n’est qu’un de ses nombreux points forts !

Parmi ses autres aspects à valoriser, notons le doublage francophone, diablement efficace grâce aux voix de la rappeuse Casey ou encore de figures montantes de l’humour bleu-blanc-rouge comme Gaël Mectoob ou Monsieur Poulpe. Au bout du compte, Vermin fait partie intégrante de ces séries d’animation où on ne fait pas qu’esquisser un gentil sourire : on s’esclaffe sérieusement.

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La première saison de Vermin est disponible dès maintenant sur mobile via l’application Blackpills.

Par Florian Ques, publié le 17/04/2018

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