Le sublime générique de Flesh and Bone décrypté

La mini-série Flesh and Bone, actuellement diffusée sur OCS, s'est dotée d'un générique mémorable. Décryptage. 

Imaginé par le studio Elastic, qui n'est pas un petit nouveau dans le métier (on leur doit les openings de True Detective, Halt and Catch Fire ou encore Daredevil), le générique hynotique de Flesh and Bone, dont on vous proposait la critiquedévoile toute la beauté du sujet central de la série - la danse classique - en s'appuyant sur trois sens : le toucher, la vue et l'ouïe.

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Au centre du concept, une danseuse se prépare avant de livrer une performance. Elle plonge ses mains dans du talc coloré en rouge (la couleur du sang et du désir), façonne ses chaussons de danse en brûlant les bouts de lacets, en coupant et en grattant la semelle. Viennent se superposer des images stylisées du métro new-yorkais, qui rappelle le quotidien anti-glamour de la jeune femme.

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Sur la voix de Karen O, chanteuse des Yeah Yeah Yeahs qui reprend là le hit "Obsession" (et cette idée qu'il faut être obsédé par la danse pour arriver au top) du groupe Animotion (1984), la danseuse sage laisse place à une experte de pole-dance, évoquant un personnage secondaire de Flesh and Bone qui encanaille notre héroïne Claire Robbins (jouée par Sarah Hay) et la plonge dans le monde feutré des clubs de strip-tease.

Les deux danseuses peuvent aussi représenter la même individualité. C'est toute la sensualité, le mystère et la part de danger dans la danse qui s'exprime.

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Les plans flous de vitraux d'église, de la skyline de New-York, ou encore d'une envolée d'oiseaux se succèdent, en alternance avec la danseuse star, qui continue de préparer son corps avant l'explosion de mouvements. Pour souligner le travail physique douloureux effectué sur le corps, des images subliminales du squelette de la ballerine viennent se superposer.

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On note aussi l'omniprésence d'une partie spécifique du corps de l'athlète, particulièrement primordiale : les pieds. Ils sont bandés, massés, torturés pour se glisser dans les ballerines et obéir à leurs propriétaires, quoi qu'il en coûte.

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Les mouvements aériens de la danseuse, d'une beauté indiscutable, sont contrebalancés avec toutes les superposition d'images rythmées qui n'apparaissent qu'une seconde ou deux ) l'écran : une goutte de sueur, une statue d'ange triste, un oiseau mort...

Comme dans la série, le générique met en avant la dichotomie entre la beauté de la discipline, qui crève les yeux (les scènes de danse sont donc les plus longues); puis la laideur et la souffrance tapis dans l'ombre sous cette perfection, qui apparaissent seulement si l'on prend bien le temps de regarder la vidéo de près, voir d'appuyer sur pause.

Au final, les choix de cet "opening title", aussi bien musicalement qu'au niveau de son concept, n'ont rien de follement originaux. Mais l'ensemble est si bien exécuté que Flesh and Bone parvient sans mal à se hisser parmi les génériques les plus marquants de l'année.

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Crédits photo : ©Starz / Elastic

Par Marion Olité, publié le 01/12/2015