White Gold : une comédie savoureuse avec Ed Westwick en Chuck Bass british

Avis aux amateurs de comédies britanniques et des années 1980, White Gold est une petite perle british dans laquelle Ed Westwick nous fait du charme. Attention, spoilers.

En 1983, un trio de commerciaux sévit à Basildon dans le comté de l’Essex au Royaume-Uni afin d’escroquer le plus d’idiots possible. Les rois de la magouille jouent de leur charme et de leur tchatche naturels afin d’enchaîner les contrats et s’en mettre plein les poches. Ce qu’ils vendent ? Du double vitrage et des plinthes de fenêtres en PVC. Pas très sexy dit comme ça et, pourtant, c’est cette matière en plastique, produite pour pas grand-chose mais vendu au prix fort, que ces commerciaux vont considérer comme de l'"or blanc" à cette époque. Un marché qui permet donc à tout commercial qui se respecte de vivre comme un prince, s’il est bon.

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Dans une ambiance sex, drugs and rock’n’roll, le créateur Damon Beesley, à qui l’on doit la franchise The Inbetweeners, nous entraîne dans ce petit monde anglais déjanté sur lequel règne Vincent Swan. Ce commercial charismatique, interprété par Ed Westwick, est un branleur et beau parleur qui imagine les combines les plus sophistiquées pour avoir sa part du gâteau dans l’industrie. Il peut compter sur l’aide de ses deux acolytes, Brian Fitzpatrick (James Buckley) et Martin Lavender (Joe Thomas), qui l’accompagnent joyeusement dans ses aventures délirantes.

Sex, drugs, PVC and rock’n’roll

© BBC Two / Netflix

Dix ans après l’arrivée de Gossip Girl sur nos écrans, Ed Westwick reprend du service en costume en interprétant un personnage aussi charismatique et baratineur que Chuck Bass. Toujours un sourire narquois affiché sur son visage lisse, Vincent Swan est le héros de cette mini-série britannique. Brisant le quatrième mur pour nous prodiguer quelques conseils avisés à la manière d’un Frank Underwood, le commercial en herbe est un détestable et cynique personnage. Bien que marié et père de deux enfants, Vincent est un coureur de jupons invétéré avec ses deux potes vendeurs qui usent et abusent de l’alcool, des cigarettes et des soirées passées en bonne compagnie.

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La vente de plinthes en PVC n’a rien d’excitant et, ça, les trois compères l’ont bien compris. Pourtant, ce job leur permet de bien remplir leurs poches afin de mener une vie rock’n’roll au bureau mais aussi en dehors. Ce n’est certainement pas leur patron Walshy (Nigel Lindsay) qui va les empêcher de s’éclater et de s’adonner à d’autres activités professionnelles, telles que des photos et vidéos coquines ou des copies de cassettes VHS, pour gagner toujours plus d’argent. Malgré des revenus importants, Vincent ne semble pas vouloir passer plus de temps que ça avec sa famille, ce que lui reproche sa femme Sam (Linzey Cocker).

Cette dernière, libre et indépendante, ne se laisse pas faire par Vincent et finit même par demander le divorce. Il ne manquait plus que l’arrivée de l’inspectrice des impôts, Miss Barnes (Lorraine Bruce), dans le comté pour ruiner la vie de Vincent. Désemparé, il s’enfonce un peu plus dans ses magouilles compliquées pour se sortir de cette situation et ne pourra s’empêcher de profiter de ses privilèges. En plus de s’éclater en soirée avec ses potes et des prostituées, à grand renfort de coke, Vincent couche aussi avec la maîtresse d’école de son fils Robbie.

Si Vincent mène la danse dans White Gold, les autres personnages ne sont pas en reste. Ses compères, Fitzpatrick et Lavender, ont chacun des caractères bien trempés et un humour sans pareil. Le premier est un pauvre type misérable et marié à une femme violente, qui se cache derrière ses blagues vaseuses, tandis que le deuxième est un gendre idéal et ancien guitariste qui aurait pu connaître le succès avec Paul Young en tête des charts de Top of the Pops. Le trio est très soudé malgré leurs différences mais ne peut s’empêcher de s’envoyer les pires vacheries et surtout de se faire des canulars potaches pour notre plus grand plaisir.

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La joyeuse bande travaille à Fenêtres Cachet avec à sa tête le boss Walshy, un type un peu bourru complètement à côté de ses pompes. Le poseur de fenêtres, lui, est un gros nounours un peu pervers qui ressemble étrangement à Hodor de Game of Thrones. Quant à la secrétaire Carol (Lauren O’Rourke), elle est complètement perchée et nous offre des moments de quiproquos et de dialogues de sourds hilarants. Enfin, les enfants de Vincent ont aussi droit à des scènes délicieuses, l’aînée Natalie étant aussi cynique que son père, qu’elle appelle par son prénom, tandis que son frère Robbie est un grand rêveur naïf.

© BBC Two/Netflix

Quand Vincent pense que toute la ville de Basildon est contre lui, à force de prendre les gens pour des cons, il va piéger son boss Walshy en s’associant avec Ronnie (Lee Ross), l’industriel le plus riche de tout le comté. Planter un couteau dans le dos de celui qui le fait bosser ne pose aucun problème à Vincent, sauf qu’il va vite se rendre compte qu’il n’est pas aussi malin qu’il le croyait. Ronnie lui fait miroiter le poste de directeur de son entreprise Windows Cachet pour mieux le piéger. Évidemment, on attend de lui une vengeance des plus savoureuses.

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Grâce à une réalisation maîtrisée et des décors et des costumes splendides, White Gold nous donne envie de remonter le temps afin de vivre dans les années 1980. Mais c’est surtout la bande-son new wave et pop rock, de Depeche Mode à Orchestral Manoeuvres in the Dark, en passant par Eurythmics, Duran Duran et The Clash, qui rythme merveilleusement les épisodes et nous fait ressentir la vibe libertaire des eighties. Même si les comportements de nos héros antipathiques laissent souvent à désirer, l’intrigue de White Gold est très alléchante et les dialogues, intelligemment écrits, font mouche.

Le personnage de Vincent est un savoureux mélange entre Don Draper de Mad Men et Chuck Bass de Gossip Girl, même s’il est irrécupérable et condescendant avec ses congénères. Tout ce qu’il veut c’est réussir, gagner de l’argent à foison, vivre dans l’excès et acquérir une maison dans un quartier pavillonnaire pour s’éloigner des prolétaires, comme il le dit si bien. À la fin de la saison, il promet cependant à sa femme de ne plus lui mentir, mais "chassez le naturel, il revient au galop", Vincent nous regarde face caméra et nous lance un "chut" annonciateur de nouvelles péripéties hilarantes. Tout au long de la saison, Ed Westwick aura livré une brillante interprétation, pleine d’autodérision.

La première saison de cette série excentrique et franchement drôle, composée de six épisodes de trente minutes, se boit comme du petit-lait. On a à peine le temps de se plonger dans l’ambiance déjantée des tribulations de Vincent et compagnie que la série est déjà finie. Heureusement pour nous, selon Express UK, BBC Two a annoncé en juin dernier que White Gold aurait droit à une deuxième saison, de six épisodes également, en 2018. Le Chuck Bass british des années 1980 a encore de beaux jours devant lui.

La première saison de White Gold est disponible en intégralité sur Netflix.

Par Mégane Choquet, publié le 20/09/2017

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