Tombez en (poly)amour avec You Me Her, la rom com aventureuse de Netflix

Ou quand le triangle amoureux devient un véritable trio amoureux.

Portland, États-Unis. Ses bars old school, ses immenses parcs boisés et... ses "trouples" ? Avec un ton rafraîchissant et des acteurs convaincants, You Me Her (traduit dans notre Hexagone sous le titre Toi, moi et elle) se joue des codes de la rom com classique tout en y agrémentant une dimension contemporaine. Outre les plans à trois parfois gratuits ça et là (Gossip Girl, House of Cards), rares sont les séries à sortir des sentiers battus pour parler des alternatives au couple traditionnel hétéronormé. La dernière acquisition de Netflix est là pour changer la donne.

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L'un est le doyen-adjoint dans une université du coin, l'autre est une architecte talentueuse. Mariés depuis des années, Jack et Emma sont tombés dans une navrante routine et peinent à raviver la flamme des débuts. En dépit de consultations avec une thérapeute, rien n'y fait. Sur les conseils de son frère, Jack fait appel aux services d'une escort-girl, Izzy. Démarre alors une idylle troublante où ces trois individus vont découvrir que l'amour ne se conjugue pas que d'une seule manière.

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Le triangle amoureux existe depuis des lustres et demeure encore aujourd'hui un trope du monde sériel. Des hits comme The Walking Dead, True Blood ou encore The Vampire Diaries ont tous eu recours à ce ressort usé de l'œuvre fictionnelle. Pourtant, aucun n'a osé le triangle complet où l'attirance est partagée entre les trois partis. You Me Her inverse cette tendance et le fait avec une sincérité déconcertante.

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Un "trouple", c'est audacieux. Un "trouple" avec un homme et deux femmes l'est encore davantage. La série devait suffisamment bien jouer ses cartes pour ne pas tomber dans le piège du "male gaze", soit ici deux femmes qui fricotent ensemble pour satisfaire le fantasme d'un homme. Fort heureusement, cela est très rapidement évité. Le développement de l'attirance entre Emma et Izzy, les deux protagonistes féminins du show, ne fait pas fake. Leur relation n'est jamais surexposée ou sursexualisée. A contrario, leur rapprochement est peut-être celui qui paraît le plus crédible et naturel.

Mais en dépit de son pari audacieux d'introduire la notion de polyamour, You Me Her n'est pas aussi originale qu'on pourrait le croire. Esthétiquement, elle n'a pas pour vocation de nous en mettre plein les yeux. La réalisation fait davantage écho à un téléfilm diffusé sur M6 les mercredis après-midi qu'à une œuvre véritablement subversive. Grosso modo, le visuel passe-partout de You Me Her contraste avec sa thématique plutôt avant-gardiste. D'une part, c'est dommage. De l'autre, il est possible de voir ça comme un parti pris, à savoir celui d'accorder à ce trio amoureux atypique le même traitement qu'un couple banal dans les comédies du même genre.

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La série se repose donc sur un traitement conventionnel alors même que la love story dépeinte est tout le contraire. En seulement dix épisodes, You Me Her a néanmoins plusieurs choses à dire sur les relations amoureuses du XXIème siècle. Étonnamment, sa force ne réside pas dans ces trois tourtereaux mais bel et bien dans ses personnages secondaires. L'amitié presque sororale entre Izzy et sa colocataire Nina s'avère particulièrement attendrissante. Dans la même veine, la voisine et confidente d'Emma hérite des meilleures répliques, venant parfois éclipser les enjeux de l'épisode.

Résultat des courses, You Me Her présente une histoire d'amour osée (car inédite, et souvent niée par la société dans son ensemble) tout en bénéficiant d'un traitement identique aux comédies romantiques du grand écran, façon Love Actually ou Nuits blanches à Seattle. Sans être aussi irrévérencieuse qu'une You're the Worst ou aussi colorée qu'une Jane the Virgin, ce divertissement sincère mérite le coup d'œil.

La première saison de You Me Her est disponible sur Netflix, tandis que la seconde est en diffusion depuis le 14 février outre-Atlantique sur Audience Network

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Par Florian Ques, publié le 21/02/2017

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