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On a parlé ovnis et trône de Fer avec Aidan Gillen, héros de Project Blue Book

Biiinge a pu rencontrer Aidan Gillen, inoubliable Littlefinger dans Game of Thrones, qui chasse maintenant les ovnis dans sa nouvelle série, Project Blue Book.

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Biiinge | Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce projet ? Êtes-vous un amateur d’affaires sur les ovnis ?

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Aidan Gillen | Rencontres du Troisième Type est l’un des films qui m’a le plus marqué quand j’étais jeune. Il est arrivé quelques années après Star Wars mais je l’ai préféré. Je l’ai trouvé plus intéressant et ce type de science-fiction m’a paru plus crédible. Steven Spielberg a été inspiré par le travail de Josef Allen Hynek [astrologue et ufologue célèbre, ndlr], qui relatait des faits historiques en rapport avec les ovnis. Project Blue Book est le nom d’un de ses livres, et c’est lui que je joue dans la série. J’avais conscience de qui il était et ça a donc été au cœur de mon envie de m’impliquer.

L’époque a aussi joué. L’histoire se déroule dans les années 1950 et j’avais envie d’explorer ce style de vie américain. Et évidemment, tout simplement, les personnages et l’histoire m’ont donné envie, je les ai trouvés forts. J’ai eu le sentiment que j’avais un script solide en main. Et c’est ce qui importe le plus, l’histoire.

Enfin, ça fait un moment que l’on me recrute pour un certain type de rôle. J’avais envie de m’éloigner le plus possible de personnages comme Littlefinger, dans Game of Thrones, que j’ai incarné pendant 7 ans. C’est agréable d’interpréter un personnage qui n'est pas une crapule mais qui est tout aussi intelligent.

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Les deux personnages sont différents, mais comme Littlefinger dans GoT, Allen évolue dans un monde peu sûr, peuplé de gens qui font de la politique et qui se manipulent…

Oui, c’est vrai ! Il y a des similarités dans leurs métiers mais ils sont aussi très différents. En apparence, Josef peut sembler solitaire et obsédé par son travail, ce qu’il était un peu en réalité. Mais la grande différence c’est que Josef est un homme dévoué à sa famille. Il dégage une vraie chaleur. Ses enfants en ont témoigné dans la vraie vie. Après, oui, il évolue dans un environnement dangereux. Et il nage au milieu d’une ambiance conspirationniste. La série appartient au genre du thriller. C’est un drama donc on s’attend à être accrochés, sur ses gardes.

"J’avais envie de m’éloigner le plus possible de Littlefinger dans Game of Thrones"

J’imagine que vous avez effectué des recherches pour incarner Josef Allen Hynek. Qu’est-ce qui vous a le plus frappé dans sa personnalité ?

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Sa bienveillance envers les autres, sa façon méthodique de penser, le fait qu’il n’ait jamais accepté de suivre la ligne du parti alors qu'il avait été recruté par le gouvernement. Il est resté droit dans ses bottes, même quand il était considéré comme le leader de l’ufologie. Ce qui l’amenait à dire à des officiels comme à des fans d’ufologie qu’il n’était pas d’accord avec eux et leurs théories.

Il ne pensait pas qu’il y avait des vaisseaux extraterrestres sur Terre par exemple, mais il était convaincu qu’il y avait quelque chose et il essayait de le prouver par la science, de démontrer que ces phénomènes étaient réels. Il ne pouvait pas dire avec certitude ce dont il s’agissait. Ses théories les plus plausibles ont évoqué des dimensions parallèles, des possibilités de voyages à travers le temps et des phénomènes psychiques.

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La dynamique de votre personnage qui croit en la présence extraterrestre avec ce jeune militaire sceptique m’a évoqué celle de Mulder et Scully dans X-Files.

Oui, c’est une dynamique plutôt classique dans un drama. Sur un duo d’enquêteurs, on fait face à des frictions car les deux ont des méthodes radicalement différentes, mais ils ont besoin l’un de l’autre. C’est un trope mais on a le droit de l’utiliser, tout simplement parce que ça marche très bien. Je ne connais pas très bien X-Files en fait. J’ai plutôt pensé à The Hardy Boys/Nancy Drew Mysteries. J’adorais ce genre de séries quand j’étais enfant. J’ai grandi avec. Elles avaient ce côté un peu old school mais aussi réconfortant. On n'en trouve plus beaucoup dans la télévision moderne car tout est devenu très romanesque, esthétique, malin. Ce qui est super, et je regarde ces séries-là aussi.

C’est vrai qu’il se dégage quelque chose d’old school avec Project Blue Book. Et en même temps, ne pensez-vous pas qu’elle dit aussi quelque chose de notre société actuelle ? C’est une série sur la recherche de la vérité….

Oui, il y a aussi le sujet de la propagande, qui a toujours été utilisée par le pouvoir en place. Donc oui, il y a une pertinence dans le propos qui peut résonner avec l’actualité. Un gouvernement agira toujours dans son propre intérêt, et il essaiera toujours de contrôler le peuple, d’une manière ou d’une autre, que ce soit en retenant l’information, ou par des techniques pour créer la peur. Il y a sûrement des comparaisons à faire, mais nous ne cherchons pas à faire passer un grand message à ce niveau-là avec Project Blue Book. Disons que ça fait partie du tableau, mais l’important, c’est l’histoire et les mystères.

Sean Jablonski, qui est le showrunner de la série, soulevait ce point intéressant : il disait que ce n’est pas seulement une recherche de l’autre, mais aussi une quête identitaire. Il y a quelque chose de plus personnel dans cette histoire.

"Il y a forcément d’autres formes de vie dans l’Univers que celle que l’on connaît sur Terre"

Quel a été le plus gros challenge à relever pour vous sur ce show ?

J’imagine que ça a été de trouver le bon planning pour tout le monde. On avait beaucoup de chose à faire sur une période raisonnable mais il ne fallait pas traîner. Il y avait plusieurs lieux de tournages et il fallait reconstituer les années 1950 et raconter plusieurs histoires impliquant des ovnis, ce qui n’est pas simple quand vous n’avez pas des centaines de millions de dollars. Ce qui était dur aussi, c’était de conserver la même énergie tous les jours, tout en ne rentrant pas dans une routine qui aurait pu rendre mon personnage ennuyeux. Et en même temps, j’incarne un homme calme, qui n’explose jamais. Donc il fallait garder tout cela intéressant, et c’est un challenge en soi.

Vous êtes partant pour une deuxième saison si elle est commandée ?

Oui, bien sûr ! L’idée est de faire plusieurs saisons.

Personnellement, pensez-vous que les extraterrestres existent ?

Je pense qu’il y a forcément d’autres formes de vie dans l’Univers que celle que l’on connaît sur Terre. Est-ce qu’on réussira à communiquer avec ces frères et soeurs de l’Univers dans un futur proche, disons de mon vivant ? C’est très peu probable. Mais est-ce que je crois en ces phénomènes, et au fait que des gens pensent avoir vu des choses inexplicables ? Oui, absolument. Je ne sais pas ce que les gens ont vu, parfois ce sont des canulars ou de mauvaises interprétations, mais il y en a quand même un sacré paquet.

Je ne peux pas vous laisser filer sans aborder Game of Thrones, dont la dernière saison arrive cette année. Qui va finir sur le trône de Fer selon vous ?

On me pose tout le temps cette question [rires, ndlr] ! Vous savez, je suis du genre nihiliste donc vous n’aurez pas une réponse super concluante de ma part. Tout ce que je souhaite, c’est que la fin soit surprenante et imprévisible. C’est d’ailleurs l’une des raisons du succès de Game of Thrones, tous ces twists, ces chocs, la tournure que prend l’histoire… Il faut que ce soit quelque chose de frais et d'inattendu. Je ne sais pas ce que ça peut être et je n’ai pas vraiment de favori. En même temps, je vous rappelle que vous posez la question à un mort [rires, ndlr] !

Par Marion Olité, publié le 16/01/2019

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