©ABC

Grey's Anatomy a permis de sensibiliser l'opinion aux agressions sexuelles

Une étude a été menée après la diffusion de l'épisode "Silent All These Years".

En mars dernier était diffusé un épisode particulièrement puissant de la saison 15 de Grey’s Anatomy. "Silent All These Years" (S15E19) suivait Abby (incarnée par Khalilah Joi), patiente admise au Grey Sloan Memorial Hospital après avoir été violée. À la fin de l’épisode, magistral, Ellen Pompeo, le visage de la série médicale à succès, invitait les victimes de violences sexuelles à prendre contact avec l’organisme RAINN (Rape, Abuse and Incest National Network).

Une étude menée par l’Oklahoma State University et publiée dans le magazine JAMA Internal Medicine le 2 décembre dernier a prouvé que cet épisode a participé à sensibiliser les Américain·e·s aux agressions sexuelles. Après sa diffusion, les termes "RAINN" et "viol" ont augmenté de 41 % et 8 % sur les moteurs de recherche Internet. Les tweets mentionnant "sexual assault hotline" ("ligne téléphonique agression sexuelle") et "RAINN" ont augmenté de plus de 1 000 %. Dans les 48 heures qui ont suivi la diffusion de "Silent All These Years", les appels à RAINN ont augmenté de 43 % selon l’organisation.

Publicité

L’auteur principal de l’étude, Trevor Torgerson, a expliqué à Yahoo, à propos de l’épisode et du message d’Ellen Pompeo :

"On s’est demandé si Hollywood montrait ces ressources disponibles, est-ce que les gens les utiliseraient vraiment ? L’épisode a dépeint une saisissante représentation [de la violence sexuelle, ndlr] mais il a aussi fait un pas de plus."

L’hypothèse est posée : les séries et émissions de télévision pourraient sensibiliser davantage le public en mettant en scène des personnages qui utilisent une ligne d’urgence en temps réel.

Publicité

Dans “Silent All These Years", Abby hésite à déclarer le crime dont elle a été victime à la police, par peur de ne pas être crue (sur ce sujet, on ne peut que vous conseiller chaudement la série Unbelievable sur Netflix). Elle est finalement convaincue par Jo, victime dans le passé d’un mari abusif. On la suit alors qu’elle accepte de passer l’examen médico-légal pour agression sexuelle (le fameux "rape kit", "kit de viol"), qui permet de collecter des traces d’ADN. À chaque étape, les médecins présents demandent son consentement à Abby, tandis que Jo lui tient la main.

Elle doit finalement subir une opération chirurgicale pour réparer une déchirure dans son diaphragme. Après qu’Abby a expliqué que voir un visage d’homme lui rappelle son violeur, les femmes de l’hôpital se réunissent dans le hall pour lui créer un espace sécurisant, un "mur de femmes", qui la conduit vers le bloc opératoire.

“What you did today, with Abby, that was not protocol… It should be.” #GreysAnatomy pic.twitter.com/9mZc2G6vQq

— Greys Anatomy (@GreysABC) March 29, 2019

Publicité

Shonda Rhimes et la showrunneuse Krista Vernoff ont dû batailler pour que cet épisode soit diffusé tel quel sur ABC. La première a refusé de se conformer aux habituelles recommandations du département "Standards and Practices" de la chaîne, qui souhaitait par exemple que ne soient pas montrés les fluides corporels dans la scène d’examen. La deuxième a expliqué que cet arc narratif lui a été inspiré par le témoignage de Christine Blasey Ford en 2018, qui a accusé Brett Kavanaugh d’agression sexuelle. Ce dernier a nié les faits et est désormais juge à la Cour suprême des États-Unis.

En France, Grey’s Anatomy est diffusée sur TF1.

Par Marion Olité, publié le 05/12/2019