Le tournage des saisons 3 et 4 de Skam France est bouclé et on y était

Après deux saisons passées plus ou moins en retrait, l’heure est venue pour Imane et Lucas d’accaparer l’attention des caméras du Skam français.

© France Télévisions

C’est en plein cœur de Montreuil, en périphérie de la capitale, que je me rends un mercredi matin. Nous sommes en plein milieu du mois de novembre et, même s’il faisait un temps de chien les jours précédents, le soleil est au rendez-vous. En parlant de rendez-vous, je suis attendu dans un studio du 93, où sont tournées plusieurs scènes de la quatrième saison de Skam France. Après un café serré – qui a failli me cramer la trachée mais who cares – et un bref état des lieux, j’aperçois un petit troupeau de personnes entrer dans la cour principale du bâtiment.

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Parmi ce groupe de caméramans, preneurs de son et autres corps de métier que je n’identifie pas dans la seconde, je reconnais le visage d’Assa Sylla. Rayonnante, l’interprète d’Imane – à savoir la version francophone de Sana dans le Skam scandinave – n’a pas le temps de se poser qu’une nouvelle scène doit être tournée ici même, dans la cour où l’équipe technique prend ses marques. David Hourrègue, réalisateur de la série, donne ses instructions finales, à la fois ferme et chaleureux. L’ambiance est à l’image de Skam France, bienveillante et bon enfant.

Après avoir assisté au tournage du passage en question – et, parallèlement, avoir pris conscience des efforts et de la patience requis pour ne tourner qu’une seule courte scène –, je parviens à m’isoler pour échanger quelques mots avec Assa Sylla. "Au début, personne n’était très emballé, ce qui est normal quand on est habitué à la série norvégienne, évoque la jeune comédienne. Puis au fil des épisodes, le public a commencé à s’attacher et là, ça me met une pression." Si cette saison 4 est particulièrement attendue au tournant, c’est bien parce qu’elle se focalise sur un personnage musulman et voilé, ce qui est rare à la télévision hexagonale – et encore, c’est un euphémisme.

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"L’islam, c’est important mais c’est délicat à aborder, concède-t-elle. J’appréhendais beaucoup au début car j’ai envie que la communauté musulmane puisse se reconnaître et qu’on s’éloigne au maximum des clichés." Une volonté entérinée par David Hourrègue, qui a mis un point d’honneur à prendre le contre-pied des idées reçues concernant les femmes voilées. Pour ce faire, il a mis en place une méthode très simple, qu’il a lui-même volontiers détaillée :

"On a beaucoup parlé avec les auteurs et on s’est rendu compte qu’on était plutôt inaptes à savoir ce qu’il se passe vraiment dans la tête d’une adolescente portant le voile. De mon côté, j’ai rencontré une quinzaine de jeunes femmes voilées afin de me confronter à une évidence : c’est qu’il n’y a pas une femme voilée type. […] Même si la Sana norvégienne vivait des choses compliquées, ce n’est rien comparé à ce qu’il se passe en France. Sans vouloir tomber dans la condamnation, il s’agissait juste de montrer sans fard ce qu’il se passe chez nous et laisser les gens réfléchir."

Ceux qui suivent assidûment Skam France ne sont pas sans savoir que seulement deux saisons ont été jusqu’ici diffusées. Ainsi, si on parle présentement de la quatrième, c’est surtout parce que les saisons 3 et 4 ont été filmées l’une à la suite de l’autre. Le tournage a débuté à l’aube du mois d’octobre et s’est étendu sur une durée d’environ deux mois : autant dire que c’est un rythme effréné, d’autant plus à l’échelle française où on a la fâcheuse tendance d’opter pour des tournages à rallonge quand il s’agit de séries.

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Plus tard, pendant la pause déjeuner de l’équipe, je prends quelques minutes pour échanger davantage avec David Hourrègue quant à la saison 3. Les inconditionnels du Skam originel savent que cette salve d’épisodes est celle qui a fait le plus parler d’elle lors de sa diffusion en Norvège. Elle s’intéressait à l’histoire d’amour passionnelle entre Isak et Even, nouvel arrivant au bahut. Cette saison traitait de diverses thématiques délicates et socialement pertinentes, comme l’homosexualité, le coming out ou encore la bipolarité.

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Chez le réalisateur de Skam France, l’inquiétude était palpable. "J’avais plusieurs doutes, confie-t-il. Déjà, quand tu vois la saison 3, tu n’as aucune envie d’aller t’y frotter. On s’attaque objectivement à la meilleure saison de Skam. Elle a une espèce de pureté, de vérité de l’instant". Il est vrai que cette cuvée, plus que les précédentes, dépeint une attirance ardente entre deux personnages qu’il est souvent difficile d’expliquer avec des mots. "Ceux qui pensaient qu’on serait un peu timides sur l’affaire vont être surpris, on s’est vraiment lâchés", rajoute-t-il.

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L’étape la plus complexe fut, sans surprise, le casting. Si la production refuse de dévoiler l’identité de son interprète pour conserver un certain effet de surprise, le fameux Even français, qui s’appellera Elliot chez nous, a déjà une réputation qui le précède. "Quand il pose son regard sur vous, il a cette façon d’abolir toute espèce de distance et de créer un climat d’intimité immédiat, tease David Hourrègue. On a vu deux personnes au bout du compte pour l’incarner et ça a pris presque trois mois pour le trouver."

La pause déjeuner se clôt, l’équipe file récupérer son matériel pour reprendre ce tournage éclair. Avant de s’éclipser, le réalisateur n’oublie pas de nous mettre l’eau à la bouche : "J’ai très sincèrement l’impression que les deux premières saisons servaient à poser des bases. On avait encore le cul entre deux chaises, mais le Skam France arrive vraiment maintenant". Bien que France Télévisions n’ait pas encore été officialisé la date de retour, on mise sur début 2019.

Les deux premières saisons de Skam France sont disponibles sur France TV Slash.

Par Florian Ques, publié le 18/12/2018

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