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Aisha Dee, aka Kat dans The Bold Type, dénonce le manque de diversité dans la série

Publié le

par Delphine Rivet

© Freeform

La jeune actrice s'est inspirée de son personnage pour réclamer plus de diversité derrière la caméra, notamment à l'écriture.

Saluée pour son inclusivité à l’écran et ses storylines engagées, The Bold Type a, semble-t-il, encore quelques efforts à fournir de l’intérieur. Aisha Dee, qui interprète Kat, la directrice, queer et féministe, des réseaux sociaux du magazine Scarlet, a en effet relevé ce paradoxe dans un long post Instagram. Elle y dénonce le manque de diversité, si chère à son héroïne dans la série, derrière la caméra.

L’actrice, née en Australie, explique avoir grandi dans les années 1990, dans un milieu très blanc et conservateur, où elle se sentait bien souvent comme une paria. C’est dans les arts, la télé, les films, la poésie ou la musique, qu’elle a finalement trouvé le reflet d’elle-même qu’elle avait tant espéré : "Un refuge où tout ce qui fait de moi une femme noire pouvait être célébré. […] Ça semble cliché, mais les personnages de ces histoires étaient mes ami·e·s, ils et elles me faisaient me sentir moins seule."

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Elle explique que le personnage qu’elle incarne dans The Bold Type a changé sa vie pour le meilleur.

"Pour la première fois de ma carrière, je pouvais jouer un personnage qui avait sa propre histoire. Elle n’était pas juste la meilleure amie de l’héroïne blanche. Elle était puissante et sûre d’elle, elle explorait son identité queer à cœur ouvert, ce qui a été accueilli avec amour et bienveillance par ses amies. Kat Edison : sans complexe, franche, courageuse, la femme que j’avais toujours rêvé d’être. […] Je suis fière d’appartenir à quelque chose qui a inspiré, fait bouger les lignes, bousculé les attentes et démarré des conversations."

Ainsi, Aisha Dee, inspirée par Kat, appelle à plus de diversité dans la salle d’écriture et derrière la caméra de The Bold Type, histoire d’aller au bout des principes mis en avant dans la série.

"Que ferait Kat ? Elle prendrait position, non seulement pour elle, mais aussi pour toutes les autres personnes marginalisées, afin d’être actrice du changement. Je suis prête à pousser encore plus et parler toujours plus fort pour ce qui compte à mes yeux : la diversité que l’on voit devant la caméra devrait se refléter dans la diversité créative de l’équipe qui opère derrière la caméra. Il a fallu attendre deux saisons pour avoir une seule personne de couleur dans la writers’ room de The Bold Type.

Et même là, la responsabilité de parler pour toute l’expérience de la communauté noire ne devrait pas reposer sur une seule personne. Nous avons raconté l’histoire d’une femme noire et queer et d’une femme lesbienne et musulmane qui tombent amoureuses, mais on n’a jamais eu la moindre personne queer, noire ou musulmane en salle d’écriture. En quatre saisons (48 épisodes), une seule femme noire a réalisé deux épisodes."

Aisha Dee évoque ici un vieux tabou : celui selon lequel les histoires des minorités de genre, de sexe ou d’origines ethniques, sont plus authentiques quand elles sont écrites par les personnes concernées. De nombreux exemples abondent en ce sens et il n’est plus possible de nier l’intérêt d’avoir une multitude de voix pour raconter des expériences et des personnages plus variés. La diversité est une richesse, dont les salles d’écriture des séries auraient tort de se priver. On laisse le mot de la fin à Aisha Dee :

"Je critique, parce que ça me tient à cœur, parce que j’étais en première ligne pour constater l’incroyable impact de cette série et parce que je crois en son potentiel pour devenir meilleure."

Les trois premières saisons de The Bold Type sont disponibles sur Prime Video. La quatrième, actuellement diffusée aux États-Unis sur Freeform, est encore inédite en France.

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