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Disney entre dans l'histoire avec son premier personnage principal LGBTQ+

Publié le

par Marion Olité

©DisneyChannel

Et c'est dans le dessin animé The Owl House, baptisé Luz à Osville en français.

La réticence de la conservatrice Disney à proposer des personnages queer dans ses productions (tout comme des personnages racisés) était bien connue et dénoncée depuis longtemps. Au point qu’il fallait s’imaginer que certains personnages récents (oui, on parle de toi, La Reine des Neiges) et leur hymne ("Libérée, Délivrée"…) pouvaient être interprétés comme queer

Avec le dessin animé The Owl House, les choses sont claires. La firme aux grandes oreilles a enfin décidé d’évoluer avec son temps et de prendre en compte les différentes orientations sexuelles qui existent et se manifestent dès l’enfance, d’où l’importance d’une représentation pour les bambins queer, qui ont besoin, comme tous les autres bambins, de voir des histoires les représenter pour pouvoir s’y identifier et se sentir à leur place dans ce monde. 

Lancé en janvier 2020 sur Disney Channel (et en avril 2020 sur Disney Channel France) par Dana Terrace, Luz à Osville raconte les péripéties d’une ado de 14 ans, d’origine dominico-américaine. Enthousiaste et assurée, elle tombe par hasard sur un portail lui ouvrant accès à un monde magique. Elle rencontre alors Eda, une sorcière rebelle qu’elle admire, et King, un guerrier adorable malgré lui ! Rêvant de devenir elle-même un jour une sorcière (eh oui, les temps ont changé chez Disney !), Luz va devenir l’apprentie d’Eda au Manoir de la chouette, trouvant au passage une nouvelle famille dans cet univers étrange, où elle devra aussi combattre toutes sortes de démons. 

Au fil des épisodes, l’ado se lie avec l'une de ses camarades de classe, Amity. La relation a été confirmée dans l’épisode diffusé ce dimanche 16 août sur Disney Channel, "Enchanting Grom Fright". Luz devient ainsi le premier personnage principal LGBTQ+ d’une production Disney, et le premier personnage bisexuel au passage. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour la communauté LGBTQ+, ça veut dire beaucoup. La plus célèbre firme d’animation, qui offre du divertissement aux enfants depuis les années 30, participant ainsi à former leur esprit, a décidé de donner son feu vert à une romance queer non plus vaguement suggérée ou sujette à interprétation, mais bien assumée. 

Bienvenue en 2020, Disney

Sur Twitter, Dana Terrace a célébré cette victoire en ces termes : 

"Quand j’ai commencé à développer Owl House, j’avais en tête de faire un épisode bal de promo pour compenser mes propres expériences. À l’époque, PROM était un anagramme pour "Perennial Ritual Offering Maiden" [on peut traduire par "rituel perpétuel offrant la jeune première", ndlr]. Je suis incroyablement reconnaissante envers l’équipe qui a travaillé à la réalisation de cet épisode si badass.

Lors du développement, j’ai été très claire sur mon intention de mettre des enfants queer dans le cast principal. Je suis une mauvaise menteuse, alors tenter de filouter aurait été difficile ! Quand nous avons eu le feu vert, certains dirigeants de Disney m’ont dit que je ne pouvais représenter aucune forme de relation bi ou gay sur la chaîne.

Je suis bisexuelle ! Je veux écrire un personnage bi, bon sang ! Heureusement, mon obstination a payé et maintenant, je suis très soutenue par la direction actuelle de Disney (merci @NashRiskin et l’équipe !). Sans parler de ma géniale équipe.

La représentation, ça compte ! Battez-vous toujours pour faire ce que vous voulez voir ! Alors que OH continue, j’ai hâte d’explorer les choses qui sont importantes pour moi et mon équipe. J’attends avec impatience le prochain chapitre… qui est la semaine prochaine dans Wing it like Witches !
Merci de regarder ! #TheOwlHouse " 

Le GLAAD – l'observatoire de la représentation des LGBTQ+ à la télé américaine – s’est aussi félicité de cette annonce sur Twitter. 

"Nous sommes enthousiasmés par le fait que la nouvelle série animée de Disney Channel, #TheOwlHouse, raconte une histoire incluant les LGBTQ et présente un monde inclusif, juste, précis et adapté à l’âge des personnages." 

Évidemment, Dana Terrace n’a pas été la première à vouloir créer des personnages queer dans un dessin animé Disney. Alex Hirsch, le créateur de Souvenirs de Gravity Falls, avait lui aussi voulu le faire. Mais en 2012, la censure fut immédiate et on lui a interdit d’écrire un protagoniste LGBT. Sur Twitter, il se réjouit néanmoins que la firme ait fini par changer d’avis sur la question. Il félicite la showrunneuse de Luz à Osville et même Disney, qui cette fois, "a fait quelque chose de bien"

Sur le long terme, une meilleure représentation de personnages queer dans les dessins animés jeunesse permettra de normaliser leur présence auprès de tous les enfants, adultes de demain qui pourront alors peut-être (rêvons ensemble !) bâtir une société plus inclusive.  

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