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Josh Thomas, le créateur de Please Like Me, revient avec Everything's Gonna Be Okay

Le showrunner australien signe là encore une dramédie familiale décalée et pleine de sincérité. On en redemande.

Parce qu’il n’y a pas que les fictions américaines dans la vie, une série confidentielle tout droit venue du pays des kangourous avait retenu notre attention au milieu des années 2010 : Please Like Me. En une trentaine d’épisodes top chrono, cette semi-autobiographie s’est imposée comme un mélange brillamment dosé entre comédie excentrique et drame larmoyant. Son créateur, Josh Thomas, propose un cocktail peu ou prou similaire avec sa nouvelle série, Everything’s Gonna Be Okay.

Dans cette production purement états-unienne, le showrunner australien se met en scène sous les traits de Nicholas, un entomologiste dans la vingtaine de passage aux States pour rendre visite à son père, lequel a fondé une deuxième famille là-bas depuis très longtemps. Léger bémol, ledit daron meurt d’un cancer foudroyant dès le premier épisode… et Nicholas devient alors le tuteur de ses demi-sœurs encore mineures : Matilda, lycéenne pétillante se situant sur le spectre de l’autisme, et Genevieve, 14 ans et en douce rébellion contre la société.

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Depuis plusieurs années, la chaîne câblée Freeform prône la diversité et la modernité à travers ses nombreuses fictions originales, de Good Trouble à The Bold Type. À sa manière, Everything’s Gonna Be Okay se situe dans cette trajectoire d’inclusion, dépeignant une famille hors norme. Et malgré un postulat de base résolument déprimant, la série ne se mue jamais en tire-larmes gratuit, faisant de ses moments les plus lourds des séquences toujours empreintes d’humour et de légèreté.

Pour ça, on remercie l’écriture fine et singulière de Josh Thomas. D’ailleurs, son alter ego à l’écran, Nicholas, fait forcément écho au personnage qu’il incarnait dans Please Like Me : plutôt hermétique aux effusions trop sentimentales, pas très à l’aise en société et, globalement, awkward en toutes circonstances… les similitudes sont plurielles. En définitive, les aficionados de la pépite australienne qui l’a révélé ne devraient donc pas être dépaysés.

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Sans surprise, la force de Everything’s Gonna Be Okay réside dans l’humanité de ses protagonistes, toujours faillibles et touchants jusque dans leurs pires moments. On pense à ce moment où Matilda, très justement interprétée par l’actrice également autiste Kayla Cromer, décide de picoler jusqu’à l’ivresse et avoue, dans une tirade poignante, qu’elle pleure fréquemment dans son placard car elle n’arrive pas à faire le deuil de leur père. Et s’il ne sait pas comment réagir face à cette révélation, Nicholas montre son affection autrement : chaque soir et à chaque fin d’épisode, il se rend dans la chambre de ses demi-sœurs, dormant au pied de leur lit comme pour veiller sur elles.

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Au-delà de la dimension familiale, Everything’s Gonna Be Okay met en exergue une relation homosexuelle, en l’occurrence celle qui unit Nicholas à Alex. Lorsqu’on les rencontre, les deux n’ont eu qu’une poignée de dates pour apprendre à se connaître, ce qui fait que l’on appréhende leur relation au même rythme qu’ils se découvrent eux-mêmes. A contrario de nombreuses séries qui dépeignent des histoires gays très sexualisées, la série de Josh Thomas offre un contre-pied appréciable. Mention spéciale à la scène où les deux ne parviennent pas à coucher ensemble et passent vite à autre chose sans laisser de place à une quelconque animosité.

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S’il n’y avait qu’une seule chose à pointer du doigt, ce serait peut-être sa réalisation parfois trop classique et impersonnelle. Mais pour peu qu’on passe outre, Everything’s Gonna Be Okay est une série à part, marquée par une sincérité frappante qu’on retrouve trop peu aujourd’hui. Drôle sans être dans l’excès, bienveillante sans tomber dans des discours prémâchés, la nouvelle création de Josh Thomas est une réussite qu’il serait dommage d’ignorer.

Everything’s Gonna Be Okay est diffusée sur Freeform aux US depuis le 16 janvier 2020, et reste inédite en France.

Par Florian Ques, publié le 20/01/2020

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