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Grand Hotel, le plaisir coupable estival entre Jane the Virgin et Desperate Housewives

Marc Cherry, le créateur des femmes au foyer de Wisteria Lane, a trouvé ses héritiers.

Ces dernières années, on frôle un âge d’or des séries avec une pléiade de productions internationales audacieuses qui relèvent à chaque fois le niveau. De mémoire, on pourrait citer les récents succès critiques que sont Chernobyl et Years and Years aussi bien que l’import allemand Dark. Somme toute, il y a de quoi se réjouir… Mais on est tout aussi content, parfois, de revoir nos critères qualitatifs à la baisse pour apprécier certaines œuvres pour ce qu’elles sont : du divertissement à l’état pur.

Et le dernier plaisir coupable en date sur lequel on a jeté notre dévolu, c’est Grand Hotel. Adapté d’un format espagnol se déroulant au XXe siècle, ce remake états-unien joue la carte de la modernité en replaçant l’intrigue dans le Miami de nos jours. Et comme son titre l’indique fortement, le cœur de l’action a lieu dans les couloirs luxueux d’un hôtel côtier, géré par la richissime famille Mendoza. Mais entre corruption, secrets enfouis et disparition énigmatique, la vie n’est pas de tout repos.

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Dès son pilote, la série s’impose comme une héritière directe de l’œuvre de Marc Cherry, à savoir le créateur de la cultissime Desperate Housewives qui revoyait à sa sauce les codes du soap opera. En l’occurrence, Grand Hotel possède davantage de similitudes avec Devious Maids, l’autre série du showrunner, et on ne dit pas ça seulement parce que les deux ont une actrice en commun (Roselyn Sanchez, impeccable ici en marâtre calculatrice qui adore la couleur de l’argent).

Non, en réalité, si comparaison il y a, c’est bien parce que le showrunner de Grand Hotel n’est autre que Brian Tanen. Ce dernier a précisément officié en tant que scénariste sur les deux séries phares de Marc Cherry, en plus d’avoir bossé sur Ugly Betty et Grey’s Anatomy. En d’autres termes, le drama bien jouissif et exacerbé, ça le connaît et il nous le prouve avec un épisode inaugural qui, à défaut d’être innovant, peut se targuer d’être un divertissement plus que louable.

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Disparition d’une employée qui en savait trop, mariage arrangé, coucheries et tromperies çà et là… En une quarantaine de minutes, Grand Hotel dégaine son meilleur attirail pour happer les féru·e·s de soap familial. Un petit nombre d’intrigues s’entrelacent dès le pilote et laissent présager tout autant de retournements de situation pour les chapitres à venir. Si la série n’a pas encore la force d’un Desperate Housewives (qui brillait par des dialogues piquants), ses débuts sont prometteurs, si tant est que les personnages gagnent vite en épaisseur.

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Commandée il y a plus d’un an par ABC, Grand Hotel est l’une des rares séries inédites que la chaîne publique américaine programme pour sa période estivale. C’est un choix judicieux car la concurrence est moindre et que, clairement, la série n’est pas d’une qualité sidérante. Besoin de preuve ? La série semble miser beaucoup sur la plastique de son cast, qui exhibe volontiers abdos contractés et décolleté suggestif – bon, au moins, tout le monde est logé à la même enseigne.

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Mais pour l’été, on est prêts à accepter le show pour ce qu’il est : un plaisir coupable assumé, décomplexé, qui s’avère tout aussi fun que Jane the Virgin – qui a la même toile de fond et les mêmes références – sans adopter le même côté méta qui a fait tout le génie de cette dernière. On approuve, à condition d’avoir déjà zieuter les must see de la saison avant ça.

Grand Hotel est diffusée sur ABC depuis le 17 juin dernier, et reste inédite en France.

Par Florian Ques, publié le 28/06/2019

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