Attaquée sur Twitter, Lili Reinhart s’exprime sur la dysmorphie corporelle

"L’insécurité existe en dehors des limites d’une certaine taille."

© The CW/Netflix

Si vous suivez les jeunes stars de Riverdale sur les réseaux sociaux, vous savez qu’elles y sont particulièrement loquaces, notamment pour dénoncer le body shaming dont elles font trop souvent l’objet de la part de fans qui devraient tourner 7 fois la langue dans leurs bouches avant d’approcher un clavier. Régulièrement sollicitée par les magazines féminins, Lili Reinhart, aka Betty dans la série, en profite pour faire la promotion du body positivism, mouvement qui consiste tout simplement à accepter et apprécier tous types de morphologie corporelle, à ne pas se juger ou juger les autres physiquement. Elle pourrait d’ailleurs en vendre les mérites auprès de ses collègues masculins de Riverdale, KJ Apa et Charles Melton, récemment accusés de grossophobie.

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Dans cet esprit anti-body shaming, Lili Reinhart a posé pour le magazine Harper’s Bazaar, confiant : "Marilyn Monroe était une femme avec des courbes. Elle avait de la poitrine et elle ne taillait pas un 34. Cela m’inspire vraiment et me donne espoir que mon corps peut être accepté."

Sur Twitter, sa sortie a été diversement appréciée, plusieurs femmes sous-entendant que les courbes de Lili Reinhart n’avaient rien à voir avec celles de Marilyn Monroe ou encore que la jeune actrice correspondait plutôt pas mal aux standards de beauté hollywoodiens actuellement en vigueur. Si on peut comprendre la frustration de voir toujours le même type de femmes mis en avant par Hollywood (en priorité des blondes, blanches, taillant un 36/38), cela ne veut pas dire que les femmes en question, comme Lili Reinhart, vivent cette dictature des corps le sourire aux lèvres et l’esprit libre. L’interprète de Betty ne le vit en fait pas bien du tout. Elle souffre de dysmorphie corporelle, soit le décalage pathologique entre la manière dont on perçoit son corps et la réalité. Dans une série de tweets, la jeune femme a expliqué son point de vue, complètement valable. Elle répond d’abord directement à ce tweet.

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"Il faut qu’on arrête de laisser des filles foutues comme Gigi Hadid expliquer que leurs corps ne sont 'pas acceptés' comme s’ils n’étaient pas conformes aux standards de cette industrie. C’est fatigant."

"Mon corps n’est pas comme celui de Marilyn Monroe. Il me semble que c’était plutôt évident. L’insécurité existe en dehors des limites d’une certaine taille. Vous n’aidez pas à résoudre ce problème."

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"Dire à une personne qu’elle ne mérite pas de se sentir en insécurité quant à son corps parce qu’il est 'bien' ou 'juste comme' qui que ce soit… c’est mal. C’est une partie du problème. Cela fait aussi partie du body shaming."

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"J’espère que cet exemple aidera à vous ouvrir les yeux sur un problème important que vivent les jeunes hommes et femmes. C’est la raison pour laquelle des personnes souffrant de maladies mentales – dépression, troubles alimentaires, dysmorphie corporelle – n’ont parfois pas accès à l’aide dont elles ont besoin, parce qu’elles sont honteuses et réduites au silence."

Visiblement, ces commentaires ont beaucoup touché l’actrice, qui a continué à réfléchir sur ce sujet les jours suivants, dévoilant au passage qu’elle souffre de dysmorphie corporelle.

"Je me sens vraiment découragée par les nombreuses réactions des gens qui me disent : 'Tu es mince donc tais-toi et accepte ton corps.' Comme si ma dysmorphie corporelle n’était pas pertinente vu l’image que je renvoie pour certaines personnes. Je ne suis pas assez ronde ou assez mince pour avoir le droit de me sentir mal."

"Une maladie mentale empire quand les gens vous disent que vous n’avez pas le droit de ressentir ce que vous ressentez. C’est pour cela que nous sommes à la dérive. N’encouragez pas ce genre de comportement. C’est destructeur. Plus destructeur que vous ne le réalisez. Vous ne comprenez peut-être pas les insécurités des gens – mais respectez-les."

Lili Reinhart continue de sensibiliser les internautes à des maladies mentales souvent invisibilisées et on ne peut que l’applaudir des deux mains pour cela. Il s’agit aussi de ne pas non plus passer sous silence la souffrance des nombreuses personnes victimes de grossophobie, et dont les corps ne correspondent pas du tout aux standards de beauté d’Hollywood ou de notre société.

Il y a de la place pour toutes les voix, mais il faut bien le reconnaître : pour parler de sujets comme le body shaming ou le body posi, les magazines féminins ont trop tendance à privilégier les jeunes actrices dont les physiques correspondant aux standards de beauté en vigueur (cf. l’épisode de The Bold Type sur le mouvement body positive).

Par Marion Olité, publié le 05/07/2018

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