(©Cinemax)

Outcast : enfin une bonne série sur l'exorcisme

Le papa de The Walking Dead, Robert Kirkman, s'est retroussé les manches pour adapter sur le petit écran un autre de ses comics, Outcast. Après les zombies, voici venir une horde de démons. 

Les thèmes en séries, c'est un peu comme les tendances en mode : un éternel recommencement. Ces derniers temps, force est de constater que la religion revient en force sur le petit écran. De Preacher à l'éphémère Damien en passant par Salem et bientôt la version série de L'Exorciste, la possession démoniaque se porte très bien. Merci pour elle.

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C'est sur ces entrefaites que débarque Outcast, adaptation en série des comics éponymes de Robert Kirkman. Si l'homme a laissé les clés du château de The Walking Dead à plusieurs showrunners successifs, il est cette fois complètement aux commandes de ce show diffusé non pas sur AMC mais sur Cinemax (qui appartient à HBO).

Le pitch d'Outcast est plutôt banal pour une série prenant pour sujet principal l'exorcisme : un homme, Kyle Barnes (Patrick Fugit), revient dans son village natal. Hanté par son passé, il semble être lié d'une manière ou d'une autre à une force démoniaque qui le suit à la trace, et s'en prend à ses proches. Dépressif, Kyle va reprendre du poil de la bête quand il doit aider un prêtre (Philip Glenister) à exorciser un jeune garçon. Il est temps pour lui d'en savoir plus sur ses mystérieux pouvoirs. Et puis, évidemment, les forces obscures préparent leur revanche.

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Il faut se lever tôt pour réussir une série centrée sur l'exorcisme. Damien, véritable raté dans le genre, à peine commencée déjà annulée, en sait quelque chose. Plus que le pitch de départ, une grande partie du succès d'une série de genre repose sur la qualité de l'atmosphère proposée. Celle d'Outcast est pesante, irrespirable. On ne desserre pas les dents durant ce pilote, par ailleurs très carré dans son exposition des personnages.

Il se décompose entre scènes d'exorcisme flippantes, flashbacks pour comprendre le background (chargé) de Kyle et séquences du quotidien. Si la tension atteint son point culminant lors des scènes de possession, elle reste omniprésente, elle flotte dans l'air pendant ces 42 minutes.

O Children

Revenons aux scènes d'exorcisme, un des indéniables points forts du show. On a déjà vu des enfants flippants jouer à l'araignée renversée en dévalant les escaliers. C'était en 1973 et on s'en souvient encore. Nouvelle époque, nouvelles règles. Outcast va plus loin dès sa séquence d'introduction, dans laquelle le garçon possédé, Joshua, finit par se mutiler un membre sous les yeux terrifiés de sa mère. Âmes sensibles, s'abstenir.

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À l'instar de The Walking Dead, Robert Kirkman traite les enfants comme des personnages adultes dans Outcast. Pour les aider, Kyle doit même en arriver à les tabasser ! Cela cause bien des soucis à notre anti-héros, qui passe pour un tordu aux yeux des habitants. Les vrais stars du show, ce sont eux, les enfants. Il faut les sauver, à tout prix, quitte à avoir recours à des méthodes pas franchement catholiques. Ils représentent à la fois l'innocence et le mal dans sa forme la plus vicieuse au moment de la possession démoniaque.

Kyle aussi se remémore ses traumatismes d'enfance. Et dans ce corps d'adulte, on entrevoit souvent chez lui un regard d'enfant un peu perdu.

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De son casting solide à sa réalisation maîtrisée, en passant par son atmosphère angoissante et ses potentielles thématiques à aborder (la place de la religion dans le monde moderne), ce pilote d'Outcast est prometteur à tous points de vue. Une vraie bonne surprise.

La chaîne Cinemax a aussi été séduite puisqu'elle a déjà renouvelée la série de Robert Kirkman pour une deuxième saison, alors que la série débute ce vendredi 3 juin (et à partir du 4 juin sur OCS) sur ses antennes.

Note du pilote : 4/5 

Par Marion Olité, publié le 03/06/2016

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